Améliorer les partenariats industries-établissements scolaires pour favoriser les filières scientifiques, technologiques, ingénieures et mathématiques 

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Australie | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
8 mai 2018

Le Comité pour l’éducation du COAG (Council of Australian Governments), qui rassemble des membres du gouvernement fédéral, des Etats et Territoires australiens et des représentants de l’Association Australienne des Gouvernements Municipaux (Australian Local Government Association) a mis en place en 2017 le STEM Partnerships Forum, constitué de représentants industriels, et de membres importants du secteur éducatif, afin d’enquêter sur les opportunités de partenariats entre industrie et système éducatif avec l’objectif d’améliorer l’éducation des STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) en Australie.

Ce Forum a édité ses recommandations en avril 2018, dans son rapport intitulé : Optimising STEM Industry-School Partnerships : Inspiring Australia’s Next Generation. Ce rapport souligne différents champs dans lesquels le secteur industriel pourrait intervenir dans le système éducatif australien.

Le constat de départ est celui du déclin de l’engagement et des performances des jeunes dans les filières STEM, alors que le besoin de compétences augmente dans ces domaines. Ceci est particulièrement vrai en Australie chez les filles, les élèves issus de milieux défavorisés, les Aborigènes, les habitants des Iles Torres Strait, et les élèves de zones rurales ou isolées.
Ce déclin pourrait être en partie dû au système ATAR de classement australien des élèves à la fin du secondaire, qui encourage les élèves à choisir des filières moins exigeantes que les STEM pour s’assurer un bon classement ; ou à l’érosion des prérequis en mathématiques et en sciences lors de l’inscription en Université.

Trois chantiers semblent prioritaires : la formation professionnelle des enseignants, la visibilité des opportunités offertes pour les carrières en STEM, et une meilleure compréhension de l’impact et des résultats des partenariats industrie-école en STEM.

  • La formation professionnelle des enseignants :

Les secteurs industriels et éducatifs s’entendent pour reconnaître le rôle pédagogique central des enseignants et des principaux auprès des élèves. Cependant, la question de la formation professionnelle des enseignants dans les domaines des STEM est au cœur de la réflexion, puisque ces domaines sont en évolution constante et rapide. Le rapport constate que des exigences nationales minimales sont nécessaires pour assurer un niveau adapté des enseignants, comprenant des impératifs sur leur formation initiale, ainsi que des formations régulières spécifiques à leur discipline, dispensées par une université ou une institution TAFE (technical and further education, institutions spécialisées dans les cours de formation professionnelle). Dans ce domaine, le secteur industriel pourrait aider au développement de ressources actualisées de qualité pour la formation des enseignants et l’information des élèves. Ces ressources devraient être accessibles aux enseignants non qualifiés dans la discipline, ainsi qu’aux écoles des zones rurales et isolées, ayant un accès internet limité ; et s’attacheraient à refléter les développements émergents et à montrer la façon dont les compétences en STEM sont mise en œuvre dans le monde du travail.

Le cas particulier des enseignants de filières professionnelles est également évoqué dans ce rapport, qui rappelle que les enseignants de ces filières ont paradoxalement des impératifs trop exigeants pour maintenir leur accréditation, avec en particulier une mise à niveau régulière de leurs compétences et connaissances industrielles. Là encore, le secteur de l’industrie pourrait collaborer avec les écoles en proposant à ces enseignants des stages en entreprises ou des formations.

  • La visibilité des opportunités de carrière offertes par les filières STEM :

Le rapport déclare que si les élèves se désintéressent des filières STEM, c’est parce qu’ils ne voient pas le lien qu’ont les Sciences, Technologies, Ingénieries et Mathématiques avec la carrière qu’ils souhaitent. Le secteur industriel peut jouer un rôle important en montrant des exemples de carrières et de métiers issus des filières STEM, en soulignant que ces compétences peuvent aider à résoudre des problèmes concrets, et en informant les élèves des évolutions sur le marché du travail.

