Depuis les toits de Villa des Mystères de Pompéi

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Italie | Sciences Humaines et sociales | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
19 juillet 2016

L’ENEA a été chargée d’évaluer la conservation d’un des lieux symboliques de l’aire archéologique de Pompéi en réalisant un modèle d’analyse expérimentale permettant un entretien préventif.

Analyser les risques et les dangers des anciens toits de la Villa des Mystères, un des lieux symboliques de Pompéi, à travers un check-up approfondi grâce à l’aide de technologies d’avant-garde. C’est l’objectif de l’équipe de chercheurs de l’ENEA, l’Agence nationale pour les nouvelles technologies, l’énergie et le développement économique durable, engagée dans une nouvelle campagne de contrôle des structures en ciment armé, bois et acier, construites il y a plus de 50 ans pour protéger la villa romaine, dont la base remonte au IIe siècle av. JC.
Des premiers résultats de cette campagne émergent des faiblesses liées au poids des matériaux utilisés, aux infiltrations d’eau et aux vibrations environnementales, en raison de la sismicité de la région et de la proximité de la ligne de chemin de fer.
L’équipe a transféré des centres de l’ENEA de Bologne, Brasimone et Casaccia les technologies d’avant-garde choisies sur la base du type de matériau à analyser, en l’occurrence du bois et du béton.
Une première alarme avait été donnée, il y a quatre ans, lors de la chute d’une poutre en bois au- dessus du péristyle, une cour interne de la villa entourée de colonnes. Un épisode qui n’a heureusement pas eu de conséquence sur l’édifice historique et ses visiteurs, mais qui a contraint la Surintendance à fermer au public de nombreuses pièces.
“Pour cette nouvelle campagne, qui a pour objectif de recueillir les données utiles pour définir les interventions à mener en terme de sécurité, nous avons utilisé un plus grand nombre d’instruments de suivi qu’en 2013, quand nous étions intervenus lors de l’écroulement de la poutre du péristyle”, explique Bruno Carpani, responsable scientifique de la campagne de diagnostic. “Jusqu’à présent, nous avons constaté un état de dégradation avancé dans les zones d’appui de nombreuses poutres du péristyle, ainsi que sur les structures en béton de certaines maisons comme celle du quartiere rustico.”
La Villa des Mystères n’est pas un cas isolé. A Pompei, Herculanum, Stabise et Boscoreale ce sont au moins des dizaines de maisons dont les toits en ciment armé datent des années 60-70. “Le problème de la sécurité et de la conservation de ces structures dans les aires archéologiques est important en Italie où en ont été recensées plus de 200 sur 130 sites. Avec le travail que nous menons à la Villa des Mystères, nous souhaitons réaliser un premier modèle de contrôle et de diagnostic qui pourrait être appliqué aux autres maisons avec des types de toits similaires” conclut Carpani.
A la Villa des Mystère, l’équipe de l’ENEA a aussi suivi les vibrations environnementales avec un sismomètre à haute sensibilité. “Cette fois, nous nous sommes concentrés sur la salle des fresques et sur le toit de l’atrium adjacent à cette pièce”, explique Paolo Clemente, directeur de recherche à l’ENEA - “et nous avons mis au point un système sophistiqué de modélisation mathématique qui nous permettra d’évaluer la vulnérabilité de ce lieu soumis à des vibrations continues en raison de la proximité de la voie ferrée et de la sismicité de la zone”.

Plus d’informations :
http://www.ansa.it/campania/notizie/2016/06/17/pompei-allarme-enea-a-rischio-la-villa-dei-misteri_9442df61-4720-4325-9cae-3e90ffd130f3.html

Sources :
http://www.galileonet.it/2016/06/65935/

Rédacteur : Marine Goburdhun, Institut Français Italia, marine.goburdhun[a]institutfrancais.it