Des coupes budgétaires à hauteur de 42% dans le secteur de la recherche scientifique et de la technologie.

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Brésil | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
17 mai 2019

Les principales institutions de recherches et d’enseignement supérieur brésiliennes ont critiqué dans une lettre commune la décision du gouvernement fédéral de geler 42% du budget destiné à l’investissement du MCTIC (Ministère chargé de la Science et de la Technologie)
En effet, cette décision pourrait affecter fortement des domaines considérés comme essentiels comme la lutte contre les nouvelles épidémies, la recherche sur les énergies renouvelables ou alors les recherches sur la sécurité alimentaire.
Ce texte, signé par l’ABC, la SBPC et le CONSECTI (Association Brésilienne pour la Science, la Société Brésilienne pour le Progrès et la Science et le Conseil National des Secrétariats pour la Sciences, la Technologie et l’Innovation), affirme que « si les restrictions budgétaires ne sont pas revues à temps, de nombreuses décennies seront nécessaire pour reconstruire les capacités scientifiques et d’innovation du pays ».
Le gouvernement justifie ce gel de 25,5 milliards de réaux (c’est-à-dire 23% des dépenses discrétionnaires du gouvernement) par des prévisions de croissance économique revues à la baisse.
Le budget destiné au CNPq (La plus grande agence de financement liée au gouvernement fédéral responsable de 73 000 bourses d’études et de projets de recherche scientifique à travers tout le pays) pour l’année 2019 ne garantit son fonctionnement que jusqu’à juillet selon M. Davidovich, président de l’ABC. Ainsi, les étudiants brésiliens boursiers à l’étranger devront probablement rentrer et des étudiants de niveau master ou doctorat devront probablement abandonner leur activité pour trouver un emploi.
Dans le secteur de l’éducation, le gouvernement a décidé de bloquer 5,839 milliards de réaux soit 25% du budget prévu pour 2019. La plus grande coupe budgétaire a eu lieu au sein du Ministère des Mines et de l’Energie (79,5% du budget prévu) alors même que la catastrophe de Brumadinho s’est produite au mois de janvier et que de nombreux autres barrages présentent des risques. De plus, le manque de ressources empêchera le développement des énergies alternatives et renouvelables.
Pendant sa campagne présidentielle, le président Bolsonaro a fixé comme objectif que 3% du PIB soit investi dans la science et la technologie (ressources privées et publiques). Actuellement seulement 1,5% du PIB est investi dans ce secteur et les ressources proviennent principalement du secteur public. A titre de comparaison, ce taux est de 4% en Corée du Sud et en Israël et de 3% dans l’UE.
Selon M. Davidovich ces décisions vont à l’encontre du développement économique du Brésil. En effet, il est estimé que chaque dollar investi dans la science et la technologie offre un retour sur investissement compris entre 3 et 8 dollars.
https://www1.folha.uol.com.br/ciencia/2019/04/corte-orcamentario-de-42-em-ciencia-e-tecnologia-preocupa-entidades.shtml

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