Les femmes en sciences

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Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
25 octobre 2018

L’Académie des Science Australienne appelle à participer à une étude nationale sur les obstacles qui empêchent la participation, le maintien, et le succès des femmes ou des jeunes filles dans les domaines Scientifiques, Technologiques, Ingénieurs et Mathématiques (STEM). Cette étude participera à l’élaboration d’une feuille de route sur 10 ans développée à la demande du gouvernement fédéral, ayant pour objectif l’augmentation de l’engagement et de la participation des filles et des femmes dans les filières STEM.

La directrice générale de l’Académie des Sciences, Anna-Maria Arabia, souligne que les femmes sont défavorisées à chaque étape de leur carrière dans les milieux STEM, en raison d’une gamme de facteurs tels que les stéréotypes, la discrimination, ou l’héritage culturel et structurel des lieux de travail. Certains de ces facteurs se manifestent dès l’école. « L’Australie a encore du chemin à faire pour atteindre l’équité des opportunités de formations et de carrières pour les filles et les femmes dans les filières STEM », dit-elle.

Le système d’éducation australien souffre en effet d’un déclin d’intérêt des élèves pour les STEM dès l’école primaire, et en particulier chez les jeunes filles. Au primaire et secondaire, l’image du scientifique à travers le monde est invariablement celle d’un homme, et les métiers découlant des compétences en STEM sont perçus comme incompatibles avec l’équilibre travail-vie privée dont les femmes auraient plus besoin que les hommes. Enfin, la croyance que les hommes sont meilleurs que les femmes en mathématiques et en sciences est un stéréotype persistant et faux. Tous ces stéréotypes sont consciemment ou non renforcés dans les familles ou les médias. L’écart se renforce à l’université où seulement un étudiant sur 5 est une femme dans les filières STEM. Enfin, si la moitié des doctorants de STEM australiens sont des femmes, peu poursuivent leurs carrières académiques jusqu’à devenir professeurs, et une plus faible proportion de femmes que d’hommes candidatent aux subventions de recherche et voient leurs recherches financées. La situation est pire dans le privé, où les femmes quittent plus rapidement leurs postes en raison du manque d’opportunités de promotion.

Des problèmes sociétaux non spécifiques aux filières STEM s’ajoutent à cela. La commission australienne des droits de l’homme a révélé que la moitié des femmes souffrent de discrimination au travail lors d’une grossesse, 27% des partenaires souffrent de discrimination liée à un congé parental, même de courte période, et 18% des femmes ne retrouvent pas leur poste dans les mêmes conditions qu’avant leur congé (restructuration, perte de responsabilités, de salaire, ou renvoi). Les femmes qui choisissent de prendre des congés sabbatiques ou de travailler à mi-temps sont également désavantagées par une carrière discontinue. De plus, en Australie en 2016, on compte 21% des étudiants universitaires victimes de harcèlement sexuel, les femmes restant les premières victimes (presque deux fois plus souvent que les hommes). Enfin, les femmes cherchant à créer leur entreprise ont plus de difficultés que les hommes pour trouver des financements (51.3% des femmes contre 18% des hommes).

Sur ces bases de réflexion, les questions qui émergent sont celles des changements sociétaux nécessaires pour encourager les femmes à étudier dans les filières STEM, et leur offrir des conditions de travail, de reconnaissance et d’évolution de carrière justes.

La feuille de route devrait donner au pays une stratégie pour y arriver, et les contributions de la part d’individus ou d’organisations gouvernementales, industrielles, de recherche, à but non lucratif ou médiatiques, à travers toute l’Australie, devraient fournir une base de réflexion essentielle.

Les objectifs recherchés sont :

l’amélioration pérenne de l’équité des genres dans les filières STEM,
des opportunités plus importantes pour les filles et les femmes d’acquérir des compétences de STEM et de participer à des carrières au sein de ces filières,
des bénéfices plus importants aux entreprises et à la société, résultant d’un meilleur accès aux compétences STEM et à une plus grande diversité des professionnels de ces filières.

Lire le rapport de l’Académie Australienne des Sciences

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