La « 3-Donor », bio-imprimante 3D argentine génératrice de tissus

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Argentine | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
5 septembre 2016

Une entreprise de biotech argentine « Life Soluciones Integrales » développe le premier prototype commercial de bio-imprimante 3D. Le laboratoire Lab3bio de l’UNSAM l’adopte pour développer ses recherches sur l’amélioration des mécanismes de régénération des tissus de la peau.

La bio-impression est en plein développement, y compris en Argentine. Ce type de technologie, pour l’instant exploité dans un cadre expérimental, pourrait bientôt servir pour des essais médicaux.

Illust: Processus de bio-imp, 37.8 ko, 418x356
Processus de bio-impression 3D – crédits : imprimer en 3D

Le laboratoire Lab3bio (Laboratorio de Biomateriales, Biomecánica y Bioinstrumentación) de l’Université Nationale de San Martín (UNSAM), dirigé par la docteure Elida Hermida, chercheuse du Conicet experte en ingénierie biomédicale, abrite le premier modèle commercial de bio-imprimante 3D entièrement confectionné en Argentine : la « 3-Donor ». Ce prototype a été conçu et fabriqué (hardware comme software) par les co-fondateurs de l’entreprise argentine « Life Soluciones Integrales » : Adén Díaz Nocera (24 ans) et Gastón Galarnik (31 ans). Il a reçu le premier prix du concours BIOTEC+75K organisé par l’UNSAM et la Chambre Argentine de Biotechnologie en 2015.

Il s’agit d’une imprimante 3D capable de produire du tissu humain pour réparer des lésions de la peau.
L’objectif, à moyen terme, explique Elida Hermida, est de fabriquer des membranes de tissu adaptées à chaque patient afin de guérir coupures, brûlures, escarres et ulcères causés par le diabète.
En effet, au-delà de 5cm de diamètre, le corps n’est pas capable de reconstituer la peau pour refermer la blessure. Pour réparer les tissus endommagés, les médecins recourent actuellement à la greffe à partir de prélèvements sur le patient lui-même, sur un donneur ou sur un animal. Dans ces deux derniers cas, il existe un risque de rejet élevé.
Face à cette difficulté, la bio-impression constitue une solution prometteuse : à partir de cellules du patient, elle devrait permettre de produire des patchs de peau sur mesure et compatibles.
Cela permet d’envisager une accélération significative de la guérison, en particulier dans le cas de brûlures graves. Et une réduction du nombre d’opérations nécessaires.

Sur le plan technique, Nocera précise que les gels utilisés sont principalement d’origine biologique (comme le collagène, l’acide hyaluronique ou le chitosane), à la différence des imprimantes 3D traditionnelles qui recourent à des filaments plastiques. La texture de ces gels peut être modifiée par changement de température, par irradiation (aux rayons ultraviolets), ou par mélange avec d’autres matériaux, facilitant le processus d’impression et de synthèse des tissus.

Le prix de cette bio-imprimante constitue un autre de ses atouts : à US$7.000 pièce, elle défie la concurrence extérieure (prix d’une bio-imprimante produite à l’étranger : US$10.000).

Le défi suivant est la production d’organes humains. Des recherches sont actuellement en cours dans plusieurs laboratoires aux quatre coins du monde : notamment en Russie, où une équipe de chercheurs a réussi à répliquer des glandes thyroïdiennes, aux Etats-Unis et en France, entre autres.

Plus d’informations :

Sources  :

Rédactrice : Marie Salvan, marie.salvan[at]diplomatie.gouv.fr

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