Les deux universités de Louvain réunies près de 50 ans après leur scission

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Belgique | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
29 mai 2017

« Réunies » près de 50 ans après la scission, l’Université Catholique de Louvain (UCL), la francophone, et la Katholieke Universiteit Leuven (KU Leuven), la néerlandophone, commémorent ensemble l’héritage de Georges Lemaitre.

Ce 31 mai 2017, les villes d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et de Leuven signeront officiellement un accord de jumelage, près de 50 ans après les événements ayant mené à la scission de l’Université Catholique de Louvain et au départ des francophones de la ville de Leuven. À Louvain-la-Neuve, des festivités organisées par l’UCL auront lieu dès le 30 mai en présence des recteurs Vincent Blondel et Rik Torfs, avec pour moment fort l’inauguration d’une statue à l’effigie de Georges Lemaitre, professeur UCL et père de la théorie du Big Bang, dont l’apport à la science moderne est comparable à celui d’un Albert Einstein.

Si l’idée du jumelage des deux communes a fait son chemin depuis le début des années 2000, tant du côté francophone que du côté flamand, l’année consacrée par l’UCL aux utopies (dont le flambeau a ensuite été repris par la KU Leuven), les commémorations de la disparition de Georges Lemaitre et l’approche des 50 ans de la scission sont autant d’éléments qui ont permis d’accélérer et de concrétiser cette (ré)union. Après la scission, et la réussite du pari fou de l’UCL de s’implanter en pleins champs sur le territoire d’Ottignies, les collaborations entre UCL et KU Leuven n’ont cessé de se renforcer au cours des dernières décennies. Près de 50 ans après le traumatisme du « walen buiten », les deux universités signent un geste fort avec le jumelage des villes qui les accueillent, et entament un nouveau chapitre de leur histoire commune. Côté UCL, ces 50 ans sont aussi synonymes de success story puisque l’université est aujourd’hui la première côté francophone, tant en termes de nombre d’étudiants que dans les rankings. Mieux encore, son arrivée en Brabant wallon a fortement contribué au développement économique exponentiel de la jeune province.

Son nom est moins connu que celui d’Albert Einstein, et pourtant, l’apport de Georges Lemaitre à la science moderne est tout aussi important que celui du père de la théorie de la relativité. À l’occasion des 50 ans de sa disparition et des 90 ans de la Théorie du Big Bang, l’UCL, sous le haut patronage du Roi des belges, consacre une année de commémorations à celui qui, rappelons-le, fut professeur à la faculté des sciences de la section francophone de l’Université catholique de Louvain. Inaugurer une statue à son effigie, place des sciences, au sein d’un quartier en pleine redynamisation et à proximité de l’auditoire baptisé en son nom, est hautement symbolique quand il s’agit également de célébrer le jumelage des communes OLLN-Leuven. En effet, si ses idées sont nées en partie à Leuven, l’héritage de Georges Lemaitre a lui aussi voyagé jusque Louvain-la-Neuve, où l’UCL abrite les Archives Georges Lemaitre et le CP3, centre de recherche en cosmologie et physique des particules, au sein de l’Institut de recherche en mathématique et physique.

L’anecdote de la rencontre Lemaitre-Einstein

En 1927, Georges Lemaitre publie l’article « Un univers homogène de masse constante et de rayon croissant rendant compte de la vitesse radiale des nébuleuses extra-galactiques », qui donne à lire un raisonnement de la « fuite des galaxies » basé sur les équations de la relativité générale d’Einstein. Georges Lemaître y ringardise tous les concepts scientifiques de l’époque en présentant un univers en expansion dans lequel les galaxies sont emportées en même temps que l’espace « gonfle ». Imaginer un univers en perpétuel changement, en mouvement, qui n’est donc pas figé et immuable, c’est une véritable révolution.

En octobre de la même année, Lemaitre rencontre Einstein en marge du 5ème congrès de physique Solvay à Bruxelles. L’occasion d’échanger lors d’une longue conversation, où Lemaitre mentionne ses écrits. Einstein, qui avait lu l’article, le complimente pour son traitement mathématique, mais ajoute que d’un point de vue physique, cela lui parait tout à fait « abominable ». L’histoire donnera finalement raison à Georges Lemaître !

Qui est Georges Lemaître ?

Georges Lemaître, « le fameux scientifique belge » comme l’ont surnommé les journaux américains, est un physicien, mathématicien, astronome et prêtre belge né à Charleroi le 17 juillet 1894 et décédé à Louvain le 20 juin 1966. Professeur à la Faculté des sciences de la section francophone de l’Université de Louvain, il est à l’origine de la fameuse théorie du « Big bang ». Après des études de physique et de mathématiques à l’UCL, il reçoit, en 1923, une bourse BAEF (Belgian American Educational Foundation) lui permettant de parfaire son parcours, d’abord à Cambridge puis à Harvard et au MIT. C’est en 1933 qu’il affinera la théorie de l’Univers en expansion, découverte majeure qui le rendra célèbre. En 1934, il reçoit le Prix Francqui, honneur qui lui fut remis par le Roi Léopold III (parmi ses parrains, on retrouve Albert Einstein). Ses idées audacieuses, présentées dans des contributions scientifiques de premier plan, n’ont cessé d’être confirmées par les avancées les plus récentes de la cosmologie et de l’astrophysique observationnelle.

Source : communiqué de presse publié le 29 mai 2017 par l’Université Catholique de Louvain

Contact : Isabelle Decoster, Attachée de presse à l’Université Catholique de Louvain, isabelle.decoster[a]uclouvain.be, 0032(0)10 47 88 70

Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

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