Une première en archéologie expérimentale menée par des chercheurs belges

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15 novembre 2017

Une équipe de recherche belge de l’EACOM (Egyptian and African Copper Metallurgy) a réalisé mardi, à l’archéosite d’Aubechies (Beloeil), une première en faisant fonctionner des fours de réduction antiques liés à la métallurgie du cuivre. Ces fours sont la réplique exacte d’un modèle égyptien datant du Moyen Empire. Du cuivre a été produit au terme de l’expérience. Une nouvelle étape est déjà envisagée.

Les expérimentations menées par les chercheurs ont constitué un retour vers le passé. L’objectif était de tester une nouvelle hypothèse. La réduction, qui été réalisée avec un combustible mixte composé de bois vert et de crottin d’âne, a permis de produire du cuivre. Cette équipe de chercheurs, se composait de l’archéologue Georges Verly, des Musées royaux d’art et d’histoire, et de l’ingénieur Frederik Rademakers de l’Université catholique de Louvain. Le but de cette recherche en archéologie expérimentale vise l’étude des structures, la compréhension des gestes d’artisanat du passé, leur maitrise technique ainsi que la gestion de leurs ressources. "Du cuivre ayant été produit, la deuxième phase du projet sera orientée vers la fusion et donc la création d’objets métalliques. Cette nouvelle étape se déroulera en Belgique en juin 2018", indique Charlotte Doyen, membre de l’équipe d’expérimentation.

Le centre de recherches EACOM étudie les procédés antiques de la métallurgie du cuivre en Egypte pharaonique. Cette recherche menée par une équipe belge multidisciplinaire, en collaboration avec plusieurs musées et universités européennes, a débutée il y a deux ans et produit déjà des résultats et des réponses aux problématiques posées. Les fours reconstruits sur l’archéosite d’Aubechies sont la réplique exacte de ceux retrouvés en fouille à Ayn Soukhna, un site antique situé sur la côte occidentale du Golfe de Suez à 120 km du Caire. La fouille est supervisée par le professeur Pierre Tallet et la docteure Claire Somaglino de l’université de la Sorbonne (Paris IV). L’objectif de la démarche scientifique est de comprendre le fonctionnement des fours de réduction du cuivre, de reproduire les gestes des artisans égyptiens et de corroborer les hypothèses soulevées par les fouilles archéologiques grâce au nouvel outil archéologique qu’est la science expérimentale.

Le site archéologique d’Ayn Soukhna est le seul site connu qui nous renseigne sur la métallurgie au Moyen Empire (2000 avant J-C) et son économie. Ce site ayant des fours de réduction et de fusion, les chercheurs ont pu comprendre et étudier une chaîne opératoire complète qui commence lors de la réduction du minerai et s’achève par la production d’outils. L’expérimentation, qui a eu lieu ce jour est une première. Le travail des archéologues à Aubechies s’inscrit dans le cadre plus large d’un projet dont la vision à terme est de comprendre les méthodes et les enjeux de la métallurgie du cuivre en Egypte ancienne.

Contact scientifique : Georges Verly, Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Belgique, g.verly[a]mrah.be

Source : Dépêche Belga du 15 novembre 2017

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

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