La manipulation génétique de zygotes autorisée en recherche

Japon

Japon | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
30 avril 2019

Le panel d’experts en bioéthique consulté par le gouvernement japonais à propos de l’édition de génome a autorisé ce lundi 22 avril la manipulation génétique de zygotes (ovules fécondés) dans le cadre de la recherche sur les maladies génétiques.

Par contre, il interdit l’implantation de ces ovules dans l’utérus, ainsi que les naissances à partir de zygotes génétiquement modifiés.

Suite à cette décision, la recherche pour la correction des anomalies génétiques dans les zygotes pourrait commencer dès l’année prochaine au Japon. On recense déjà au moins 12 cas d’édition de génome sur des zygotes à travers le monde, dont la moitié environ concernait des maladies incurables.

On dénombre en effet aujourd’hui plus de 5000 maladies génétiques dont le gène en cause a été identifié. Bien que largement répandues, les techniques d’édition de génome doivent encore être perfectionnées et étudiées pour le cas des ovules fécondés. En effet, l’impact de la réparation d’un gène défectueux sur le reste du génome, notamment sur les gènes sains, ou les effets secondaires engendrés lors du processus d’édition sont encore méconnus et doivent être éclaircis pour assurer la sécurité de cette technologie. Il est donc nécessaire de mener des recherches fondamentales pour assurer la précision de cette méthode, d’après un expert du panel interrogé.

Par ailleurs, cette méthode soulève des questions éthiques, qui seront au premier plan lorsque la recherche sera mature et tendra vers une utilisation pratique de cette technique. Les experts du panel craignent des demandes parentales de bébés fait sur mesure et un retour à l’eugénisme.
Le panel a donc requis la vigilance accrue des ministères de l’éducation et de la santé et leur demande de mettre en place un système de vérification pour s’assurer que les études se restreignent au cadre fixé.

Source : The Asahi Shimbun, 23 avril 2019

Rédacteur : Daphné Lecellier, Chargée de mission scientifique "Santé, Vie, Environnement", Ambassade de France au Japon