Priorités 2018-2020 pour la recherche et l’innovation médicale

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Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
20 décembre 2018

Le Fond pour la recherche Médicale du Futur (Medical Research Future Fund - MRFF) vient de dévoiler les priorités pour la période 2018-2020 en matière de recherche médicale et d’innovation.

Après un processus de consultation nationale ce rapport fut rédigé par la commission indépendante de la Recherche Médical Australienne (Australian Medical Research Advisory Board). Ce rapport a pour but d’informer le gouvernement Australien au sujet des investissements et des initiatives liés aux MRFF. C’est un outil qui se veut complémentaire aux investissements du comité national de santé et de recherche médicale (National Health and Medical Research Council), principal organe de financement de la recherche médicale et de santé.

Ce rapport établit les priorités stratégiques du secteur selon 6 axes :

Les domaines stratégiques à portée internationale :

  • La résistance aux antibiotiques : La consommation d’antibiotiques par habitant de l’Australie est l’une des plus élevées au monde. De cette consommation résulte un taux élevé de résistances bactériennes. Une action coordonnée incluant, santé humaine, animale, ainsi que les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture est nécessaire. Les solutions proposées sont le financement de bourses de recherche multidisciplinaire dont le but sera de comprendre les mécanismes de transfert microbien entre l’homme et l’animal, ou d’étudier les stratégies visant à réduire l’utilisation d’antibiotique.
  • Santé globale et sécurité sanitaire : Cela inclut la préparation aux épisodes pandémiques ainsi que les urgences sanitaires. La réponse à ces défis ne pourra avoir lieu qu’à travers des collaborations internationales de chercheurs. Il est proposé la création d’un fond de recherche en santé globale, similaire au ‘fond biomédicale translationnel Australien’ mais à but non lucratif.
  • Santé des Aborigènes et des indigènes du détroit de Torrès (Torres Strait Islanders) : Il est prioritaire pour l’Australie de réduire le fossé qui sépare les taux de morbidité et de mortalité entre les peuples indigènes et le reste de la société. Les moyens d’action envisagés sont l’accompagnement de la montée en puissance des communautés, agences et représentants indigènes, de leurs capacités à mener des recherches ainsi que de la lutte contre les discriminations.
  • Vieillissement et soins aux personnes âgées : La recherche dans ces domaines comprend la prolongation de la qualité de vie, le traitement des démences et du déclin cognitif ainsi que la réduction de la période de haute morbidité à un âge avancé. Il est recommandé de se référer au rapport « Aged Care Quality and Safety » commandé par la commission royale pour octobre 2019.

Les données et Infrastructures :

  • Santé digitale : La digitalisation du système de santé sera disruptive et transformera en profondeur les pratiques cliniques. Il est préconisé un travail coordonné entre l’agence Australienne de santé digitale, les Etats et territoires fédérés et les acteurs industriels pertinents. Ils pourront répondre à cette problématique à travers des fonds dédiés à des thématiques de recherche telle que le développement d’outil de prise de décisions, de solutions d’intelligence artificielle pour les usagers et d’accès aux données à travers des plateformes dédiées.

Le service et Système de santé :

  • Calcul de l’efficacité relative des interventions en santé : afin d’améliorer le système de soins australien, la prise en compte du rapport bénéfices-risques lors de chaque intervention sur le patient doit être étudiée. Il est donc recommandé de financer des initiatives de recherche afin d’évaluer l’efficacité relative de chaque intervention.
  • Recherche en premiers soins : les premiers soins représentent la grande majorité des soins apportés dans le système de santé. De plus, les patients pris en charge dans le département des premiers soins sont en général multi-symptomatiques et présentent un diagnostic non-défini. A cela s’ajoute la hausse des maladies chroniques notamment chez les catégories socioéconomiques les plus défavorisés qui nécessitent que des efforts soient apportés aux premiers soins d’une manière géographiquement pertinente. Les opportunités de financements à travers le Practice-Based Research Network (PBRN) sont une des solutions envisagées.

Les capacités de recherche et de collaboration :

  • Capacité de recherche clinique : le rapport préconise de mettre en avant les engagements pris dans des domaines scientifiques multidisciplinaires et émergents qui présentent des applications cliniques. Le clinicien-chercheur permet d’accroître la recherche translationnelle et ainsi de maintenir l’excellente réputation du système de santé australien. Il est conseillé de maintenir le schéma de financement mis en place par le Comité National de Santé et de Recherche Médicale (NHMRC) et de favoriser la mise en place de partenariats avec l’industrie.
  • Recherche orientée vers les consommateurs : afin de traduire le fruit de la recherche en applications cliniques concrètes il est conseillé de conduire des recherches basées sur les priorités et l’expérience vécue des consommateurs (crowdsourcing). Cela permettra de maximiser l’impact des investissements dans la recherche. Des programmes et une méthodologie associant chercheurs et consommateurs permettront d’axer la recherche sur les besoins de ces derniers.

Les essais cliniques et la médecine translationnelle :

  • Repositionnement de médicaments : La recherche et le développement de nouveaux médicaments étant extrêmement coûteux et longs, l’utilisation d’un médicament déjà existant pour d’autres pathologies est vu comme une solution alternative. Il est conseillé de travailler avec le centre de croissance MTPConnect qui regroupe les industriels australiens actifs dans le pharmaceutique et les technologies médicales. Le but est de créer des financements autour de programmes d’identifications de ces médicaments à travers de nouvelles technologies et méthodes expérimentales.
  • Les interventions en santé publique : Les causes principales des maladies chroniques sont en général connues et réversibles. Il y a donc un grand potentiel à intégrer des actions préventives dans le système de santé australien qui se limitait jusqu’alors à des actions de diagnostics et de soins. Le but étant de maintenir les Australiens en bonne santé le plus longtemps possible. Il est spécifié l’importance d’une approche multidisciplinaire qui prend en compte les réalités géographique et socio-économique des populations concernées.

La commercialisation :

  • Infrastructure en recherche translationnelle : le rapport estime primordial d’accompagner les technologies médicales et biomédicales dans leur phase critique de développement initial en favorisant l’accès aux infrastructures et aux ressources humaines adéquates. Lorsqu’il s’agit de la commercialisation d’une nouvelle molécule, des données rigoureuses et reproductibles sont indispensables afin de convaincre des investisseurs du potentiel de ladite molécule. Optimiser le temps nécessaire aux études précliniques et créer des standards de recherches élevées en amont du projet permet d’obtenir d’importants gains de temps et d’argent. La mise en place d’un programme de financement parallèle aux ‘MRFF proof-of-concept’ est proposée.

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