E260 : agent spécial de lutte anti-cancer

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
15 mai 2018

Dans des cas très critiques, malheureusement nombreux, le cancer peut être métastatique, i.e. se propager à un autre organe. Les cellules cancéreuses qui se propagent doivent donc survivre dans un environnement très différent. Comment ces cellules parviennent-elles à survivre et comment les en empêcher ?

L’élément essentiel qui permet aux cellules cancéreuses de survivre dans un autre environnement est la reprogrammation de leur gestion de l’énergie. Une enzyme semble être la clef de ce phénomène : FerT. En effet, les cellules métastatiques (cellules cancéreuses qui se sont propagées) utilisent cette enzyme à la place de l’enzyme Fer. Le Pr. Uri Nir, de l’université Bar Ilan, et son équipe ont découvert que, sans cette enzyme, les cellules métastatiques n’arrivaient pas à produire suffisamment d’énergie et mourraient.

L’équipe du Pr. Nir a ensuite cherché cette enzyme dans les autres parties du corps et a découvert qu’un seul type de cellules utilise cette enzyme : les spermatozoïdes. Or, les spermatozoïdes sont les seules cellules du corps capables d’exercer leur fonction à l’extérieur du corps. L’enzyme FerT semble donc bien être la clef du mystère.

Afin d’inhiber cette enzyme, l’équipe a développé un composé synthétique : E260. Comme on peut le voir ci dessous, lorsqu’il est utilisé (figures de droite), l’agent E260 permet de diminuer fortement l’énergie des cellules métastatiques. Lorsque les cellules métastatiques subissent le dommage, elles essaient de se régénérer. Cependant, l’effort nécessaire pour la régénération est trop important et finit par tuer les cellules métastatiques.

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Image 1. Cellules cancéreuses sans et avec injection d’E260 (crédits : Elkis et al., Nature (2017))

Les expériences menées sur des souris sont très prometteuses. En effet, E260 détruit les cellules métastatiques sans avoir d’effets toxiques sur les autres cellules.

L’équipe du Pr. Nir espère finir la Phase 1 des essais cliniques d’ici un an et demi.

Source : https://www1.biu.ac.il/indexE.php?id=33&pt=20&pid=4&level=1&cPath=4&type=1&news=3023

Pour en savoir plus :
https://www.nature.com/articles/s41467-017-00832-w.epdf?author_access_token=9eHzlxOkEbdTiV4LtMoRmtRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0MmArZo0KfMWgeAaEW3EneijCjT0zDQKl4A-GCOBSdl1OmvuVzAuWTJETCPbN-HBF7W7m_hFAesWnjOF8P2m_5RegVngi8NcWBtlrl2QXHtsw%3D%3D

Rédactrice : Odélia Teboul (odelia.teboul1[a]mail.huji.ac.il), doctorante à l’Université hébraïque de Jérusalem

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