Comment revitaliser l’industrie aquacole européenne ?

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Irlande | Agronomie et alimentation | Horizon 2020 : innovations et progrès techniques
1er avril 2016

L’industrie aquacole dans l’Union Européenne stagne entre 1 et 2% de croissance chaque année, comparé à l’industrie mondiale, qui elle progresse de 8% à 9 %. Le projet de recherche européen IDREEM travaille sur des possibilités de revitalisation de l’industrie.

L’aquaculture est le secteur de production de nourriture à la croissance la plus rapide au monde et l’Union Européenne représente le plus grand marché unique pour les produits de la mer. Cependant, les réserves de poissons s’amenuisent et la demande accrue due à la croissance de la population : la durabilité de l’industrie en Union Européenne a grand besoin de revitalisation. Ainsi, alors que dans le monde, la croissance de l’aquaculture oscille entre 8 et 9% par an, en Union Européenne, elle stagne entre 1% et 2%.

Quels sont les risques liés à la stagnation de l’industrie aquacole ?
Selon l’équipe du projet européen Increasing Industrial Resource Efficiency in European Mariculture (IDREEM), ils tiennent à la fois de la sécurité alimentaire, de la dégradation de l’environnement et de l’économie. IDREEM, financé dans le cadre du 7ème PCDRT européen et auquel participe l’Irlande, vise à améliorer l’efficacité environnementale et économique de l’aquaculture européenne. Les chercheurs se sont entourés aussi de sept entreprises aquacoles de l’Union Européenne pour aider les pisciculteurs à se diversifier. Ainsi, en transformant les flux de déchets issus de la production piscicole qui aujourd’hui polluent les eaux en matières premières secondaires utiles à la production d’organismes de valeur élevée comme les algues de mer ou les crustacées, le système faciliterait ainsi une économie circulaire à impact environnemental réduit avec une productivité accrue.
Ce procédé, appelé en fait l’aquaculture multitrophique intégrée (AMTI), n’est pas nouveau. Il existe en Asie depuis plusieurs siècles mais n’a jamais été adopté par le secteur commercial européen.

Les obstacles à l’adoption de l’AMTI chez les Etats membres
Les chercheurs de l’IDREEM ont tenté de comprendre quelles sont les obstacles qui se dressent à l’adoption de l’AMTI au sein de l’Union Européenne. Les premières conclusions laisseraient à penser qu’elles relèvent autant de la réglementation que de l’économie – certaines réglementations européennes empêchent par exemple l’obtention d’une licence pour la culture de plus d’une espèce. D’autres obstacles tiennent à la nature de l’exploitation commerciale elle-même : si les pisciculteurs et les conchyliculteurs excellent chacun dans leur champ d’activités, il s’agit de deux compétences bien différentes et il faut une bonne raison aux exploitations pour qu’elles décident d’investir des sommes d’argent importantes pour transformer leur production. En effet, les bénéfices financiers de l’AMTI ne sont pas immédiats. L’équipe d’IDREEM est donc en train de quantifier les bénéfices sur les plans économique et environnemental que peut apporter l’AMTI, pour fournir un cadre qui pourrait aider les producteurs, les législateurs et les décideurs politiques du secteur de l’aquaculture à prendre des décisions. L’impact de tout cela affectera directement les consommateurs qui pourront un jour acheter des produits certifiés AMTI, un label qui leur garantira qu’ils sont issus d’un système de production écoresponsable.
Débuté en 2012, ce projet au budget de presque 6 millions d’euros s’achèvera en septembre 2016. Il est coordonné par l’Association Écossaise de Science Maritime (SAMS).

Source :
“Revitalising Europe’s stagnating aquaculture industry” – EC Europa News, 24/03/2016 : http://ec.europa.eu/research/infocentre/article_en.cfm?id=/research/headlines/news/article_16_03_24_en.html?infocentre&item=Countries&artid=38776&caller=SuccessStories

Rédactrice : Louise Aupetit – courriel : louise.aupetit[a]diplomatie.gouv.fr