Le CSIRO en France

Australie

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Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
8 mai 2018

Le CSIRO, la plus importante agence de recherche gouvernementale australienne, dispose de nombreuses collaborations à fort potentiel avec la France, et en 2017, 119 missions de chercheurs du CSIRO ont été effectuées à destination de la France.

En étudiant les publications conjointes de l’organisation australienne avec un partenaire français, les thématiques qui reviennent le plus souvent sont l’astronomie-astrophysique (19%), la météorologie et science atmosphérique (13%), la science environnementale (13%) et l’écologie (12%).

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Les thématiques de recherche conjointe les plus fréquentes

Les partenaires français les plus fréquents sont le CNRS, avec 60% des publications conjointes, puis l’Université de Paris-Saclay (27%), le CEA (20%), et l’IRD et l’INRA avec 17% des publications conjointes. Les pourcentages ne sont pas additifs puisque chaque publication peut être attribuée à plusieurs institutions, et, par exemple, l’ensemble des universités françaises co-signent 55% de ces publications.

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Les partenaires français du CSIRO les plus fréquents

Par grandes thématiques scientifiques, les projets conjoints du CSIRO avec un ou plusieurs partenaires français révèlent des centres d’intérêts communs.

  • Astronomie et astrophysique :
  1. Le CSIRO travaille avec le CNRS en radioastronomie, notamment avec l’Australian Square Kilometre Array Pathfinder (ASKAP) qui capte des images radio de l’espace avec une grande précision, mais également, dans le projet européen H2020 AENEAS pour la mise en place du Square Kilometre Array (SKA). Les deux institutions de recherche se retrouvent aussi dans les grandes collaborations internationales telles que celles pour la détection des ondes gravitationnelles (LIGO, VIRGO), ou en cosmologie (PLANCK)…
  2. Le Data 61, groupe d’innovation du CSIRO pour la gestion de données, collabore depuis longtemps avec l’Institut de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE) au travers de cotutelles et d’échanges de chercheurs.
  3. Enfin, le CSIRO a accueilli les équipes du CNES lors de la campagne de lancement de ballons stratosphériques PILOT en avril 2017 dans le désert d’Alice Springs.
  • Océanographie :

L’étude de l’océan antarctique est un domaine important où se rejoignent l’Australie et la France.

  1. Des études de l’impact de l’absorption du carbone sur la biologie et l’écosystème marin antarctique réunissent le CSIRO, le CNRS, l’Université de Paris, le CNES et le laboratoire Arago. De plus une collaboration existe autour des instruments et données embarqués sur le navire français antarctique Astrolabe.
  2. Le CSIRO, sans être membre du consortium, est partenaire du projet européen H2020 ODIP, qui établit et opère une plateforme de donnée sur les océans. Les partenaires français de ce projet sont l’IFREMER et l’IEEE France Section.
  3. Enfin, des collaborations sont en place sur le programme Bio-Argo de mesure des propriétés bio-optiques et biogéochimiques de l’océan Indien, avec l’IFREMER, le CSIRO, le laboratoire d’Océanographie de Villefranche du CNRS, l’Institut National Indien d’Océanographie et le Centre National Indien pour les Services d’Information Océanographique. Ce programme fait partie du programme international d’observation des océans GOOS (Global Ocean Observing System)
  • Agriculture et alimentation :

Agriculture et alimentation sont des domaines d’activité incontournables du CSIRO, qui y développe de nombreux liens avec le secteur privé.

  1. En 2016, le CSIRO a obtenu un financement du gouvernement fédéral australien au travers du programme de financement promouvant les liens internationaux (Global Connections Fund) pour travailler avec l’entreprise française HIPHEN SAS afin de développer des drones pour la détection thermique et multi-spectrale en agriculture. Les données collectées permettront une agriculture de précision pour l’irrigation des champs de sucre et de coton dans un premier temps, de fruits et de légumes par la suite.
  2. Le CSIRO et le Centre Australien de Génomique Fonctionnelle des Plantes (Australian Centre for Plant Fonctional Genomics) travaillent avec l’entreprise française Vilmorin & Cie pour commercialiser un blé peu consommateur d’azote. La licence de Vilmorin & Cie, débutée en avril 2012, rassemble les principaux groupes de recherche australiens sur le blé et la plus grande entreprise européenne de grains de blé.
  3. Une collaboration de longue date existe également entre le CSIRO et le Groupe Limagrain sur les protéines et l’amidon du blé. Une spin-off est née en 2007, avec le Groupe Limagrain, le Grains Research and Development Corporation et le CSIRO, pour commercialiser du blé de haute teneur en amylase, meilleur pour la santé. Cette nouvelle entreprise, Arista Cereal Technologies Pty Ltd, a obtenu la preuve de concept et signé une licence commerciale aux Etats-Unis.