De grands partenariats industrie-école se mettent en place, sous la direction du gouvernement, les P-Tech (Pathways in Technology ou passage vers la technologie), et des écoles technologiques voient également le jour dans le Victoria ou le Queensland. Ces projets permettent aux élèves du secondaire de bénéficier d’un encadrement spécifique, de visites d’industries, mais aussi de l’apprentissage par la participation à des projets concrets.

  • Une meilleure compréhension de l’impact et des résultats des partenariats industrie-école en STEM :

Un certain nombre de partenariats industrie-écoles ont permis au comité d’identifier les paramètres qui aident au succès de telles associations. La définition claire des objectifs, la planification du projet, sa pérennité et flexibilité ainsi que l’implication de ses partenaires sont des critères importants à mettre en place. Il existe cependant peu de ressources auxquelles se référer pour l’établissement de partenariats industrie-école, et le comité préconise l’établissement d’une plateforme en ligne rassemblant les meilleurs exemples et ressources pour aider établissements scolaires et industries dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs partenariats.

L’évaluation de l’impact et des résultats de ces partenariats est essentielle afin de comprendre ce qui fonctionne et devrait être développé à une plus grande échelle. Le suivi individuel du cursus scolaire de tous les élèves sur plusieurs années devrait également permettre de cerner l’impact des programmes sur les résultats scolaires. Enfin, l’industrie est bien placée pour appréhender les futurs besoins du marché du travail

Recommandations :

  1. Le comité recommande de travailler à une meilleure compréhension des futurs besoins du marché du travail, ses lacunes, et les compétences nécessaires et valorisées. Cette étude en collaboration avec les gouvernements et les industries permettra de mieux cerner la contribution des employeurs sur la formation des élèves et les besoins en compétences entrepreneuriales, numériques et dans les différents domaines des STEM.
  1. Le comité pour l’éducation devrait revoir le système de classement des élèves du secondaire (ATAR) afin que ce système incite les jeunes à choisir les filières avancées, et étudier l’impact sur l’enseignement du manque de prérequis en mathématiques à l’université.
  1. Le comité pour l’éducation devrait instaurer des exigences nationales minimales sur la formation des enseignants, incluant des formations professionnelles pertinentes sur les disciplines spécifiques dispensées par un organisme accrédité.
  1. Le système éducatif devrait soutenir les initiatives de partenariats avec l’industrie et d’autres partenaires visant à développer et mettre en œuvre des ressources et des pratiques pédagogiques en mathématiques, sciences et technologies.
  1. Le système éducatif devrait collaborer avec les industries pour aider les enseignants de filières professionnelles à maintenir leur accréditation en leur proposant des stages ou des formations.
  1. Le gouvernement et le secteur industriel devraient collaborer pour augmenter la visibilité des opportunités de carrières offertes dans les filières STEM, afin d’inspirer les élèves, en particulier les catégories d’élèves sous-représentés dans ces filières.
  1. Le comité pour l’éducation devrait promouvoir les modèles de partenariats industrie-école qui fonctionnent, ainsi que les paramètres importants pour la réussite des projets (flexibilité du projet, contact unique de l’industrie pour plusieurs écoles, formation intégrée des enseignants, contexte concret, et alignement du programme avec le curriculum australien)
  1. Une plateforme nationale de ressources en ligne et d’outils devraient être mise à la disposition des établissements scolaires et des industries pour soutenir la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs projets de partenariats.
  1. Le comité pour l’éducation devrait introduire d’ici à 2020 un suivi individuel du cursus scolaire (national lifelong Unique Student Identifier), donnant une possibilité d’analyse des parcours scolaires tout en préservant la confidentialité des informations.
  1. Le Comité pour l’éducation devrait accélérer l’effort de collaboration, au travers de la Stratégie pour l’Education en STEM de l’Education Nationale, avec la mise en place de rapports nationaux rendant compte de l’évolution du système éducatif sur un panel d’indicateurs STEM, contenant par exemple la participation et réalisations en filières STEM, les inscriptions en filières professionnelles, les taux de réussite aux diplômes et à l’embauche…

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