Le « Climate solution package »

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26 mars 2019

Fin février 2019, le gouvernement australien a annoncé un investissement de 3,5 milliards de dollars australiens visant à trouver des solutions au changement climatique, le « Climate solution package ». Plusieurs volets de ce ‘package’ sont censés répondre à l’engagement de l’Australie lors des Accords de Paris :

  • Le gouvernement double ses investissements climatiques, avec 2 milliards de dollars dans un Fonds pour des Solutions Climatiques (Climate Solutions Fund), chargé de réduire les émissions de gaz à effet de serre via le mécanisme déjà existant du Fonds de Réduction des Emissions, ou ‘Emissions Reduction Fund’ (ERF). Ce mécanisme, qui a remplacé la taxe carbone en 2014, fonctionne comme une vente aux enchères inversée : les enchérisseurs proposent un projet de réduction d’émissions au plus bas prix possible (par MCO2-e). Le gouvernement fédéral est le seul acheteur (avec l’argent des impôts et non un financement du secteur privé pour un crédit-carbone). Cependant, depuis sa mise en place, ce fond a majoritairement servi à éviter la déforestation, ou à restaurer la végétation, à gérer le carbone du sol ou les feux de forêt. Dans une bien moindre mesure, l’ERF a financé des activités de réduction des émissions industrielles ou d’amélioration de l’efficacité énergétique ou de transport. La grande faille de ce système est que 80% des émissions australiennes viennent de la consommation d’énergie fossile, tandis que 80% de son financement va vers les activités de séquestration du carbone.
  • Outre ce Climate Solutions Fund, l’Australie va financer le projet ‘Batterie d’une Nation’ qui devrait permettre l’expansion des infrastructures de pompage hydraulique à la fois dans les Snowy Mountains avec le projet Snowy 2.0, mais aussi en Tasmanie, où les capacités devraient plus que doubler, et où une interconnexion supplémentaire de 1200 MegaWatt avec l’état du Victoria devrait être mise en place. Le principe du pompage hydraulique est le même que celui de la production électrique hydraulique : l’eau s’écoulant d’un barrage actionne des turbines qui génèrent de l’électricité. Mais pour le pompage hydraulique, deux barrages sont mis en place, offrant la possibilité de pomper l’eau du second barrage vers le premier, lorsque la demande est faible en électricité et que les prix sont bas. L’énergie potentielle de l’eau peut ainsi être stockée pour les pics de consommation, permettant une production électrique plus flexible, et augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.
  • Une stratégie nationale pour la transition vers des véhicules électriques devrait permettre de planifier le réseau électrique et les infrastructures de recharge des véhicules en tenant compte des futures demandes, mais aussi de coordonner cette transition auprès des états, des industries, et des communautés urbaines et régionales. Cette stratégie devrait être soutenue par des subventions de l’Agence Australienne pour l’Energie Renouvelable, ‘Australian Renewable Energy Agency’ (ARENA), et par des financements de la banque verte, la Clean Energy Finance Corporation.
  • D’autres mesures sont prévues, telles que l’instauration de standards énergétiques sur la construction et la rénovation de bâtiments, des standards et des étiquetages sur les équipements, en particulier les chauffages, la sensibilisation des consommateurs sur l’entretien de leurs appareils de climatisation et de réfrigération, l’amélioration de la qualité du pétrole, ou encore le soutien aux technologies innovantes améliorant l’efficacité énergétique…

Plus d’informations sur le site du département de l’environnement

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