Enseignement supérieur : tensions et résolutions

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
18 octobre 2017

Une décennie marquée par des coupes budgétaires, une massification de l’enseignement supérieur, des moyens humains qui se limitent… L’Irlande fait l’état des lieux de son système universitaire et adapte sa stratégie internationale en conséquence dans le contexte du Brexit.

La grogne est toujours présente parmi les acteurs du milieu universitaire irlandais. L’université joue un rôle moteur dans la création d’emplois, permet d’aspirer à une vie meilleure et à s’ouvrir vers d’autres cultures. En revanche, après une décennie de coupes budgétaires, d’augmentation du nombre d’étudiants et une baisse du nombre d’enseignants et de personnels, le système se retrouve sous pression et la plupart des instituts de technologie doivent faire face à une sérieuse crise budgétaire.

Selon certaines prévisions, le nombre d’étudiants augmenterait de 30% d’ici dix ans. Si le gouvernement a exprimé son ambition de faire de l’enseignement en Irlande le meilleur en Europe, beaucoup restent sceptiques : malgré une augmentation l’année dernière de 37 millions d’euros du budget étatique après une décennie de coupes budgétaires, les fonds pour les étudiants n’ont en réalité pas augmenté. Le rapport Cassels, publié en 2016, avait soulevé un besoin d’investissement de plus d’un milliard d’euros pour la décennie à venir si l’État avait ambition de rendre l’enseignement supérieur irlandais comme la plus performante d’Europe.
Si le Premier ministre s’est dit opposé au projet de mise en place d’un système de prêts étudiants, celui-ci a également annoncé que les étudiants devaient contribuer pour l’éducation.

A la tension budgétaire, s’ajoute la pression immobilière. En effet, les étudiants, et particulièrement à Dublin, font face à de réelles difficultés pour trouver un logement. Le gouvernement avait appelé les habitants à sous-louer leurs chambres vacantes aux étudiants afin de parer à ce problème. Les universités cherchent aussi des solutions de leur côté : University College Dublin (UCD) vient ainsi de soumettre sa candidature pour construire un complexe de logements étudiants qui permettrait d’accueillir 3 000 étudiants supplémentaires.

Des établissements ont mis en place une stratégie de recrutement offensive pour les étudiants internationaux. Si les étudiants non-européens paient l’intégralité des frais de scolarité, ce qui constitue une manne financière pour les établissements, des présidents d’université rechignent à sacrifier la qualité de l’enseignement et ainsi desservir les étudiants irlandais pour cause d’insuffisance en termes de capacités d’accueil. De plus, selon une nouvelle enquête, plus de la moitié des établissements craindraient des problèmes de recrutement d’étudiants internationaux à cause de restrictions de délivrance de visas (56%). Cela démontre finalement une importante déconnexion entre la volonté politique d’internationaliser l’enseignement et la réalité du système. Très récemment, M. Richard Bruton, ministre de l’Éducation et de la Formation ainsi que Mme Mary Mitchell O’Connor, secrétaire d’État en charge de l’Enseignement supérieur, ont annoncé un plan de 500 000€ pour stimuler le recrutement international, beaucoup d’universitaire s’orientent particulièrement vers la Chine.

Sources :

Rédaction : Guillaume Ravier – courriel : guillaume.ravier[a]diplomatie.gouv.fr

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