Maladie d’Alzheimer : une petite piqûre et n’en parlons plus ?

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Israël

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Israël | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
10 janvier 2020

Un chercheur de l’Université Bar-Ilan a développé un vaccin potentiel contre la maladie d’Alzheimer. Les premiers essais sur des patients humains seront bientôt entrepris.

Célèbre pour ses ravages sur les fonctions cognitives des patients, la maladie d’Alzheimer atteint près de 47 millions de personnes partout dans le monde et est à ce jour encore incurable. Les symptômes sont aussi variés qu’il y a de malades car la maladie se caractérise par une augmentation des dépôts d’amyloïdes sur les connections synaptiques, qui sont l’interface entre les neurones. Les conséquences de ces dépôts sont une perte irréversible de la fonctionnalité des neurones atteints et l’entrave locale de l’information dans le cerveau. Dans le cas où ils se concentrent dans une région du cerveau liée au langage, le patient perd peu à peu sa capacité à communiquer ; alors qu’une atteinte de la région responsable de la génération des idées provoque l’émergence de comportements erratiques et incohérents.

Le corps humain est une machine à combattre les virus et les bactéries. Dès lors qu’un corps étranger se fraie un passage dans notre système, des anticorps spécifiques naturellement présents dans notre corps le ciblent, l’identifient et font remonter l’information à nos ganglions lymphatiques, qui se chargent de produire des globules blancs spécialisés dans la reconnaissance et la destruction de ces intrus. Dans le cas de maladies que nous rencontrons peu, ou qui changent très vite de forme (comme la grippe), notre système immunitaire met un peu plus de temps à les repérer et à y réagir car les anticorps spécifiques de ces maladies ne sont pas (ou plus) présents dans notre système immunitaire : on dira qu’il les a « oubliées ».

Le principe de la vaccination ne repose pas tant sur la destruction directe des pathogènes dangereux, que sur l’entraînement de notre système immunitaire à mieux les reconnaître et les combattre. Lorsque nous nous vaccinons, nous injectons une forme peu agressive du pathogène (le vaccin) et offrons ainsi à notre corps l’opportunité d’apprendre (ou de réapprendre) à le détecter sans que celui-ci ne nous rende malade. Ainsi, lorsque le véritable ennemi fera son apparition, nous aurons déjà « en mémoire » le plan d’action pour le combattre.

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Figure 1 : Prof. Eitan Okun, Institut plurisdisciplinaire Gonda pour la recherche sur le cerveau, Université Bar Ilan (crédits : Abigail Klein, article rédigé pour Israel21C, 20 novembre 2019)

Eitan Okun, professeur à l’Institut multidisciplinaire Gonda pour la recherche sur le cerveau de l’Université Bar-Ilan, a développé une molécule capable de reconnaître les dépôts d’amyloïde dans le cerveau et de motiver le système immunitaire humain à les attaquer. Son équipe prépare d’ailleurs les premiers essais sur patients humains et a bon espoir de pouvoir développer une forme de vaccin contre l’une des maladies dégénératives les plus invasives de notre ère. En parallèle, l’équipe du Prof. Okun, travaille à la mise au point de techniques de dépistage par IRM de la maladie d’Alzheimer afin d’assurer un dépistage précoce qui, combiné à l’injection du vaccin, pourrait drastiquement limiter la progression de la dégénération cellulaire.

Les chercheurs de l’institut ont pour ambition d’étendre leur travail à l’étude d’autres maladies comme Parkinson ou le syndrome de Down et espèrent apporter des réponses concrètes aux patients, jusque-là sans recours.

Pour en savoir plus :

Source :

Rédactrice : Camille Bordes, doctorante à l’Université Bar-Ilan