Bulletin d’actualité Espace n°17-22

États-Unis

Actualité
États-Unis | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement | Sciences de l’ingénieur : aéronautique, mécanique, électronique, génie civil
16 octobre 2017

Personalia

Départ
Ryan PERSAUD a achevé son stage au sein du bureau du CNES à Washington le 30 septembre.
Arrivée
Armand OUSSELIN a intégré le bureau du CNES à Washington comme volontaire international le 1er octobre.

Politique

Première réunion du National Space Council le 5 octobre
Parabolic Arc, Space Policy Online, 26 septembre 2017
Le 26 septembre, le vice-président Mike Pence, se référant aux les propos du président Trump (« les Etats-Unis sont une nation de pionniers et la prochaine grande frontière américaine est l’espace »), a annoncé la tenue de la première réunion du conseil spatial national, intitulée « Leading the Next Frontier : An Event with the National Space Council  » le 5 octobre prochain. Cette réunion devrait inclure des témoignages d’experts représentant les secteurs du spatial civil, commercial et de sécurité nationale.
Parmi les membres confirmés du conseil spatial national, dont le secrétaire exécutif est Scott Pace, figurent :

  • le vice-président Mike Pence, président du National Space Council,
  • le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson,
  • le secrétaire à la DCfense, James Mattis,
  • le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross,
  • la secrétaire aux Transports, Elaine Chao,
  • la secrétaire par intérim à la Sécurité domestique, Elaine Duke,
  • le directeur de l’Office of Management and Budget, Mick Mulvaney,
  • le conseiller pour la Sécurité nationale, H.R. McMaster,
  • le directeur du Renseignement national, Daniel Coats,
  • l’administrateur par intérim de la NASA, Robert Lightfoot,
  • le directeur adjoint à la technologie, Michael Kratsios,
  • le vice-président du comité des chefs d’état-major, le Général Paul J. Selva.
    Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-15.

Le Vice-président Mike Pence en visite au Centre Marshall de la NASA
Spaceref, le 25 septembre 2017
Le vice-président Mike Pence, également président du National Space Council, s’est rendu au Marshall Space Flight Center à Huntsville, accompagné du Représentant Robert Aderholt (républicain, Alabama). Ce déplacement, son troisième dans un centre de la NASA, lui a notamment permis de prendre connaissance de l’avancement des travaux de développement du lanceur lourd Space Launch System (SLS) destiné à l’exploration habitée et de communiquer avec les astronautes de la station spatiale internationale.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-15.

International

Déclaration américano-russe conjointe sur l’exploration habitée
Nasa, Nasa watch, Parabolic Arc, Space Policy Online, 27 septembre 2017
Spacenews, Spaceflight Insider, Moon daily, 28 septembre 2017

La NASA et Roscosmos, l’entité gouvernementale russe en charge de l’espace, ont signé une déclaration conjointe en marge de du 68ème Congrès International d’Astronautique à Adélaïde, dans laquelle les deux parties affirment leur volonté de coopérer sur des études relatives à de futures opportunités de missions habitées communes.
Dans leur communiqué de presse respectif, les deux signataires mentionnent que les deux parties partagent l’objectif d’étendre la présence humaine au-delà de la station spatiale internationale. Roscosmos met en particulier en avant le développement de standards techniques internationaux pour les équipements en lien avec le vol habité, tels que les systèmes d’amarrage et les systèmes de soutien à la vie. Le recours au potentiel russe en matière de lancement est également mis en avant par Roscosmos. De son côté, la NASA mentionne dans son communiqué de presse le développement du diptyque SLS-Orion et rappelle en particulier qu’elle a engagé des partenariats industriels (Bigelow Aerospace, Boeing, Lockheed Martin, Orbital ATK, Sierra Nevada Corporation et Nanorack) dans le cadre du programme NextSTEP sur des études de concept d’avant-poste (gateway).

Appel à idées du COPUOS et de Sierra Nevada
Parabolic Arc, 26 septembre 2017
Le Bureau des affaires spatiales des Nations unies (COPUOS) et la société Sierra Nevada Corporation (SNC) ont publié un appel à idées (Call for Interest) relatif à la mise en œuvre d’une mission en orbite en lien avec le développement durable reposant sur l’utilisation du Dream Chaser de Sierra Nevada.

