Une nouvelle stratégie pour l’enseignement des sciences à l’école

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
11 décembre 2017

L’Irlande veut devenir le leader européen de l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques d’ici 2026, selon la nouvelle stratégie gouvernementale qui cherche notamment à résoudre les inégalités de genres dans ce secteur.

Début novembre, M. Richard Bruton, ministre de l’Education en Irlande, a lancé la nouvelle stratégie pour l’enseignement des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) à l’école. En dévoilant à la fois une stratégie sur dix ans (STEM Education Policy Statement 2017-2026) et son plan d’action (Implementation Plan 2017-2019), le ministre veut faire de l’Irlande un leader dans l’éducation des STEM en Europe d’ici 2026.

L’objectif de cette nouvelle stratégie est de mieux répondre aux besoins suscités par la révolution technologique mondiale et de réduire le fort écart de genres dans le secteur des STEM. Le plan vise ainsi à développer les formations auprès d’enseignants et directeurs d’écoles et vise à augmenter le nombre de filles choisissant une matière dans les STEM pour leur Leaving Certificate (équivalent du baccalauréat français). Parmi les autres ambitions soulignées dans ce plan, se trouvent aussi :

  • Augmentation de 20% du nombre d’élèves choisissant la chimie, la physique, la technologie et l’ingénierie pour leur Leaving Certificate ;
  • Introduction d’un nouveau cursus en mathématiques pour les écoles primaires, qui inclue notamment pensée créative et computationnelle ainsi que codage ;
  • Accélération de l’introduction des sciences informatiques au Leaving Certificate, avec une mise en place pour septembre 2018 ;
  • Introduction d’un nouveau cursus en mathématiques et technologie au collège ;
  • Utilisation d’une approche transdisciplinaire par les enseignants pour intégrer les STEM dans toutes les disciplines ;
  • Amélioration de l’enseignement, de l’apprentissage et des méthodes d’évaluation des STEM ;
  • Permettre à toutes les écoles, apprenants et parents d’avoir accès à de l’information de haute qualité sur la diversité des carrières dans les STEM ;
  • Construire des partenariats robustes et durables entre les écoles, les entreprises, les institutions du secteur public, les organisations de recherche et les arts.

Face à la publication de cette stratégie, si les objectifs en ont été salués, notamment ceux relevant de la réduction de l’écart des genres, les moyens en ont été critiqués. The Irish Times, par exemple, a ainsi souligné qu’à ce jour, il n’y avait pas suffisamment d’étudiants se destinant à des carrières d’enseignants dans les matières comme la physique, la chimie et les mathématiques appliquées contrairement à l’anglais et à la géographie. Ce manque pourrait être un obstacle de taille pour remplir les objectifs de cette stratégie. De plus, malgré l’annonce de quelques chiffres , des cibles mesurables ou des indicateurs de performance à atteindre ne semblent pas encore avoir été indiqués au niveau du supérieur, cibles qui seront inéluctablement mises en place prochainement selon une porte-parole du gouvernement. De plus, le gouvernement n’a pas tenu compte de certaines remarques faites par le STEM Education Review Group, dirigée le président de la Dublin City University qui préconisait notamment d’accorder des prix d’excellence aux professeurs ayant agi activement pour l’implantation des STEM. Le ministère a également préféré ne pas accorder, malgré les recommandations du groupe de révision, des crédits aux professeurs impliqués dans l’implantation du programme.

Sources :

Rédaction : Louise Aupetit – Courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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