Les eaux souterraines de l’Amazone enfin quantifiées

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Brésil | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
5 février 2019

Le bassin de l’Amazone étant difficile d’accès, l’état de ses nappes phréatiques restait quasi inconnu. Mais le mystère est levé grâce à une évaluation mise au point par une équipe internationale liée à plusieurs unités de l’IRD et menée par des chercheurs du LEGOS. Un résultat d’autant plus intéressant que l’accès à cette eau douce est un enjeu majeur pour les populations.
Les réserves d’eaux souterraines (ou nappes phréatiques) du bassin de l’Amazone sont peu évaluées car l’opération nécessite d’effectuer des mesures continues sur place, dans des zones quasi inaccessibles. Grâce à une approche multi-satellite, une équipe franco-brésilienne vient de contourner cet écueil.
Les chercheurs sont partis du fait que la totalité des stocks d’eaux terrestres est constituée des eaux souterraines, auxquelles s’ajoutent les eaux de surface — lacs, plaines fluviales, canaux, etc. — et l’humidité des sols. « Or, les mesures satellites de la mission GRACE [pour Gravity Recovery and Climate Experiment], récemment analysées, nous donnent la totalité des réserves terrestres. Dans le bassin de l’Amazone, les eaux de surface sont également mesurées par satellite. Enfin, des modèles numériques permettent d’estimer l’humidité renfermée dans les sols, explique Fabrice Papa, spécialiste de l’étude du cycle de l’eau et du climat grâce aux observations spatiales, au LEGOS. Par une simple soustraction, nous avons donc pu en déduire la part des eaux souterraines et ses variations mensuelles, de janvier 2003 à septembre 2010. »
Cette évaluation indirecte des nappes phréatiques est une première mondiale dont l’intérêt va au-delà de l’Amazone. « Une grande partie de l’eau douce utilisée pour les activités humaines provient de ces réservoirs souterrains et l’accès à cette eau est un enjeu mondial », indique Fabrice Papa. « Or, notre méthode est applicable globalement. Il faudrait maintenant faire cette évaluation dans le monde entier, et notamment en Inde et au Sahel où les nappes phréatiques sont régulièrement affectées par la sècheresse et fortement influencées par la pression anthropique. »
Source : http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites-scientifiques/les-eaux-souterraines-de-l-amazone-enfin-quantifiees

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