L’Université de Namur multiplie par 25 la capacité de stockage des batteries

Belgique

Actualité
Belgique | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement | Sciences de l’ingénieur : aéronautique, mécanique, électronique, génie civil | Sciences et technologies de l’information et de la communication : TIC, télécoms, micro-nanotechnologies, informatique | Stockage de l’énergie
24 mai 2017

Une recherche internationale dirigée par le Pr Bao-Lian Su, du Département de Chimie de l’UNamur, vient de déboucher sur la mise au point d’un matériau bio-inspiré susceptible, notamment, d’améliorer le stockage de l’énergie.

Bao-Lian Su a élaboré, avec sept collègues provenant de plusieurs autres Universités, des matériaux bio-inspirés pouvant améliorer certaines fonctions bien précises. « Cela fait longtemps que je travaille sur les feuilles et que je m’en inspire pour en faire des matériaux », explique le professeur, « avec leurs nervures, elles fonctionnent en réseau de manière optimisée et c’est cette capacité que nous essayons de reproduire ».

Cette capacité à travailler en réseau de manière hiérarchisée et optimisée, on la retrouve également dans le fonctionnement des reins, des poumons, du foie ou encore dans le système sanguin. « La nature a mis des milliards d’années à la perfectionner et ces systèmes sont aujourd’hui optimaux pour exercer des fonctions bien précises : filtrer ou véhiculer le sang, fournir notre organisme en oxygène, etc. ».

En parallèle à ce fonctionnement naturel, le professeur Bao-Lian Su s’est par ailleurs inspiré d’une loi empirique mise en avant par Cecil D. Murray, en 1926, sur le fonctionnement vasculaire. Celle-ci stipule qu’à chaque bifurcation du système vasculaire, le rapport du diamètre des branches et l’angle qu’elles font entre elles sont liés. « Mais cette loi, empirique, était limitée pour certaines utilisations. Elle ne pouvait s’appliquer dans le cas de transport de masse sans perte de matière, j’ai donc tenté d’en élaborer une nouvelle », explique le chimiste qui a donc mis au point un nouveau modèle s’appliquant à tous les procédés décrivant une situation réelle, avec variation de matière, comme dans le cas de la circulation du sang dans le rein, par exemple.

À partir de là, de nouveaux matériaux ont été créés : des matériaux bio-inspirés. « Il s’agit de fines feuilles de pur oxyde de zinc, un matériau très fonctionnel et semi-conducteur », décrit Bao-Lian Su, « elles ont des effets notables sur le transport des électrons et des ions dans les batteries au lithium ».

Cet effet au sein des batteries est à ce point optimisé que les résultats sont impressionnants : la capacité de stockage des batteries est multipliée par 25 ! Par ailleurs, l’usage de ces matériaux bio-inspirés augmente également la vitesse de chargement de ces batteries, ainsi que leur durée de vie. Une découverte importante, qui pourrait aboutir à des développements industriels très intéressants : en améliorant la capacité des batteries des voitures et des futurs avions électriques, par exemple. « On pourrait aussi, en s’inspirant de ces matériaux et de leur efficacité, imaginer des organes artificiels qui fonctionneraient de manière tout aussi optimale que les organes humains », se réjouit Bao-Lian Su.

Source : lien vers l’article publié le 21 mai 2017 sur DailyScience.be : http://dailyscience.be/2017/05/21/les-yeux-et-les-oreilles-de-daily-science-84/

Contact : Christian Du Brulle, rédacteur en chef Dailyscience.be, cdb[a]dailyscience.be

Contact scientifique : Bao Lian SU, Université de Namur, bao-lian.su[a]unamur.be, +32 (0)81 72 45 31

Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr) et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).

PLAN DU SITE