Des molécules efficaces découvertes contre le virus ZIKA

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République Tchèque

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République Tchèque | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
1er juillet 2016

Une équipe de chercheurs du Centre de biologie de l’Académie des Sciences de République tchèque (AVCR) à České Budějovice et de l’Institut de recherche vétérinaire de Brno ont découvert des molécules efficaces contre le virus Zika. Il s’agit de la première fois qu’une substance est identifiée comme capable de lutter contre cette maladie.

Le virus Zika se transmet par une piqûre d’un moustique contaminé. La zone géographique de propagation se situe principalement en Amérique latine. L’infection par le virus est comparable à celle de la dengue ou de la fièvre jaune. Elle peut être responsable de microcéphalies et autres complications neurologiques notamment chez les nouveau-nés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, jusqu’à quatre millions de personnes pourraient être contaminés dans les années à venir.

Daniel Růžek, chef du laboratoire d’arbovirologie du Centre de biologie de l’AVCR de České Budějovice, explique que les recherches de son équipe se sont réalisées sur quarante substances. Cinq se sont avérées avoir un impact réel sur le virus. Ces molécules ciblent le cycle de réplication du virus. Elles ne détruisent pas le virus mais bloquent sa prolifération permettant de stopper la contamination.

Son équipe de recherche travaille depuis plusieurs années sur le virus de l’encéphalite à tique. Des substances actives contre ce virus avaient déjà été identifiées. Le virus Zika étant très proche de celui de l’encéphalite, l’équipe a supposé que les mêmes molécules pourraient être efficaces. Cette hypothèse s’est avérée exacte.

Aujourd’hui, préparer un médicament à partir de ces résultats est la prochaine étape mais un long chemin reste à parcourir. De dix à quinze ans sont nécessaires tant les investissements financiers sont importants. Pour le moment, l’équipe de recherche connait désormais quelle est la substance qui fonctionne. Les résultats vont être proposés aux entreprises pharmaceutiques qui verront si elles trouvent un intérêt au lancement d‘essais cliniques.

Par ailleurs, le parasitologue Luděk Eyer, collègue de Daniel Růžek, explique que les molécules identifiées agissent pour le moment à l’échelle des cellules. La question est maintenant de savoir comment elles vont réagir au sein d’un organisme vivant. Leur administration chez l’Homme n’est pas possible dans la forme sous laquelle elles sont actives pour les cellules. Il sera nécessaire de les modifier chimiquement afin de les orienter directement vers les tissus ciblés.

Ces résultats sont salués par la communauté scientifique mondiale. L’équipe de recherche composée en grande partie de chercheurs de moins de trente-cinq ans va renforcer sa coopération avec l’Institut de chimie organique et de biochimie de l’ACVR à Prague ainsi qu’avec des scientifiques japonais en charge d’évaluer les mutations du virus et leurs possibles résistances aux substances utilisées.

Pour en savoir plus :

Centre de biologie de l’Académie des Sciences de République tchèque (AVCR) à České Budějovice
http://www.paru.cas.cz/cs/

Institut de recherche vétérinaire de Brno
http://www.vri.cz/

Source :

Communiqué de l’Académie des sciences tchèque (AVCR)

Rédacteur(s) : Clément DIOT