Sécurité et Défense

Le Sénat s’oppose au Space Corps
Space Policy Online, 19 septembre 2017
L’amendement « no-Space Corps » (SA 730) proposé par les sénateurs Bill Nelson (démocrate, Floride) et Tom Cotton (républicain, Arkansas) a été adopté par le Sénat dans le cadre du vote sur le National Defense Authorization Act (NDAA) pour l’année fiscale 2018, voté le 18 septembre.
L’amendement stipule qu’aucun financement autorisé par le NDAA ne peut être utilisé pour la mise en place d’un département militaire ou d’un corps séparé ou subordonné aux départements militaires actuels, y compris d’un Space Corps au sein du Département de l’Air Force.
La presse relève que cet amendement devrait alimenter les débats précédant l’adoption d’une version du NDAA commune à la Chambre et au Sénat en raison du manque de consensus sur ce point au sein de la commission des forces armées de la Chambre et de l’opposition de l’Air Force et de la Maison Blanche à ce projet.

L’Army cherche à mettre fin à l’acquisition des systèmes de communication par satellite WIN-T
Spacenews, 28 septembre 2017
Des officiels de l’U.S. Army ont plaidé auprès de la commission des forces tactiques terrestres et aériennes de la commission des forces armées de la Chambre l’arrêt du programme d’acquisition de matériel lié au système de communication par satellite Warfighter Information Network-Tactical (WIN-T), estimé trop vulnérable au brouillage. L’U.S. Army, estimant excessive sa dépendance envers les satellites de télécommunications, souhaite qu’un montant de 545 M$ provenant entre autres des fonds ainsi dégagés, soit alloué au financement d’activités de développement de technologies alternatives (développement de nouveaux modems, essais d’utilisation de logiciels commerciaux de cryptage améliorant la sécurité des communications sans réduire la bande passante, …). Un montant de l’ordre de 6 Md$ aurait été à ce jour engagé dans le programme WIN-T).

SSL pour tester la sécurité des hosted payloads
Parabolic Arc, 23 septembre 2017
SSL a été sélectionnée par la société Innoflight, Inc. pour mettre au point un environnement de simulation destiné à tester la problématique de sécurité en lien avec l’emport de charges utiles de Défense (Space and Missile Systems Center de l’U.S. Air Force) à bord des satellites commerciaux (hosted payloads).

832 M$ de modification de contrat du programme EELV pour United Launch Services
Reuters, 27 septembre 2017

Lanceurs et Lancements

Les nouvelles ambitions d’Elon Musk
Spacenews, Spaceflight Insider, Spaceflight now, Mars daily, 29 septembre 2017
Lors du Congrès international d’astronautique (IAC) d’Adélaïde, Elon Musk a présenté les évolutions qu’il souhaitait mettre en œuvre pour son projet de système de transport interplanétaire, présenté pour la première fois lors de la session de l’IAC de l’année dernière, les lanceurs BFR (Big F* Rocket) (présentation et video).
Haut de 58 m, le premier étage devrait désormais présenter un diamètre de 9 m de diamètre (contre 12 m auparavant) et comporter 31 moteurs Raptor (en développement, 42 unités dans la version précédente). L’étage supérieur, véritable vaisseau spatial autonome serait équipé de six moteurs raptors, dont quatre adaptés pour le fonctionnement dans le vide. Au total, le BFR devrait être capable de placer 150 tonnes en orbite terrestre basse et de rapporter sur Terre 50 tonnes et pourrait également être ravitaillé en orbite pour des missions au-delà de l’orbite terrestre basse.
Selon le scénario présenté, qu’Elon Musk reconnait optimiste, la construction du premier véhicule commencerait dès le deuxième trimestre 2018, le premier lancement (inhabité) vers Mars intervenant en 2022 et les premiers vols habités en 2024.
Si l’objectif martien demeure la raison d’être du BFR, SpaceX entend en parallèle commercialiser des services de lancement avec ce lanceur pour la mise en orbite de satellites (notamment les constellations), pour l’accès à la station spatiale internationale ou le lancement d’engins de grande taille tels que des télescopes, les gains ainsi générés ayant vocation à financer la mission première du lanceur vers la Planète rouge. Le BFR pourrait également être utilisé pour des missions lunaires et même offrir des services de transport terrestre longue distance (connexion de deux points du globe en moins d’une heure).
Note connexe précédemment publiée : Le projet de véhicule de transport interplanétaire et d’établissement d’une colonie humaine sur Mars d’Elon Musk.

