40ème Forum annuel de l’AAAS sur la politique scientifique et technologique

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États-Unis | Politiques de recherche, technologiques et universitaires | Horizon 2020 : innovations et progrès techniques
26 mai 2015

Les 30 avril et 1 mai 2015 s’est tenu le 40ème Forum annuel de l’AAAS (American Association for the Advancement of Science) sur la politique scientifique et technologique dans le prestigieux "Ronald Reagan Building" de Washington.

Parmi les 300 participants de ce forum à Washington figuraient des représentants d’organismes de recherche et d’universités, des responsables de R&D d’entreprises, des décideurs publics, des étudiants, des doctorants et des attachés scientifiques. Ce forum a été l’occasion d’aborder des sujets variés, tels que la place de l’opinion publique dans la définition des politiques, les stratégies de soutien à l’innovation, la communication scientifique ou encore les initiatives du gouvernement sur certaines thématiques définies comme prioritaires (éducation en Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques ou STEM, recherche biomédicale, systèmes de fabrication avancée ou advanced manufacturing )

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John Holdren - Crédits : AAAS/Carla Schaffer

En ouverture de la conférence, M. John Holdren, Conseiller Scientifique du Président Obama, a souligné l’extrême importance que le Président accorde à la science et à la recherche fondamentale. Dans le contexte parlementaire actuel, il a appelé l’ensemble de la communauté scientifique à le soutenir pour appuyer sa position et faire approuver un budget ambitieux pour la science. Son discours a aussi été l’occasion de rappeler les difficultés et les priorités de l’agenda gouvernemental. Il a ainsi identifié quatre défis. Le premier étant celui de fournir un soutien croissant et continu à la recherche et au développement : en effet, les mesures de séquestration mises en place après le shutdown de l’administration américaine en 2013, ont abouti à la rétention de 11% des budgets de défense et de 8% des autres budgets. Un accord (Ryan/Murray deal) avait été trouvé pour pallier les pires effets de cette séquestration mais celui-ci prend fin en 2015. Le conseiller du président a donc insisté sur ce point soulignant que "les niveaux de séquestration ne sont rien de moins qu’un désastre pour le gouvernement fédéral, [et que] nous ne pouvons simplement pas maintenir la prééminence des Etats-Unis en science, technologie et innovation sans faire les investissements nécessaires".

Un autre défi sur lequel John Holdren est revenu plusieurs fois lors de son intervention concerne la lutte contre les changements climatiques : sur la même ligne que le Président, il s’est montré virulent contre les parlementaires Républicains qui remettent en question les conclusions des scientifiques. Interrogé sur le scepticisme d’une partie de l’opinion publique, il a répondu que les récents sondages montraient que le débat sur la réalité du changement climatique serait bientôt derrière nous mais qu’il y avait encore un travail à faire pour que cette préoccupation remonte dans les priorités des américains.

Il a aussi insisté sur la volonté de réconcilier les missions et le budget de la NASA pour lui permettre d’être efficace sur l’ensemble de son large champ d’action. Enfin, il a souligné l’importance de la lutte contre les faiblesses de l’éducation dans le domaine des STEM, et en particulier, l’ouverture nécessaire de ces disciplines aux femmes et aux minorités ; la science devant jouer un rôle non seulement plus important dans les emplois de demain mais aussi dans le bon fonctionnement de la démocratie.

France Cordova, Directrice de la National Science Foundation (NSF), a pris la parole à la suite de John Holdren. Cette année étant le 70e anniversaire de la création de la NSF, elle est revenue sur les origines de la Fondation et notamment sur l’importance du rapport Bush de 1945, Science, The Endless Frontier, plaidant pour la création d’une agence soutenant la recherche fondamentale car il avait compris que celle-ci irriguait toute la chaîne de l’innovation. La directrice de la NSF a rappelé que l’agence n’avait pas perdu de vue cet objectif, malgré les critiques, et qu’au cours des 10 dernières années, 90 à 94% de son budget avait été dédié à la recherche fondamentale. Dans ce contexte de financement difficile elle a souligné l’importance des partenariats que ce soit avec d’autres universités, agences ou pays.

Parmi les thématiques traitées lors de ce forum, l’une d’elles concernait le rapport entre l’opinion publique et la définition de politiques. Partant du constat qu’une des clés pour améliorer la place de la Science et de la Technologie est de travailler sur la communication scientifique, l’une des intervenantes, Melissa Kenney, qui travaille à l’US Global Change Change Research Program, a présenté leur initiative visant à fournir des données scientifiques sur le climat sous une forme facilement compréhensible par les utilisateurs et pertinente localement. Les données et indicateurs sont regroupés sur une page internet, un travail de sélection et de raffinement de ces indicateurs est actuellement en cours.

Ce rendez-vous annuel sur la politique scientifique, technologique et universitaire américaine que constitue le Forum AAAS est très instructif sur les priorités et les difficultés du moment. Le Forum 2015 a été marqué comme les années précédentes par les débats sur le budget mais aussi par la lutte contre le changement climatique et les questions de défense de la légitimité et de la place de la science dans la société.

Pour en savoir plus, contacts :

Site de l’American Association for the Advancement of Science : http://www.aaas.org

Sources :

Rédacteurs :

  • Clement Lefort deputy-coop[a]ambascience-usa.org
  • Suivre le secteur sur @FR_US_envt
  • Retrouvez toutes nos activités sur http://france-science.org.