Notre planète, le futur de l’Australie Une décennie de transition pour les sciences de la Terre

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Australie | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
20 décembre 2018

Le comité d’experts en science de la Terre de l’Académie des Sciences Australienne vient d’éditer son plan stratégique à dix ans pour le secteur. Ce rapport identifie le développement que le secteur doit entreprendre s’il veut pouvoir répondre aux grands défis environnementaux de notre temps.

En effet, la prochaine décade est cruciale dans l’histoire de l’humanité. Avec un impact humain de plus en plus important sur les ressources, les mécanismes dynamiques et la géologie de notre planète, les sciences de la Terre sont une discipline décisive pour un développement durable. La situation géologique d’une région définit son sol, son climat, son écosystème, ses risques géologiques, mais aussi ses richesses, ses industries, et en partie, ses habitants… C’est pourquoi la science de la Terre doit avoir une approche holistique, multi- et inter- disciplinaire, afin de comprendre toutes les interactions, depuis le manteau inférieur, la lithosphère, la croûte terrestre, jusqu’à l’atmosphère, l’hydrosphère, ou la biosphère… La recherche en sciences de la Terre doit donc se développer, afin de comprendre les liens complexes de l’ensemble du système planétaire, et de devenir prédictive pour une meilleure gestion des sols agricoles, des systèmes hydrologiques, des réserves minérales, de l’énergie, des risques géologiques ou du changement climatique.

Selon le rapport du comité d’experts, quatre enjeux principaux relèvent de la discipline :

Sécurité alimentaire et ressources en eau :
Une bonne connaissance des roches, des minéraux et des sols, va permettre une agriculture productive, et rendre accessibles les ressources nécessaires pour la fabrication d’engrais, ou encore les données géodésiques pour l’agriculture de précision aidée des GPS. De même, la connaissance des systèmes hydrauliques souterrains et de leurs jonctions devrait permettre une meilleure gestion des ressources en eau.

Futur des ressources minérales :
L’économie australienne repose de façon importante sur l’exploitation de ses ressources minérales et énergétiques. Pour maintenir la place de l’Australie sur le marché minier mondial, et répondre à l’évolution de la demande qui se tourne vers les énergies renouvelables, le pays doit être capable de connaître et d’explorer son sous-sol profond à la recherche de cuivre, cobalt, or, tantale ou terres rares… C’est le but du projet UNCOVER Australia.

Futur de l’énergie :
L’Australie présente un potentiel inexploité pour l’énergie géothermique qui pourrait être utilisée localement dans les maisons, les bâtiments ou les infrastructures industrielles, mais qui pourrait aussi être exploitée à grande échelle. L’exploitation de gaz non conventionnel doit être guidée par les géologues afin de réduire les risques de fuites, ou l’utilisation et la pollution de l’eau lors de l’extraction par fracturation hydraulique. Enfin, l’exploitation de l’uranium, du thorium, et des terrains géologiquement stables pour le stockage des déchets radioactifs sont également des développements dont les sciences de la Terre doivent étudier les possibilités techniques pour permettre un débat et des choix éclairés.

Prévision des risques de catastrophes :
Les sciences de la Terre alliées aux systèmes d’alerte, permettent de surveiller la dynamique des mécanismes terrestres inférieurs et en surface, afin de prévenir leurs risques et leurs impacts sur une population de plus en plus nombreuse, et majoritairement répartie le long des côtes.

Le rapport propose un développement stratégique des sciences de la Terre, tourné vers plus d’investissements dans les infrastructures (à la fois d’observation de la Terre, mais aussi de calculs et de traitement des données), vers le renforcement des capacités traditionnelles de géosciences (géologie, géochimie et géophysique), vers une formation améliorée de la discipline (intégrant des compétences en mathématiques, programmation, et traitement de données), et vers plus de collaborations intra- ou transdisciplinaires.

Les recommandations du groupe d’experts pour les sciences de la Terre sont :

  • Un soutien fort du gouvernement pour le développement d’infrastructures, dont :
    • Un réseau d’éléments d’observation de la terre allant de détecteurs tomographiques d’analyse souterraine aux images satellitaires
    • Le maintien et l’amélioration des capacités des supercalculateurs
    • La coordination de l’acquisition de données menée par des campagnes d’enquêtes géologiques et par Geoscience Australia
    • La mise en place d’une banque de données issues de la recherche incluant un laboratoire national de gestion du système d’information pour vérifier la provenance et l’intégrité des données.
    • Le développement d’une Initiative Nationale de Forage (National Drilling Initiative)
    • Le maintien de l’Australie dans le programme International de Découverte de l’Océan (International Ocean Discovery Program)
  • Un soutien continu du gouvernement pour la Stratégie Nationale pour les Infrastructures de Recherche Collaborative (National Collaborative Research Infrastructure Strategy –NCRIS) en particulier AuScope (organisme de promotion des sciences de la Terre australiennes à l’international), Le Réseau de Recherche sur les Ecosystèmes Terrestres (Terrestrial Ecosystem Research Network), ainsi que les infrastructures de calcul, de données biologiques, de microscopie et microanalyse et le synchrotron.
  • Un agenda de recherche stratégique conduisant à une meilleure capacité de prédiction des sciences de la Terre australiennes
  • Un soutien important du gouvernement et de la société pour l’initiative UNCOVER
  • L’augmentation du nombre de Centres de Recherche Collaborative et de Centres d’Excellence tournés vers l’amélioration des capacités de prédiction des sciences de la Terre australiennes
  • Une sensibilisation à grande échelle des Australiens, en particulier des jeunes, aux sciences de la Terre
  • L’amélioration des capacités traditionnelles de géosciences (géologie, géochimie et géophysique) et l’accroissement du nombre d’étudiants dans la filière des sciences de la Terre
  • L’amélioration des moyens de simulation et de modélisation tournés vers les capacités de prédiction
  • La sensibilisation des physiciens, chimistes, mathématiciens, et programmateurs aux opportunités de carrières en sciences de la Terre
  • La sensibilisation au sein des autres disciplines des compétences fournies par une formation en sciences de la Terre pour la gestion de données massives et complexes, ou de systèmes non contraints sur de grandes échelles dans le temps et l’espace
  • Une coordination stratégique qui dirige à la fois la recherche et l’industrie

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