Le financement 2014 des universités en Irlande

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Irlande | Politiques de recherche, technologiques et universitaires
28 juillet 2015

Un point sur le financement des universités et instituts de technologie irlandais en 2014.

Le gouvernement irlandais a dépensé en 2014 une somme de 939 M€ pour le financement des établissements d’enseignement supérieur. Un peu plus de la moitié de cette somme a été attribuée aux universités (528 M€), le reste a été affecté aux instituts de technologie (349 M€) et à d’autres catégories d’établissements (écoles d’infirmières…) ou d’autres actions (stratégie, coopération inter-établissements).
Les crédits destinés aux universités ou aux instituts de technologie (IT) sont scindés en deux catégories :

  • une somme dédiée à la couverture des frais de scolarité (235 M€ pour les universités et 48 M€ pour les IT) sensée permettre aux étudiants de l’EU d’accéder « gratuitement » à l’enseignement supérieur avec une compensation versée par l’Etat aux établissements au prorata du nombre d’inscrits (2250 € par étudiant)
  • une somme globale calculée en fonction d’un modèle de répartition appelé RGAM (Recurrent Grant Allocation Model) : 293 M€ pour les universités et 301 M€ pour les IT. Ces sommes ont baissé par rapport à 2013 où elles étaient de 336 M€ et 332 M€ respectivement.

Le modèle de répartition, introduit en 2006, repose principalement sur le nombre d’étudiants inscrits, comme dans la plupart des pays européens. Des pondérations sont utilisées en fonction des études suivies :

  • Etudiant au niveau Undergraduate : 1.0
  • Etudiant au niveau Undergraduate avec travail de terrain (ex : géographie) : 1.3
  • Etudiant au niveau Undergraduate avec travail de laboratoire (ex : chimie) : 1.7
  • Etudiant au niveau Postgraduate sans travail de laboratoire (ex : Gestion) : 3.0
  • Etudiant au niveau Postgraduate avec travail de terrain : 3.9
  • Etudiant au niveau Postgraduate avec travail de laboratoire : 4.8
  • Etudiants en Médecine : 2.3
  • Etudiant en Odontologie / Vétérinaire : 4.0
    Cela signifie par exemple qu’un étudiant de master en chimie « rapporte » ou « compte » 4.8 fois plus qu’un étudiant de licence en littérature. Seuls les étudiants de l’UE sont comptabilisés ainsi que ceux hors-UE dans le domaine de la recherche.
    En plus de ces pondérations, des ajustements et des incitations ont été rajoutées :
  • Un bonus de +0.33 est rajouté pour les populations étudiantes sous-représentées, comme par exemple ceux souffrant d’un handicap, ceux issus de milieux difficiles, ou ceux plus âgés.
  • 5% de l’enveloppe est attribuée en fonction d’un critère basé sur la recherche. Celui-ci tient compte du nombre de doctorats et masters délivrés (pour 75% du calcul) et des ressources propres obtenues par l’établissement (pour 25% du calcul)
  • Un mécanisme d’ajustement a été introduit pour éviter les variations d’une année sur l’autre avec une limite de +/- 2%

Les autres ressources de l’établissement ne sont pas utilisées dans le modèle afin d’inciter ceux-ci à chercher des financements extérieurs.
Ce financement de l’Etat représente une partie importante des ressources des universités. A titre de comparaison, il représente à peu près la masse salariale de chaque établissement (hors CDD sur contrats de recherche).
Les ressources des universités se répartissent de la façon suivante :

  • Contribution de l’Etat (modèle de répartition) : 26%
  • Droits d’inscription : 41% (dont la moitié versés par les étudiants, l’autre moitié versée par l’Etat, cf infra)
  • Contrats : 25%
  • Autres : 8%
    Pour les instituts de technologie, la répartition est différente :
  • Contribution de l’Etat (modèle de répartition) : 48%
  • Droits d’inscription : 34%
  • Contrats : 10%
  • Autres : 8%

A titre de comparaison, en France, la contribution de l’Etat représente environ 75% et les droits d’inscription représentent un peu plus de 2%. Par ailleurs les contrats avoisinent les 5%.
Globalement, en Irlande les universités ont un budget rapporté au nombre d’étudiants proche de 13 600 € alors qu’en France il est proche de 11 000 €. Mais de nombreux facteurs peuvent expliquer cet écart important (23%), comme par exemple la gestion de l’immobilier ou des investissements.
En conclusion, les établissements irlandais sont largement tributaires des droits d’inscription, notamment ceux payés par les étudiants hors UE, ainsi que des contrats. Cela les oblige à rechercher en permanence des collaborations et à attirer des étudiants, avec dans les deux cas, une préférence pour l’international.

Auteur : Stéphane Aymard – stephane.aymard[a]diplomatie.gouv.fr