Le CSIRO participe à deux projets européens H2020 dans le secteur de l’agriculture :

  1. Le projet EPPN2020 consiste à mettre en place un large éventail d’équipements européens de pointe et de techniques de détermination du phénotype des plantes. Les acteurs franco-australiens qui participent à ce projet sont le CSIRO, l’INRA et ASA Advanced Solutions Accelerator.
  2. Le projet VetBioNet s’intéresse aux maladies infectieuses chez les animaux et aux épizooties, maladies frappant la totalité d’une espèce animale ou d’un groupe d’espèces. Les acteurs franco-australiens qui participent à ce projet sont le CSIRO, l’INRA et l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail.

Dans la région Pacifique, le CSIRO a plusieurs collaborations avec des partenaires français dans le secteur de l’agriculture et de l’alimentation.

  1. L’agence travaille en effet sur la sélection des récoltes et la science alimentaire avec l’INRA, le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier (ENSAM). L’organisation participe notamment au réseau local autour de l’océan Indien ARCHE_Net qui étudie des stratégies pour gérer l’adaptation des systèmes d’élevage de ruminants aux changements agro-écologiques et socio-économiques.
  2. Le CSIRO collabore également avec le CNRS dans la région Pacifique sur un projet financé par le département australien des affaires étrangères et du commerce concernant le manioc.
  3. Enfin, l’agence joue un rôle consultatif concernant le projet WHEALBI pour l’amélioration des sélections de blé et d’orge mené par l’INRA, et concernant le projet SUCCESS pour une gestion durable et compétitive du secteur alimentaire marin, mené par l’université de Bretagne Occidentale.
  • Nouvelles Technologies :

Le CSIRO participe à deux projets H2020 dans le domaine de l’ingénierie et des nouvelles technologies :

  1. Le projet STAGE-STE de développement des technologies de l’énergie solaire thermique, aux côté du CNRS, du CEA et d’Areva Renouvelables SAS.
  2. Le projet bIoTope de développement des objets connectés (Internet of Thing) au travers d’un système permettant de communiquer ouvertement entre plateformes, objets, applications et services. Ce projet rassemble comme acteurs franco-australiens le CSIRO, Opendatasoft, City Zen Data et la Métropole de Lyon.
  • Environnement et écologie :
  1. Le CSIRO et le CNRS sont partenaires dans deux projets financés par le Belmont Forum. L’un forme un réseau d’étude des scénarii de biodiversité et de service des écosystèmes, et l’autre concerne la modélisation et la viabilité écologique et économique des scénarii de pratiques de pêche.
  2. L’agence participe également au projet européen H2020 MESOPP d’étude de la dynamique de l’écosystème marin de l’océan antarctique, depuis ses caractéristiques physiques jusqu’au rôle des grands prédateurs, dans le contexte du changement climatique.
  3. L’organisation a de plus un laboratoire européen sur le Campus d’Agropolis International, près de Montpellier, qui conduit des recherches en biosécurité (lutte biologique contre les plantes invasives et les ravageurs australiens d’origine européenne).
  • Santé
  1. Dans le secteur de la santé et des sciences médicales, le CSIRO collabore avec le CNRS (laboratoire d’informatique, de Modélisation et d’Optimisation des Systèmes-LIMOS) sur l’étude de biomarqueurs pour la maladie d’Alzheimer.

L’agence participe aussi à deux projets H2020 en santé :

  1. Le projet MyNewGut pour l’étude de l’influence du microbiote (ensemble des espèces microscopiques vivant chez un individu) sur l’équilibre énergétique et le développement du cerveau afin de comprendre les maladies et troubles comportementaux liés à l’alimentation. Ce projet rassemble comme acteurs franco-australiens le CSIRO, l’INRA, Cargill Haubourdin SAS et Lallemand SAS.
  2. Le projet EVAg - European Virus Archive Goes Gobal pour la collection, caractérisation, standardisation, authentification, et suivi des virus des mammifères ou des virus exotiques. Ce projet rassemble comme acteurs franco-australiens le CSIRO, l’INSERM, l’Institut Pasteur et l’Université d’Aix Marseille.

L’étude de ces collaborations révèle l’intérêt croissant de l’Australie dans les domaines de l’astronomie et de l’astrophysique, ainsi que des nouvelles technologiques à forte capacité d’innovation. Elle montre aussi que les secteurs de l’océanographie et de l’environnement restent des secteurs d’intérêt primordial pour les deux pays. Enfin, elle confirme l’expertise franco-australienne dans les domaines de la santé, l’agriculture et l’alimentation.

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