La stratégie australienne internationale pour le numérique

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Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Sciences et technologies de l’information et de la communication : TIC, télécoms, micro-nanotechnologies, informatique
28 novembre 2017

La révolution digitale offre des possibilités économiques prometteuses, en connectant entre eux les différents acteurs d’une chaîne de production, ou en ouvrant un accès direct sur le marché mondial pour les consommateurs et le secteur privé. L’Australie veut donc faciliter les échanges commerciaux digitaux, mais dans le même temps, définir les règles nationales et internationales de conduite et de protection des usagers, aborder la problématique de la gouvernance, développer son équipement en technologies digitales, et être à la pointe en matière de cyber-sécurité.

En octobre 2017, le pays a mis au point une stratégie donnant la direction à suivre pour l’ensemble du domaine numérique.

Cette stratégie est portée par différents axes :
1. Le commerce numérique :
Cette stratégie, établie par le gouvernement australien, vise à construire un environnement propice au commerce numérique grâce à des accords de commerce permettant un meilleur accès au marché mondial, ainsi qu’une régulation plus sûre du commerce digital. En ce sens, le pays a intégré un chapitre concernant le commerce digital dans 10 de ses 11 accords de libre-échange. L’Australie s’engage également à participer activement au sein de l’OMC, l’OCDE, l’APEC et le G20 afin de défendre l’harmonisation des standards du numérique (en particulier dans la région indopacifique), mais aussi la mise en place de mesures facilitant les échanges, la coopération en matière de réglementation des échanges bilatéraux, ainsi que la transparence et la cohérence de ces réglementations nationales et internationales. La stratégie australienne vise également à promouvoir internationalement ses biens et services numériques. Un guide stratégique pratique pour aider les compagnies australiennes du secteur numérique à s’exporter, sera rédigé avec la consultation d’industriels, ainsi qu’une stratégie propre au développement national de l’économie numérique.
2. La cyber-sécurité :
La cyber-sécurité constitue le fondement de l’ensemble du secteur numérique, et l’Australie entend maintenir et étendre des relations de confiance avec ses partenaires internationaux dans ce domaine. L’Australian Cyber Security Centre, et les Computer Emergency Response Teams travaillent déjà en ce sens, par le biais d’échanges d’informations sécuritaires au sein d’un réseau de partenaires permettant de répondre plus efficacement aux incidents. L’Australie cherche également à encourager l’innovation dans le domaine des solutions pour la cyber-sécurité et à se placer parmi les références mondiales afin de promouvoir ses standards de sécurité, notamment par le biais de Standard Australia qui développe des technologies de sécurité numérique. Le pays cherche enfin à développer la capacité en matière de cyber-sécurité dans la région Pacifique.
3. La cybercriminalité :
L’Australie prône une prévention plus forte de la cybercriminalité, à l’aide d’un système judiciaire et d’une coopération plus efficaces, en particulier dans la région Indopacifique. Sa stratégie l’engage à mettre en place des plans de sensibilisation, tels que le Cyber Safety Pasifika mené par la police fédérale australienne dans les pays insulaires du Pacifique. Au travers de son soutien au Pacific Islands Law Officers’Network et au Global Action on Cybercrime Extended du Conseil de l’Europe, l’Australie souhaite aider la région indopacifique à intégrer la convention de Budapest contre la cybercriminalité, afin d’harmoniser les législations entre différents pays et de faciliter la coopération internationale. L’Australie propose également de mettre en place, en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et le Conseil de l’Europe, des formations aux juges et enquêteurs sur les enjeux de cybercriminalité. Enfin, le pays s’engage à améliorer le dialogue diplomatique et le partage des informations internationales sur la cybercriminalité, et cet enjeu a été porté dans l’agenda de coopération auprès de ses partenaires internationaux (Chine, Asie, Iles Pacifiques…).
4. Sécurité internationale et espace numérique :
