Insuline et nanoparticules pour combattre l’Alzheimer

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Italie | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Silver économie : l’innovation pour la longévité
14 mars 2016

Une étude coordonnée par l’Ibim- CNR [1] et réalisée en collaboration avec l’Ibf-CNR [2] et l’université de Palerme a permis de mettre au point un spray nasal permettant à l’insuline d’atteindre directement le cerveau, afin d’éviter l’hypoglycémie due à la modalité habituelle d’administration périphérique.

L’insuline et la maladie d’Alzheimer

Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, aussi connue sous le nom de “Diabète de type 3”, développent, comme les diabétiques, une résistance à l’insuline cérébrale. Ce phénomène est un facteur de risque pour le développement de la maladie.

Le transport de l’insuline vers le cerveau

L’étude, publiée dans biomaterials, a permis de réaliser des nanoparticules polymères (nanogels) capables de transporter l’insuline directement au cerveau, permettant d’éviter les effets indésirables des thérapies ordinaires.
L’administration périphérique habituelle de l’insuline, utilisée dans la thérapie diabétique, provoque un risque d’apparition ou d’augmentation de l’hypoglycémie et de résistance à l’insuline.
Les chercheurs sont parvenus à créer des nanogels capables d’incorporer, protéger et transporter l’insuline directement au cerveau (NG-In), et qui peuvent être administrés grâce à un spray nasal. Cette administration est une stratégie alternative pour dépasser la barrière hémato-encéphalique “BHE” et arriver plus rapidement au cerveau par la muqueuse olfactive.
Les nanogels, très fines particules de polymériques réticulées hydrophiles, ont été produites grâce à un processus innovant qui utilise les radiations ionisantes générées par un accélérateur d’électrons, habituellement utilisées pour la stérilisation industrielle des dispositifs biomédicaux.
Les effets neuro-protecteurs des NG-In ont été testés pour leur capacité d’inhibition des divers mécanismes neuro-dégénératifs (stress oxydatif, dysfonction mitochondriale, mort cellulaire), introduits par l’A-beta, un peptide associé à la maladie d’Alzheimer.
Ce nouveau produit a également été testé pour sa biocompatibilité (absence de toxicité, réponse proliférative, immunogène et trombogénique), son hémocompatibilité et la protection contre les protéases.
L’efficacité du NG-In dans la traversée de la “BHE” a été testée in vitro.
Selon les chercheurs, le NG-In est une piste prometteuse pour le développement d’une thérapie innovante contre la maladie d’Alzheimer qui évite le développement de la résistance à l’insuline induite par l’administration périphérique de l’hormone.

[1] Institut de biomédecine et d’immunologie moléculaire - Conseil National des Recherches
[2] Institut de biophysique - Conseil National des Recherches

Plus d’informations :
Publication : Picone P, Ditta LA, Sabatino MA, Militello V, San Biagio PL, Di Giacinto ML, Cristaldi L, Nuzzo D, Dispenza C, Giacomazza D, Di Carlo M. "Ionizing radiation-engineered nanogels as insulin nanocarriers for the development of a new strategy for the treatment of Alzheimer’s disease". Biomaterials (2016) 80:179-94.

Source :
site CNR : https://www.cnr.it/it/comunicato-stampa/6562/insulina-e-nanoparticelle-per-combattere-l-alzheimer

Rédactrice :
Marine Goburdhun - marine.goburdhun[a]institutfrancais.it