Endiguer le harcèlement sexuel dans les universités : la Colombie-Britannique fait le point

Canada

Brève
Canada | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
28 juin 2018

Sous la pression étudiante, le gouvernement de Colombie-Britannique a adopté une loi en 2016 afin que les universités mettent en place de nouvelles politiques de lutte contre le harcèlement sexuel. Un an après, malgré les efforts fournis, les mises en œuvre semblent inégales, et les institutions peu coordonnées entre elles.

Il y a maintenant un an, le gouvernement de Colombie-Britannique a fait passer une loi pour lutter contre les agressions sexuelles dans les universités. Le Sexual Violence and Misconduct Policy Act (Loi sur la violence et l’inconduite sexuelle) a été adopté au printemps 2016, afin que les établissements de mettent en place de nouvelles politiques pour contenir ce fléau d’ici mai 2017.

Avec un an de recul, il semble que son application soit inégale dans les différentes universités de la province. Ainsi, suite à l’approbation de la loi, University of British-Columbia (UBC), l’une des universités les plus importantes en Colombie-Britannique, a mis en place un bureau, le Sexual Violence Prevention and Response Office, ouvert cinq jours par semaine, et géré par cinq employés. Kwantlen Polytechnic University (KPU), une faculté plus modeste, ne possède pas de bureau similaire. Le soutien offert varie donc beaucoup d’une institution à l’autre, et les étudiants pressent le gouvernement de combler ces écarts.

Caitlin McCutchen, une étudiante de KPU, et représentante à L’Alliance des étudiants de Colombie-Britannique (Alliance of B.C. Students), pense que le problème vient d’un manque de ressources. D’après elle, l’attribution de financements par le gouvernement de la province pourrait favoriser l’application de cette nouvelle loi. Les textes législatifs ne définissent pas non plus ce que devrait être une bonne politique de lutte contre les agressions sexuelles, laissant une marge d’interprétation floue et n’incitant pas les universités à coopérer sur ce point, et à échanger les bonnes pratiques.

En comparaison, l’Ontario a édifié une politique plus efficace, avec son plan d’action « It’s Never Okay : An Action Plan to Stop Violence and Harassment » (Ce n’est jamais acceptable : un plan d’action pour mettre fin aux agressions et au harcèlement). Ce plan lancé en 2015, en plus de guider les conduites à suivre, dédie un budget de 41 millions de dollars canadiens répartis sur trois ans pour lutter contre les agressions sexuelles. Le Québec a également dédié des financements à cette lutte, à hauteur de 23 millions de dollars.

Mme Melanie Mark, Ministre de l’Enseignement Supérieure en Colombie-Britannique, a lancé une enquête pour recueillir les avis des étudiants, des professeurs et du personnel, et a reçu 370 réponses. Le ministère procède désormais à une analyse afin d’étudier comment remédier aux défauts dans l’application de la loi. Melanie Mark affirme ainsi à nouveau son engagement dans la lutte contre le harcèlement sexuel sur les campus.

Les avancées déjà réalisées sont représentatives d’une prise de conscience des problèmes d’agressions et de harcèlement dans les universités. Suite à l’évaluation en cours, les disparités entre les établissements devraient s’effacer à l’avenir.

Sources :
Legislative Assembly of British Columbia

Times Colonist 17 mai 2018

Rédacteur :
Lou Lemoine, Stagiaire au Service de Coopération Scientifique et Universitaire du Consulat Général de France à Vancouver.

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