Un lien direct établi entre pollution de l’air et athérosclérose

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Belgique | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
14 mars 2018

Pour la première fois, une équipe de chercheurs de l’Université libre de Bruxelles démontre un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’athérosclérose chez un être vivant. Ces travaux, publiés dans le Journal of Biological Chemistry, mettent en évidence l’impact de l’acide cyanhydrique sur les protéines circulant dans le sang et leur accumulation dans les plaques d’athérome.

Particules fines, ozone, dioxyde d’azote… On le sait : la pollution atmosphérique a un impact sur la santé, et notamment sur l’augmentation du risque lié aux maladies cardiovasculaires. Mais comment ces polluants agissent-ils concrètement sur notre corps ? Pour la première fois, une équipe de chercheurs de l’Université libre de Bruxelles démontre un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’athérosclérose chez un être vivant.

Les chercheurs de l’ULB – dont Karim Zouaoui Boudjeltia (Laboratoire de Médecine Expérimentale, ULB 222, CHU Charleroi), Cédric Delporte et Pierre Van Antwerpen (Plateforme Analytique de la Faculté de Pharmacie) – se sont penchés sur la métabolisation de l’acide cyanhydrique, la forme volatile du cyanure. Il s’agit d’un des gaz polluants non réglementés, qui est généré par la combustion des matières organiques issue de l’utilisation de moteurs thermiques, la consommation de tabac, les feux,… Il ne fait donc pas partie des gaz mesurés lors de l’évaluation de la qualité de l’air comme le dioxyde d’azote ou l’ozone.

Les chercheurs ont tout d’abord démontré qu’une protéine humaine impliquée dans le développement de l’athérosclérose, la myéloperoxydase (MPO), est capable d’oxyder ce cyanure en cyanate par divers mécanismes chimiques directs et indirects, ce qui favorise la transformation de protéines circulant dans le sang. Avec l’aide d’équipes autrichienne et américaine, ils ont ensuite injecté du cyanure dans un modèle murin mimant les maladies cardiovasculaires et exprimant la MPO humaine. Cette expérience démontre que l’exposition au cyanure induit l’accumulation de protéines modifiées par ce polluant spécifiquement dans les plaques d’athérome - ces plaques que l’on retrouve dans la paroi des vaisseaux, à l’origine de certaines maladies cardiovasculaires. Les protéines modifiées de cette manière sont également impliquées dans le déclenchement de mécanismes inflammatoires pouvant devenir chroniques. Ces travaux viennent d’être publiés dans le Journal of Biological Chemistry.

Bien que l’implication des transformations de protéines par la MPO dans les maladies cardiovasculaires soit bien connue, les gaz polluants n’avaient pas été impliqués jusqu’à présent. C’est donc la première fois que l’on démontre chez un être vivant un lien direct entre une exposition à un gaz polluant et l’athérosclérose. Ceci souligne, si c’était encore nécessaire, le rôle de la pollution atmosphérique dans la survenue d’évènements cardiovasculaires médiée par l’athérosclérose.

Lien vers l’article publié dans le Journal of Biological Chemistry : http://www.jbc.org/content/early/2018/03/01/jbc.M117.801076/suppl/DC1

Source : communiqué publié par l’Université Libre de Bruxelles

Contact : Nancy Dath, service communication recherche de l’Université Libre de Bruxelles : ndath[a]ulb.ac.be, +32.2.650.92.03

Contact scientifique : Pierre Van Antwerpen, Faculté de Pharmacie de l’Université Libre de Bruxelles : pvantwer[a]ulb.ac.be, +32.2.650.52.63

Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

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