Sciences et tech : où sont les femmes ?

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
11 décembre 2017

Si les femmes sont les plus diplômées en Irlande, peu d’entre elles choisissent une carrière dans la tech ou les STEM. Pour répondre à ce constat, outre la nouvelle stratégie mise en place par le gouvernement, des initiatives du secteur universitaire, de l’industrie et de la société civile se développent simultanément.

En août 2017, un rapport de l’UNESCO mettait en lumière les inégalités de genre dans l’éducation en Sciences, Technology, Engineering, Mathematics (STEM) dans le monde. En Irlande, les récentes données publiées par le Central Statistics Office montrent une augmentation générale du niveau d’études dans le pays. De 13,6% en 1991, le taux d’Irlandais diplômés dans l’enseignement supérieur s’élève aujourd’hui à 42%. Les femmes sont les plus diplômées mais ne choisissent généralement pas une carrière dans les STEM ou la tech – des secteurs davantage ‘réservés’ aux hommes. Comment donc encourager davantage de jeunes filles et de femmes à embrasser une carrière dans les STEM ? Comment réduire l’écart homme-femme dans les sciences ?

En réponse à ce constat, des initiatives se développent simultanément dans tous les secteurs, qu’il s’agisse de la société civile, du secteur universitaire, de l’industrie ou de l’État, qui vient de lancer sa nouvelle stratégie visant à promouvoir les carrières STEM auprès des jeunes filles (voir l’article "Une nouvelle stratégie pour l’enseignement des sciences à l’école", BVST Irlande décembre 2017).

Le Teagasc (équivalent de l’INRA en France) a, par exemple, récemment publié un rapport présentant les profils et parcours de 77 de ses chercheuses pour les mettre en avant, tout en soulignant le faible taux de femmes dans les emplois liés au secteur des STEM (25%) et le manque d’informations dont disposent les enseignants et les parents sur les carrières dans ces domaines. C’est d’ailleurs ce dernier écueil que cible la stratégie du gouvernement et que des organisations comme I Wish souhaitent réduire. Créée par des mères de famille de Cork et originellement petite organisation destinée à promouvoir les carrières dans les STEM auprès des filles, I Wish s’est rapidement développée pour organiser aujourd’hui des salons en Irlande. En janvier 2018, par exemple, des jeunes filles se glisseront dans la peau d’entrepreneures et présenteront leurs idées d’entreprises le temps du concours Build IT. Celle dont le concept aura été jugé comme étant le meilleur pourra effectuer un stage dans une grande multinationale. I Wish est soutenu par Science Foundation Ireland, agence nationale de financement de la recherche, et par des grandes entreprises, comme Accenture.

Le secteur industriel n’est pas en reste. L’entreprise de téléphonie Vodafone a lancé #CodeLikeAGirl, une série d’ateliers présentés dans des lycées par ses employés auprès d’élèves âgées de 14 à 16 ans. L’initiative Connecting Women in Technology (CWIT) développée par Accenture, Dell et Microsoft rassemble aujourd’hui des représentants de BT, Dropbox, Eir, Ericsson, Facebook, Google, Hewlett-Packard Enterprise, HPI, IBM, Intel, LinkedIn, Twitter, Virgin Media et Vodafone. Elle a lancé une variété d’actions pour promouvoir la diversité des genres au sein des STEM et de la tech. Le programme ‘STEM Teacher Internship’ en partenariat avec Dublin City University par exemple, permet aux étudiants diplômés en sciences de l’éducation de poursuivre un stage de douze semaines chez Accenture, AIB et Intel. Une fois en poste, il est estimé que ces futurs enseignants qui jouiront donc d’une expérience de première main, auront la possibilité de sensibiliser plus de 440 000 étudiants aux carrières dans les STEM. En 2018, les entreprises IBM, Virgin Media et Vodafone accueilleront aussi des stagiaires, augmentant ainsi le nombre d’enseignants bénéficiant de cette initiative.

La situation ne se limite pas au secteur des STEM ou de la tech  : en 2015, la Higher Education Authority (HEA), agence en charge de l’enseignement supérieur en Irlande, avait lancé une enquête indépendante sur la situation générale de l’égalité des genres. Ce comité d’expert était supervisé par Mme. Máire Geoghegan-Quinn, commissaire européenne en charge de la Recherche, l’Innovation et la Science de 2010 à 2014. L’enquête avait souligné que les femmes continuent à souffrir d’inégalités dans leurs carrières universitaires : peu, si ce n’est aucune d’entre elles, ne se retrouvaient à des postes à responsabilité. Une situation d’autant plus paradoxale que les universités en Irlande ont signé la charte Athena SWAN qui vise à régler la question de l’inégalité des genres au sein des universités (voir article "Egalité des genres dans les universités : l’Irlande peut (bien) mieux faire" du BVST Irlande d’août 2017). Le rapport avait préconisé des sanctions financières si des mesures n’étaient pas prises par les établissements du supérieur. Seules les institutions qui auront fait des efforts pourront toucher des fonds supplémentaires alloués par l’Irish Research Council, Science Foundation Ireland et le Health Research Board, trois agences de financement de la recherche en Irlande.

Sources :

Voir aussi :

Rédaction : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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