Un nouveau rapport de l’académie allemande des sciences Leopoldina se positionne en faveur d’un prix du carbone

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Allemagne | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement
7 août 2019

Dans l’Accord de Paris sur le climat de 2015, l’Allemagne et la communauté mondiale se sont engagés à limiter à +2°C le réchauffement planétaire. Cet objectif ne peut être atteint que si les accords nationaux et internationaux sont respectés immédiatement. C’est pourquoi l’Académie nationale des sciences Leopoldina, dans sa déclaration ad hoc "Objectifs climat 2030 : options pour une réduction durable des émissions de CO₂" décrit des mesures immédiates pour protéger le climat tout en ayant un effet socialement acceptable et bénéfique pour l’innovation allemande.

La Leopoldina soutient l’instauration d’un prix uniforme et intersectoriel pour les émissions de gaz à effet de serre. Le prix initial du CO₂ doit être considérablement plus élevé que le prix actuel du système européen d’échange de quotas d’émission, qui s’élève actuellement à 25 euros/t CO₂. En outre, il devra augmenter progressivement dans les années à venir.

Dans la déclaration, il est souligné qu’un prix CO₂ n’est cependant pas suffisant pour atteindre les objectifs climatiques de 2030. Pour ce faire, les recettes provenant de la tarification de CO₂ devraient notamment être réinvesties de manière transparente dans les infrastructures à faible émission de carbone, dans la réduction du prix de l’électricité et dans une compensation sociale sous la forme d’un "dividende climatique". L’objectif est de créer des incitations en faveur d’une activité et d’un comportement économique respectueux du climat. Cela pourrait même se traduire par un gain financier pour les consommateurs, en particulier pour les groupes à faible revenu.

Une tarification efficace du CO₂ rendrait notamment plus probable une sortie anticipée du charbon, selon les auteurs de la déclaration. Les conditions préalables sont des investissements dans les énergies renouvelables, un réseau électrique moderne et dans les technologies de stockage. Dans le secteur des transports, qui représente environ 20 % des émissions de CO₂, la déclaration recommande l’électrification massive. Les transports publics locaux, les transports ferroviaires longue distance et le fret doivent, quant à eux, être considérablement développés et améliorés. Les auteurs recommandent par ailleurs que le transport aérien et maritime international s’emparent eux aussi de la tarification carbone CO₂ au moyen d’accords appropriés.

Les États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord sur des objectifs concrets et juridiquement contraignants pour 2020 et 2030 afin de limiter le changement climatique et ont défini des objectifs nationaux spécifiques pour certains domaines. Dans l’état actuel des choses, l’Allemagne n’atteindra pas les objectifs fixés pour 2020. Jusqu’à présent, le gouvernement fédéral a inclus diverses mesures dans le Plan de protection du climat 2050 et a défini des objectifs de réduction pour chaque secteur (diminution d’au moins 55 % d’ici 2030 au plus tard par rapport aux niveaux de 1990). Selon les scientifiques, la politique climatique nationale a maintenant besoin d’une stratégie de mise en œuvre plus cohérente, transparente et rapide. Elle doit donner aux citoyens, aux villes et aux régions rurales, ainsi qu’à l’économie dans son ensemble, une sécurité en matière de planification et mettre rapidement le cap sur le développement durable.


Source : Leopoldina, Pressemitteilung, „Klimaziele 2030 : Wege zu einer nachhaltigen Reduktion der CO2-Emissionen (2019)“, https://www.leopoldina.org/publikationen/detailansicht/publication/klimaziele-2030-wege-zu-einer-nachhaltigen-reduktion-der-co2-emissionen-2019/

Rédacteur : Fabien Baudelet, fabien.baudelet[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr

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