Projet Biosmart : la Norvège recherche sa bioéconomie

Partager
Norvège

Actualité
Norvège | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Science de la terre, de l’univers et de l’environnement : énergie, transports, espace, environnement | Chimie du végétal
16 mars 2016

Selon l’OCDE, la bioéconomie représentera le fil conducteur de l’économie européenne en 2055. En d’autres termes, l’accent sera mis sur la production et la transformation des ressources biologiques renouvelables de l’agriculture, de la sylviculture et de l’aquaculture marine, et la biomasse représentera la source principale de matières premières. Si l’on en croit les experts, nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle.

En cours d’étude

La Norvège dispose de grandes quantités de ressources biologiques renouvelables : près de la moitié du pays est couvert de forêts, et son espace maritime, 7 fois plus vaste que la superficie de ses terres, comprend notamment 103 000 kilomètres de côte riches de macroalgues. Le gouvernement norvégien élabore actuellement une stratégie nationale, qui vise à promouvoir l’innovation durable dans ce domaine et qui sera bâtie sur les travaux en cours de plusieurs centres de recherche au sein du projet Biosmart.

Illust: (crédits : Radek (...), 2.9 Mo, 4000x2670
(crédits : Radek Grzybowski)

« Dans le cadre du projet Biosmart, nous effectuerons une analyse sur le long terme pour identifier les acteurs qui joueront un rôle dans la bioéconomie à venir, et pour savoir où les diverses ressources seront trouvées », dit Magnar Forbord du Centre Norvégien pour la Recherche Rurale (Norsk Senter for Bygdeforskning).

« Afin que ces idées deviennent rentables, nous devons commencer à penser en termes de coordination et de clusters industrielles », ajoute Vibeke Stærkebye Nørstebø du SINTEF. « Une quantité incroyable de ressources marines et terrestres restent actuellement inexploités parce que personne ne facilite leur développement », dit-elle.

Ainsi, les objectifs du projet Biosmart sont les suivants :

  • effectuer une analyse prospective afin d’anticiper l’évolution jusqu’en 2030 de chaque secteur de la bioéconomie.
  • analyser la vision respective de chaque secteur en termes de liens et de conflits potentiels.
  • étudier les seuils d’acceptation au sein de la société dans son ensemble, les droits de propriété intellectuelle, les questions d’emplacements et de ressources, etc.

Une approche holistique

Pour ce faire, sur une période de trois ans (2015-2018), les chercheurs du Centre Norvégien pour la Recherche Rurale (porteur du projet), SINTEF, Nibio, NTNU et Norut, ainsi qu’un certain nombre d’instituts de recherche internationaux, vont travailler sur onze modules de travail et couvrir ainsi la plupart des aspects de la transition vers une bioéconomie. L’élément clé de ce projet est une enquête, actuellement en cours, auprès de 1500 entreprises des secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, da pisciculture, de l’industrie et des biosciences, pour connaître leur vision de l’avenir. A quoi utilisent-ils les ressources actuellement, et où prévoient-ils les opportunités de changement dans leur secteur ?

Lorsque toutes les données auront été recueillies, les chercheurs auront une carte des endroits où sont produites les ressources telles que les forêts, le maïs et les produits de la pêche, où se trouvent les personnes ayant le savoir-faire, et quel genre de produits il sera possible développer. Alors, il sera possible de développer des projets et des processus de fabrication qui intégreront l’économie, l’exploitation des ressources, et les niveaux d’expertise et d’acceptation au sein des communautés.

Illust: SINTEF a schématisé, 108.9 ko, 1403x992
SINTEF a schématisé comment un cluster peut agir. Les entreprises récupèrent les ressources naturelles de la proximité des terres, des forêts et de la mer, par les voies de transport les moins chers (crédits : SINTEF)

Orienter l’innovation

Wenche Dramstad, chercheuse principale au NIBIO (Institut Norvégien de Recherche sur la Bioéconomie), pense que le futur de la bioéconomie peut s’avérer similaire à l’histoire du pétrole. Soudain, quelqu’un découvre quelque chose de nouveau qui a des conséquences importantes pour la société :

« Tout à coup, quelqu’un craque un code… Mais quelle que soit l’innovation technologique en question, elle ciblera nos ressources naturelles qui potentiellement seront mises en péril. Il est plus sûr d’identifier nos ressources et de prendre soin d’elles, tout en exploitant le potentiel des innovations au profit de la planète et de nous-mêmes.

Nous essayons vraiment d’aider en constituant une base objective gigantesque pour les décideurs politiques », conclut Wenche Dramstad.

__

Agenda

Forum Bioéconomie organisé par BPIfrance et Innovation Norway : http://www.ffn-fns.fr/actualite/10_forum-bio-conomie-organis-par-bpifrance-et-innovation-norway.html
__

Plus d’informations

le site internet officiel du projet Biosmart : http://biosmart.no/en/

Sources
"Towards a bioeconomic future", actualité scientifique du centre de recherche SINTEF et de l’université NTNU, 23/11/2015 - http://gemini.no/en/2015/11/towards-a-bioeconomic-future/
"Store alger gir ny næring", article publié sur le journal en ligne forskning.no, 23/02/2016 - http://forskning.no/2016/02/store-alger-gir-ny-naering
"Jakter på Norges grønne Silicon", actualité du projet Biosmart, 04/02/2016 - Valleyhttp://biosmart.no/jakter-pa-norges-gronne-silicon-valley/

Rédacteur
Damien Clément, chargé de mission scientifique et universitaire en Norvège - dclement[at]france.no