Deuxième lancement d’essai de Rocket Lab avec Planet et Spire
Satnews, 25 septembre 2017
Spacenews, 26 septembre 2017

La société de petits lanceurs Rocket Lab a annoncé le 25 septembre avoir conclu un contrat de lancement avec les sociétés Planet et Spire, pour la mise en orbite de deux cubesats 3U Dove (Planet, mission d’observation de la Terre) et de deux cubesats 3U Lemur-2 (Spire, mission de météorologie et de suivi de navires) depuis sa base de lancement néozélandaise. Ce lancement, programmé en octobre de cette année, constituera le deuxième vol d’essai (sur un total prévu de trois) du lanceur Electron, dont le vol a été effectué le 25 mai dernier.
Articles connexes précédemment publiés : Bulletin d’actualité Espace n°16-17, Bulletin d’actualité Espace n°17-17 et Bulletin d’actualité Espace n°17-18.

Un troisième client pour le lanceur New Glenn de Blue Origin
Parabolic Arc, 25 septembre 2017
Spacenews, 26 septembre 2017

Blue Origin a annoncé lors du 68ème Congrès International d’Astronautique à Adélaïde avoir conclu un accord avec la start-up mu Space Corp pour le lancement (prévu pour 2021) de son premier satellite géostationnaire à bord de son lanceur New Glenn. Cette société thaïlandaise rejoint ainsi Eutelsat et Oneweb sur le manifeste de lancement du New Glenn.

832 M$ de modification de contrat du programme EELV pour United Launch Services

Station Spatiale Internationale et vol habité en orbite basse

Le premier vol d’essai habité de la capsule CST-100 Starliner pourrait être repoussé en 2019
Spacenews, 27 septembre 2017
Spaceflight Insider, 29 septembre 2017

Lors du 68ème Congrès International d’Astronautique d’Adélaïde, Boeing a indiqué prévoir de procéder à un essai d’arrêt d’urgence sur pas de tir de la capsule CST-100 Starliner (pad abort test) au centre de lancement de White Sands au Nouveau Mexique, dans le courant du deuxième trimestre de l’année 2018. Ce test serait suivi d’un vol d’essai non habité (lancement par une fusée Atlas V) durant le troisième trimestre, puis d’un vol d’essai habité en 2018 lors du quatrième trimestre. La société n’a toutefois pas exclu que le vol d’essai habité pourrait être repoussé en 2019.
Boeing, qui est liée à la NASA par un contrat de six vols de transport d’astronautes vers l’ISS après certification du CST-100 Starliner, prévoirait en outre de commercialiser la capsule à des clients étatiques, industriels et privés.

Observation de la Terre

Deuxième lancement d’essai de Rocket Lab avec Planet et Spire
Cf. Lanceurs et Lancements

Télécommunications

Le projet de constellation de SpaceX ébranlé par une décision de la FCC
Bloomberg, 26 septembre 2017
La FCC a décidé de reporter sur l‘Union internationale de télécommunications la décision de régler la question de la coordination et du partage de fréquences pour les constellations ayant déposé des dossiers d’octroi de licences pour offrir des services sur le territoire américain. Le journal considère que cette décision constitue un revers pour SpaceX dans la mesure où cette société pourrait devoir composer avec les droits d’ores et déjà acquis par OneWeb ou Telesat et limiter la puissance d’émission de ses satellites et/ou l’empreinte spectrale de sa constellation, entamant par là-même son modèle économique.
Une autre décision de la FCC s’avère plus favorable à SpaceX : les constellations devront désormais être déployées et mises en exploitation, au moins pour moitié, en six années, la constellation complète devant être pleinement opérationnelle en neuf années (jusqu’à présent la FCC exigeait une mise en service complète en six ans).
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-21.

