Découverte de l’utilisation d’une encre métallique sur les papyri d’Herculanum

Italie

Actualité
Italie | Sciences Humaines et sociales | Science de la matière : matériaux, physique, chimie, optique
31 mars 2016

La découverte, fruit d’une collaboration internationale menée par l’Imm-Cnr, auprès de l’Ersf de Grenoble, permet une nouvelle datation, antérieur de quatre siècle, de l’utilisation des métaux dans les encres greco-latines. L’étude, publiée sur Pnas, ouvre de nouvelles perspectives de recherche dans le domaine archéologique.

Une équipe scientifique internationale, coordonnée par Vito Mocella de l’Institut pour la micro electronique et les micro systèmes du Consiglio Nazionale delle Ricerce (Imm-Cnr) de Naples a découvert, grâce à des expériences effectuées à l’European Synchrotron Radiation Facility (Esrf) de Grenoble, la présence d’une encre métallique dans deux fragments de rouleaux d’Herculanum, démontrant que son utilisation remonte à quatre siècles avant la date jusqu’ici retenue.
Les études menées jusqu’à maintenant établissaient en effet qu’avant le IVe-Ve siècles av.JC, le métal n’était pas présent dans les encres des papayri greco-romains. Le premier mélange ferro-gallique identifié comme encre d’écriture et de parchemin remontait alors seulement à 420 av.JC.
Le travail mené par l’équipe de chercheurs, combinant diverses techniques non destructrices de lumière de synchrotron, démontre d’une part la présence de plomb dans la composition de l’encre de deux fragments de papyri. Par ailleurs, les recherches permettent d’affirmer que la haute concentration en métal ne peut dépendre d’une éventuelle contamination au plomb du système hydrique ou de l’utilisation d’un encrier en bronze.
Les chercheurs ont utilisé diverses méthodes d’imagerie pour analyser les pièces archéologiques. “Grâce à la puissance de faisceaux des synchrotrons de l’Esfr, les analyses ont été très rapides, un dixième de seconde par pixel - ce qui a permis d’obtenir de nombreuses informations rapidement et sur tous les échantillons “explique le chercheur de l’Imm-Cnr. Les chercheurs ont ainsi acquis la certitude de la corrélation entre les informations chimiques et la trace visible des lettres.
L’équipe internationale avait déjà été en mesure l’an dernier de révéler quelques lettres grecques et un alphabet presque complet des rouleaux d’Herculanum carbonisés par l’éruption du Vésuve . L’équipe a ainsi mis à jour de nouvelles perspectives de recherche qui pourront être étendues à d’autres pièces archéologiques.

En savoir plus :
PNAS : http://www.pnas.org/content/early/2016/03/16/1519958113

Source :
Le Scienze Web News : http://www.lswn.it/archeologia/i-papiri-di-ercolano-scritti-con-inchiostro-metallico/

Rédactrice : Marine Goburdhun - marine.goburdhun[a]institutfrancais.it

PLAN DU SITE