L’Université de Hong Kong préconise une meilleure surveillance dans le traitement des troubles du déficit de l’attention

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Hong Kong | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
18 octobre 2018

Une étude menée par l’Université de Hong Kong (HKU) à travers 14 pays suggère que l’utilisation de médicaments pour soigner les troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) soit mieux surveillée.

Menée par le Centre for Safe Medication Practice and Research du Département de Pharmacologie et de Pharmacie de l’Université de Hong Kong, sous la direction du professeur Ian Wong Chi-kei et du docteur Patrick Ip ainsi que le docteur Sudha Raman de l’École de Médecine de l’Université Duke et Kenneth Man du University College de Londres, et avec la participation de chercheurs de 14 pays, cette étude est la plus large sur la médication concernant les TDAH à travers la planète. Elle est présentée dans un article publié dans Lancet Psychiatry.

Les troubles du déficit de l’attention avec hyperactivité sont parmi les troubles neuro développementaux les plus courants chez l’enfant, avec une estimation mondiale de l’ordre de 5 à 7% chez les enfants en âge d’être scolarisés. A Hong Kong, ce taux est estime a 6,4% chez les enfants et les adolescents. Les enfants atteints par ce déficit sont touchés par une triade de symptômes : inattention, hyperactivité et impulsivité. Par ailleurs, ces enfants sont susceptibles d’être touchés par d’autres troubles du comportement et du développement, tel que des difficultés d’apprentissage, des problèmes de coordination ou de la dépression. Souvent perçus comme des troubles touchant l’enfant, les TDAH persisteraient chez 65% des sujets à l’âge adulte, pour un total de 2,5% d’adultes concernés.

En Amérique du Nord, au Royaume-Uni et en Europe les prescriptions pour ces troubles chez les enfants comprennent l’utilisation de stimulants du système nerveux central tel que le méthylphénidate et de non stimulants comme l’atomoxetine, quand la médication est considérée nécessaire. Chez l’adulte, il existe peu de recommandations concernant le traitement des TDAH, même si l’usage de médicaments reste la piste privilégiée.

L’équipe de recherche a mené une étude sur l’usage de médicaments dans le traitement des TDAH à partir de différents échantillons de population sur 15 sites à travers la planète, dans 14 pays. A Hong Kong, les informations utilisées proviennent de données fournies par la base du Hong Kong Hospital Autority. Au total, ce sont les informations de plus de 154 millions d’individus, de 2001 à 2015, qui ont été analysées, par tranches d’âge et par sexe.

L’étude révèle une augmentation de la prévalence des TDAH ainsi que de l’usage de médicaments pour les soigner à travers la planète. A Hong Kong, la médication chez l’enfant a été multipliée par 36 entre 2001 et 2015, d’un enfant sur 2 500 à un enfant sur 69. Chez l’adulte, la médication a triplé durant la même période, d’un adulte traité sur 30 000 à 1 sur 10 000. L’augmentation est par ailleurs plus rapide chez les femmes que chez les hommes. Cette augmentation très importante pose la question du sur-diagnostic des troubles et de la prescription inappropriée de médicaments chez l’enfants, alors que chez l’adulte, les troubles pourraient toujours être sous diagnostiqués et donc peu traités à Hong Kong.

Ces résultats de recherche prouvent une forte évolution du diagnostic des déficits de l’attention avec hyperactivité et de leur traitement. L’usage de médicaments étant en très forte augmentation, principalement chez l’enfant, cette étude en préconise une surveillance accrue, tant dans la prescription que dans ses résultats. Cette question se pose à plus forte raison dans le cas des TDAH chez l’adulte, dont on ne sait à l’heure actuelle que peu de choses.

rédacteur : Simon MULLER, chargé de mission scientifique

Sources  :
https://hku.hk/press/press-releases/detail/18423.html
https://www.med.hku.hk

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