Pourquoi la traduction automatique est un défi clef de la communication aujourd’hui ?

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Irlande | Sciences et technologies de l’information et de la communication : TIC, télécoms, micro-nanotechnologies, informatique
11 décembre 2017

Les activités de recherche du centre Adapt se spécialisent dans la traduction automatique, pour faire en sorte que la langue ne soit plus un obstacle en termes d’accès à l’information en ligne ou dans des situations de crise

Quel rôle joue la traduction automatique aujourd’hui ? Les avancées technologiques finiront-elles par remplacer les traducteurs humains ? La revue en ligne Silicon Republic s’intéresse à la façon dont les experts en traduction automatique sont en train de transformer la communication.

Adapt est un centre de recherche situé à Dublin qui regroupe University College Dublin, Dublin City University (DCU), Dublin Institute of Technology et Trinity College Dublin. Il fait partie des 17 centres financés par l’agence Science Foundation Ireland. Spécialisé dans la production de contenus numériques, le centre collabore avec le secteur industriel, notamment en FinTech, en e-santé et en médias numériques. Une des branches d’Adapt travaille sur la traduction automatique, pour que la langue ne soit plus un obstacle à l’accès à l’information en ligne. Aujourd’hui, avec le développement du modèle de traduction automatique Neutral Machine Translation, explique Andy Way, directeur-adjoint du centre de recherche et professeur en traduction automatique, les traductions sont plus exactes et plus fluides. Ce nouveau modèle pourrait permettre de résoudre le problème des barrières de langue, un des défis clefs pour la communication dans le monde.

De fait, les réseaux sociaux par exemple ont créé un besoin auquel des traducteurs humains seuls ne pourraient pas répondre. Comme souligne le professeur Way, la traduction instantanée de tweets et autres contenus générés par des utilisateurs, publiés en volumes massifs, ne peut être assurée par des humains qui ne peuvent travailler suffisamment vite pour faire face à cette énorme demande. Ainsi, en 2014, le projet Brazilator d’Adapt avait traduit en temps réel 83 millions de mots pour 26 couples de langues dans des tweets liés à la Coupe du Monde de Football. Il aurait fallu environ 1 300 traducteurs humains pour réaliser le même travail dans le temps donné, pour un coût de plus de 3 millions d’euros.

La traduction automatique peut aussi être clef dans des situations de crise. Interact, projet coordonné par Sharon O’Brien, professeur à DCU, et qui compte Translators Without Borders, Micosoft, Unbabel, UCL et ASU comme partenaires, cherche à développer la fiabilité des services liés à la traduction automatique dans les scénarios de crise. En 2010, par exemple, suite au tremblement de terre en Haïti, les services de secours du monde entier étaient arrivés dans le pays pour découvrir que la population ne parlait, en majorité, que le créole haïtien. A l’époque, pour résoudre le problème, Microsoft avait mis au point un système de traduction automatique – que le projet Interact essaye de développer selon les mêmes principes. Les partenaires du projet préparent des modèles de traduction automatique pour un large éventail de couples de langues qui ne sont pas répandues dans le monde, en passant par une langue pivot, plus parlée et donc mieux ressourcée. Il y a, par exemple, peu de données pour le couple de langues grec-arabe, mais beaucoup pour les couples grec-anglais et anglais-arabe. Les chercheurs peuvent donc produire un système grec-anglais-arabe, avec l’anglais comme langue pivot. Cette démarche se retrouve dans d’autres cas, comme allemand-anglais-arabe ou français-arabe-swahili.

Ce n’est pas pour autant que les traducteurs humains seront remplacés par la traduction automatique. Il est estimé que seul 5% de tout le contenu qui pourrait être traduit l’est, il n’y a donc pas assez de traducteurs humains pour faire face à toute la demande et il y aura toujours besoin de traducteurs humains pour débusquer les erreurs faites par les modèles automatiques.

Source : "How DCU machine translation experts are transforming communication" – Silicon Republic, 13/11/2017 : https://www.siliconrepublic.com/machines/machine-translation-adapt-dcu

Rédaction : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr

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