La règlementation et les principes du droit international s’appliquent dans l’espace numérique, mais doivent être clarifiés et adaptés à des technologies en constante évolution. L’Australie réaffirme son soutien à la charte des Nations Unies, et souligne également l’importance des rapports de son groupe d’experts sur les développements dans le domaine des technologies de l’information et de la communication dans le contexte de la sécurité internationale, ainsi que des Tallinn Manuals. Le pays souhaite fixer un code de conduite pour les Etats dans l’espace numérique, notamment au travers de normes, mais aussi renforcer les mesures de réduction des risques en créant des liens de confiance autour d’organismes tels que le groupe d’experts des Nations Unis, le Forum régional de l’AESAN ou l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Enfin, le pays s’engage à développer ses capacités de dissuasion et de répression des comportements inacceptables dans l’espace numérique, et à mener une action diplomatique pour soutenir une coopération internationale prônant la sécurité et la stabilité.
5. La gouvernance du réseau internet et la coopération :
L’Australie défend un réseau internet ouvert, libre et sécurisé, qui reposerait sur une gestion horizontale et inclusive, fondée sur le consensus, la transparence et la responsabilité. Elle entend pour cela, renforcer la coopération entre les acteurs nationaux, et favoriser la libre concurrence sur le réseau internet. Le pays affirme son opposition à une gestion du réseau basée sur un modèle de type gouvernemental ou onusien, mais préfère une gouvernance multi-acteur incluant le secteur privé, académique, technique et la société civile. L’Australie veut sensibiliser la région indopacifique aux enjeux de gouvernance du réseau, et l’encourager à prendre part aux discussions sur ce sujet.
6. Les droits de l’homme et la démocratie en ligne :
L’Australie veut défendre les Droits de l’Homme et les processus démocratiques en ligne contre les actions qui les restreignent (influences, intimidations, censures, coupures du réseau internet…). Le pays a fait de la liberté d’expression un argument fort de sa candidature au Conseil des Droits de l’Homme pour 2018, et sa position sur ce thème appliqué à l’espace numérique se fait valoir par sa contribution, notamment à la Coalition Liberté en Ligne. Le gouvernement australien soutient les organisations non-gouvernementales qui défendent les droits de l’Homme en ligne, et souhaite voir assurer le respect de ces droits dans les programmes d’aide au développement nationaux ou non gouvernementaux utilisant des technologies digitales.
7. La technologie pour le développement
Le gouvernement australien souhaite améliorer la connexion et l’accès internet de la région indopacifique en collaborant avec les organisations internationales, régionales et avec le secteur privé. Il apporte ainsi un soutien financier et une expertise technique dans l’installation de câbles de fibres optiques sous-marins entre Samoa et Fidji. Le pays encourage également le développement des technologies permettant l’e-gouvernance et les services numériques telles que l’initiative Tupaïa facilitant l’information médicale dans les îles pacifiques. Enfin, l’Australie soutient l’entrepreneuriat et les compétences dans le secteur du numérique, ainsi que leur intégration dans le marché mondial, avec des programmes tels que le CSIRO ON Prime Accelerator Program, qui facilite la transition des résultats de la recherche vers des technologies nouvelles.

L’Australie cherche à se placer à l’avant-garde des questions de cyber-sécurité, en poussant son agenda de coopération internationale dans ce domaine, mais aussi en soutenant le développement de technologies nouvelles et compétitives, en particulier dans le domaine de la cyber-sécurité. La ministre des affaires étrangères, Julie Bishop a présenté cette stratégie le 4 octobre 2017 devant une audience d’agences, d’experts et d’entreprises. Selon ses propos, le numérique tiendra une place importante dans le prochain livre blanc de politique étrangère.

Ces développements offrent des opportunités stratégiques potentielles d’importance pour la coopération de science et technologie. Le poste invite les acteurs français de recherche, notamment l’INRIA, à identifier la pertinence de possibles actions exploratoires à conduire.

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