Une agence spatiale belge devrait voir le jour d’ici l’été 2016

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Belgique | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
1er avril 2016

La création d’une agence spatiale belge, annoncé dans l’accord de gouvernement du 9 octobre 2014, devrait être effective d’ici l’été. Fruit d’un partenariat stratégique entre le fédéral et les entités fédérées, elle devra renforcer la position du secteur spatial belge en Europe et à l’international ; un secteur essentiel pour la Belgique tant au niveau économique que scientifique et technologique.

Une annonce attendue depuis plus d’un an

L’accord de gouvernement du 9 octobre 2014 annonçait une refonte complète de la politique scientifique fédérale belge avec, notamment, le regroupement des personnels en charge des programmes spatiaux « au sein d’un Office interfédéral pour l’Espace, doté de la personnalité juridique, associant les Régions » ; créant ainsi, de facto, une agence spatiale belge devant « assurer une meilleure coordination de la politique spatiale en Belgique et viser une répartition équitable du retour sur investissement entre les différentes Régions. »

Au travers des phases successives de réformes institutionnelles, un consensus s’est toujours dégagé pour maintenir la compétence du secteur spatial au niveau fédéral. Dans le même temps, les entités fédérées sont compétentes en matière d’éducation et de formation, de recherche et d’innovation et de politique industrielle. Dès lors, c’est un partenariat stratégique entre l’autorité fédérale, les Communautés et les Régions, conciliant la prise en compte des compétences, des besoins et des intérêts de chaque niveau et visant à établir une « force de frappe » belge en Europe et à l’international, qui a été privilégié.

Elke Sleurs (N-VA, parti nationaliste flamand), la secrétaire d’Etat en charge de la politique scientifique, avait dressé les grandes lignes de la future agence spatiale belge dans sa note d’orientation générale présentée au Parlement belge en novembre 2014 :

  • « La nouvelle institution […] sera liée aux autorités politiques par un contrat de gestion qui définit les objectifs, les ressources et les critères d’évaluation. »
  • « Cette agence "interfédérale" est une institution "fédérale" dans laquelle […] le gouvernement fédéral régit la collaboration entre les Régions. »
  • « La collaboration avec les Régions et les Communautés se fera dans le cadre institutionnel existant et l’Agence deviendra à cet égard un outil visant à assurer une bonne coopération et la cohésion entre la compétence de l’autorité fédérale en matière spatiale internationale et les différentes compétences des entités fédérées. »
  • Les objectifs poursuivis étant de « prendre en considération les évolutions dans le paysage institutionnel belge ; s’adapter aux changements structurels dans la politique spatiale européenne ; [et] accroître l’efficacité et l’efficience - principalement sur les plans économique et financier - de la participation belge aux programmes spatiaux européens. »

La création d’une Agence spatiale belge à part entière répond à une demande du secteur de l’industrie spatiale dans le contexte de la réforme de la politique scientifique fédérale prévu par l’accord de gouvernement. Les professionnels, comme les responsables de Skywin, le pôle de compétitivité wallon du secteur aéronautique et spatial, réclamaient effectivement une instance capable de défendre le secteur. Elke Sleurs avait alors annoncé vouloir consacrer toute l’attention nécessaire au renforcement du potentiel scientifique et industriel de la Belgique dans le secteur spatial et veiller à une participation maximale aux programmes et projets spatiaux européens.

En matière de calendrier, la note de la secrétaire d’Etat évoquait le lancement du projet en 2015, mais sans plus de précisions. D’après l’édition du 11 mars 2016 quotidien flamand De Morgen, l’agence spatiale belge devrait voir le jour d’ici l’été. Elle sera dotée d’un budget d’environ 200 millions d’euros et emploiera 60 personnes.

Le spatial, un secteur essentiel pour la Belgique

Le secteur spatial belge représente une soixantaine d’entreprises, avec un chiffre d’affaires annuel de 350 millions d’euros. C’est un secteur qui se porte bien. Il emploie environ 2000 personnes, en très grande partie une main d’œuvre très qualifiée. La Wallonie possède une réelle expertise dans ce domaine puisqu’elle représente environ 70% du secteur.

Chaque année, l’État fédéral met à disposition de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) une enveloppe budgétaire d’environ 200 millions d’euros ce qui fait de la Belgique le cinquième contributeur absolu au budget de l’ESA et, ramené au nombre d’habitants, place la Belgique au troisième rang des contributeurs. Selon les estimations, pour un euro versé à l’ESA l’économie belge récupère 4 à 5 euros.

D’un point de vue scientifique et technologique, la Belgique est également un acteur important. Elle participe à de nombreux programmes spatiaux européens comme la fusée Ariane, Copernicus (programme européen de surveillance de la Terre) ou Galileo (système de navigation par satellite). Le 21 mars 2016, la Commission européenne a d’ailleurs officiellement confirmé le site de Transinne, en Wallonie, comme centre d’accueil des infrastructures terrestres de Galileo.

Dans l’actualité, la technologie belge a récemment été mise à l’honneur avec la mission d’exploration martienne ExoMars. Placé dans l’orbiteur qui voguera dans l’atmosphère martienne, l’instrument belge NOMAD (Nadir and Occultation for MArs Discovery) sera chargé d’y cartographier les gaz présents. L’autre instrument belge présent, AMELIA (Atmospheric Mars Entry and Landing Investigation and Analysis) fait partie de l’atterrisseur Schiaparelli et est destiné à récolter et analyser les données pendant sa descente vers la surface de Mars. Un dernier instrument belge, le transpondeur LaRa (Lander Radioscience) qui pourra déterminer la rotation et l’orientation de Mars avec une précision jamais atteinte auparavant, prendra quant à lui part à la mission prévue en 2018.

La Belgique a également pris une part active à la mission Rosetta, dès son élaboration dans les années 1990. L’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique a notamment participé à la construction de l’instrument ROSINA (Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis) qui a permis de déterminer la composition des gaz crachés par le noyau cométaire.

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr), et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr)

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