L’Army cherche à mettre fin à l’acquisition des systèmes de communication par satellite WIN-T
Cf. Sécurité et Défense

Mars

Les prochaines étapes de l’exploration martienne de la NASA
Space Policy Online, 25 septembre 2017
Lors de la réunion du MEPAG (Mars Exploration Program Analysis Group) du 25 septembre, Jim Watzin, directeur du programme d’exploration martienne de la NASA, a précisé que la mission Mars 2020 était la seule mission (hormis InSight) pour laquelle la NASA avait effectivement engagé des développements. Le projet de mission martienne de relais de données n’était plus d’actualité, la priorité de la mobilisation des ressources financières disponibles étant désormais portée sur une mission de récupération d’échantillons martiens.
L’emport d’un micro-hélicoptère dans le cadre de la mission Mars 2020 était à considérer comme une simple hypothèse non confirmée, au stade de maturation technologique.
Complément d’information : “Vision and Voyages” Decadal Survey, d’août 2017.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-18.

Un atterrisseur martien pour compléter le Mars Base Camp de Lockheed Martin
Spacenews, 28 septembre 0217
Spaceflight Insider, Mars daily, 29 septembre 2017

Lockheed Martin a présenté lors du Congrès international d’astronautique d’Adélaïde une version mise à jour de son projet Mars Base Camp de laboratoire scientifique en orbite autour de Mars (video), indiquant que celui-ci serait également adapté aux activités en espace cislunaire, et qu’il inclurait désormais un atterrisseur martien habité (lui aussi utilisable pour des missions lunaires).
L’atterrisseur réutilisable, d’une masse sèche de 30 tonnes et de capacité d’emport de 80 tonnes de propergols, devrait pouvoir transporter jusqu’à quatre astronautes vers la surface martienne depuis le Mars Base Camp sur des missions de deux à trois semaines dès les années 2030. Conçu pour permettre jusqu’à six entrées dans l’atmosphère martienne, il fonctionnerait à l’oxygène et hydrogène liquide, conformément à l’ambition de la société d’une « économie basée sur l’eau ».
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°17-08.

Les nouvelles ambitions d’Elon Musk
Cf. Lanceurs et Lancements

Exploration et Sciences de l’Univers

Le lancement du James Webb Space Telescope reporté au printemps 2019
Spacenews, Space Policy Online, 28 septembre 2017
La NASA a annoncé le report du lancement du télescope spatial James Webb (JWST), jusqu’alors prévu pour octobre 2018, entre mars et juin 2019. Ce report, qui ne serait pas lié à un problème technique, serait à imputer au temps nécessaire plus long que prévu pour l’intégration des différents éléments du satellite, plus particulièrement de la plateforme et du bouclier de protection solaire. Le coût du JWST, qui sera lancé par une Ariane 5 via un accord avec l’ESA, est évalué à 8 Md$.
Article connexe précédemment publié : Bulletin d’actualité Espace n°16-17.

Déclaration américano-russe conjointe sur l’exploration habitée
Cf. International

Secteur privé

Lancement du Brodeur Space Group
Parabolic Arc, 28 septembre 2017
La société de communication stratégique Brodeur Partners basée à Boston et présente dans 33 pays, a annoncé la création du Brodeur Space Group, une plateforme destinée à accompagner les entrepreneurs dans le développement d’activités spatiales.

SSL pour tester la sécurité des hosted payloads
Cf. Sécurité et Défense

Éducation

Premier centre de recherche américain spécialisé dans le droit de l’espace
Spacedaily.com, 26 septembre 2017
Le Cleveland-Marshall College of Law de l’université d’État de Cleveland a annoncé la création du Global Space Law Center, premier centre de recherche d’une faculté de droit aux Etats-Unis spécialisé dans l’étude du droit de l’espace. Le centre aura pour vocation de former la prochaine génération de juristes du domaine spatial, d’encourager le développement de lois et de réglementations promouvant l’usage pacifique de l’espace et de faciliter la croissance de l’industrie spatiale privée.
Le centre prévoit de nouer des partenariats avec des organisations domestiques et internationales concernant des stages et des offres d’emploi.
Cette nouvelle entité devrait avoir pour directeur le professeur Mark J. Sundahl, actuel président de l’International Space Policy Working Group de la commission du transport spatial commercial de la Federal Aviation Administration et également conseiller de la délégation américaine auprès du COPUOS des Nations Unies.

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Ambassade de France aux États-Unis d’Amérique
Service spatial – Bureau du CNES

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