Des bindis contre les carences en iode

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Inde

Actualité
Inde | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Médecine individualisée
30 juin 2015

Les carences en iode touchent environ 350 millions de personnes en Inde [1] – carences qui peuvent entraîner un certain nombre de problèmes de santé, incluant notamment goitres, disfonctionnements de la thyroïde et lésions cérébrales. Ces carences se retrouvent particulièrement en milieu rural, sur des sols agricoles pauvres en sels iodés. Pour faire face à ce problème, l’Organisation Non Gouvernementale Neelvasant Medical Foundation and Research Center [2] a commencé à distribuer des bindis porteurs et distributeurs d’iode. Le bindi, autrement appelé "tilak" ou "tika", est un symbole religieux porté au front par la plupart des femmes hindoues.

"Chaque femme reçoit 30 bindis pour une durée d’un mois", a expliqué Dr. Prachi Pawar, président de l’ONG, au journal Times of India. "Une fois collé sur le front, il fournit au corps son apport journalier en iode (soit 100 à 150 microgrammes) par phénomène d’absorption par la peau" [3]. Pour être efficace, le bindi doit être porté au moins huit heures par jour. Le Dr. Sandeep Budhiraja, du Max Hospital de Delhi, a également précisé que cette campagne vise à toucher les femmes enceintes, dont les besoins en iode sont deux fois plus importants que la normale.

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Femme indienne portant un bindi - Crédits : Chloé Cornelisse

Le projet a été baptisé Life Saving Dot, et les bindis ont été développés par Grey for Good (du groupe Grey), dans des laboratoires à Singapour. D’après le Dr. Pawar, des suppléments d’iode avaient déjà été distribués sous forme de cachets mais les patientes n’étaient pas parvenues à prendre l’habitude de ce traitement. Conjuguer cette médecine à un geste rituel est alors apparu comme la solution la plus adaptée. L’ONG Neelvasant Medical Foundation and Research Center étudie à présent l’impact de cette approche sur les niveaux d’iode dans le corps. La campagne a impliqué à ce jour plus de 30 000 femmes dans une centaine de villages, et une commercialisation du produit sous cette forme est envisagée.

Sources :

Rédacteur(s) : Florian Morin