Spécial CO2

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9 décembre 2016

Le sol de l’Arctique, une bombe climatique à retardement

Thomas Crowther, des Pays-Bas, et BO Elberling, du Danish Center for Permafrost (CENPERM), université de Copenhague, ont mené conjointement une étude sur le relargage du CO2 par le sol, publiée récemment dans Nature.

Le relargage du CO2 lorsque le sol se réchauffe n’est, en général, pas pris en compte dans les modélisations du climat, car le phénomène est mal connu et les données recueillies très variables d’un endroit à l’autre. Les deux chercheurs ont collaboré avec d’autres équipes partout dans le monde pour systématiser les mesures. Ils ont ainsi pu récolter des mesures dans 49 endroits différents, de la toundra Arctique aux forêts méditerranéennes, selon le protocole suivant :

  • Mesure de la quantité de CO2 dans les 10 premiers cm du sol
  • Augmentation de la température de 3 degrés à l’aide d’une petite serre et nouvelle mesure.

Dans les zones arctiques, ce phénomène pourrait conduire, d’ici 2050, au relargage d’une quantité de CO2 par an équivalente aux émissions actuelles des Etats-Unis.
On ne sait pas encore quels seront les effets exacts : dans quelle mesure, par exemple, la photosynthèse pourra compenser cet effet ? Comment cela va affecter les cycles microbiens du sol ? L’étape suivante consiste à incorporer ces résultats dans des modèles climatiques plus complexes et à plus grande échelle.

Source

La concentration de CO2 dans l’atmosphère du Svalbard dépasse les 400 ppm

400 ppm est la concentration limite de CO2 dans l’atmosphère fixée par l’accord de Paris, correspondant à une augmentation moyenne de la température terrestre de deux degrés.

Or, cette année, pour la première fois, les concentrations mesurées à la station de Ny-Åelsund (Svalbard) sont constamment supérieures à ce seuil. La station est gérée conjointement par NILU et par l’Institut Polaire. Les valeurs mesurées au Svalbard sont en général supérieures à la moyenne globale. L’hémisphère nord est en effet plus pollué. Mais des mesures réalisées à Hawaï montrent la même chose.

Et ces concentrations ne descendront pas dans les années à venir, car le CO2 demeure dans l’atmosphère environ 100 ans.
Comment la concentration a-t-elle ou augmenter à ce point ces deux dernières années, malgré les efforts faits pour limiter les émissions anthropiques ? C’est, pour partie, à cause d’El Niño, ce phénomène marin qui revient tous les 2 à sept ans. Il a recommencé en 2015, et l’une des conséquences est d’augmenter la température des eaux de surface du Pacifique.

Rédactrice : Camille Crapart