Un pas de plus vers l’ordinateur quantique

Danemark

Brève
Danemark | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
22 juin 2018

Pour construire un ordinateur quantique, il faut pouvoir stocker les informations quantiques : les « bits quantiques » ou « qbits » (l’équivalent des bits dans un ordinateur traditionnel). Même à des températures proches du zéro absolu (0,05 Kelvin = -273,1 °C), les qbits sont particulièrement sensibles à l’environnement dans lesquels ils évoluent. Ces perturbations quantiques sont connues sous le nom d’ « effet tunnel ». Mikkel Agerbæk Sørensen, co-auteur d’une étude publiée dans la revue Nature Communications, explique que la suppression de l’effet tunnel est l’un des plus grands challenges de la production des « qbits ». Dans cette étude, les chercheurs de l’Institut Niels Bohr et du département de chimie de l’université de Copenhague ont étudié la possibilité de produire des bits quantiques avec des molécules organométalliques. La combinaison de synthèses chimiques et de mesures précises des niveaux d’énergie ont permis aux scientifiques d’induire de petits changements dans la forme de la molécule, supprimant ainsi l’effet tunnel. S’il reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir utiliser ces molécules dans un ordinateur quantique, les chercheurs savent désormais que la forme géométrique de la molécule est un facteur déterminant. L’European Spallation Source (située à Lund, en Suède) permettra aux chercheurs de mesurer et de comprendre l’« effet tunnel » dans un proche avenir et d’ouvrir ainsi la voie à l’ordinateur quantique.

« Neutron scattering brings us a step closer to the quantum computer », University of Copenhagen, 29 mars 2018


Auteurs : Pierre Leprince (plp[a]institutfrancais.dk), Nathalie Avallone (na[a]institutfrancais.dk)

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