Des scientifiques du CNIO découvrent un nouveau mécanisme de résistance à la chimiothérapie

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Espagne | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
17 mai 2016

Une étude du Centre National de Recherches Oncologiques (CNIO) a identifié un nouveau facteur déterminant pour la résistance à la chimiothérapie.

L’augmentation de la résistance à la chimiothérapie est l’une des principales causes d’échec des traitements à base de médicaments anticancéreux. Une étude menée par le responsable du Groupe d’Instabilité Génomique du Centre National de Recherches Oncologiques (CNIO), Oscar Fernandez-Capetillo, a identifié un nouveau facteur déterminant pour la résistance à la chimiothérapie.

La stratégie adoptée par le CNIO a été de cibler une protéine, la kinase ATR, responsable de réparer le génome des cellules. Les cellules tumorales possédant un génome très fragmenté, le rôle de cette protéine est crucial pour leur bon fonctionnement qui sans celle-ci présente une espérance de vie réduite, notamment sur celles qui sont le plus endommagées.

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Cellule tumorale traitée avec des inhibiteurs d’ATR développés au CNIO. En vert, les ruptures de l’ADN des cellules, conséquences du traitement. En bleu, les chromosomes. / Crédits : CNIO

Les chercheurs ont utilisé la technologie d’altération du génome CRISPR pour identifier les mutations permettant de rendre résistantes les cellules aux inhibiteurs d’ATR, afin d’anticiper les possibles résistances aux traitements. Cette technique, inventée par la française Emmanuelle Charpentier et l’américaine Jennifer Doudna, a été très récemment récompensée en Espagne par le Prix 2015 Princesse des Asturies en Recherche et Innovation.

Grâce à CRISPR, les chercheurs ont pu conclure qu’une mutation du gène appelé CDC25A, qui détermine ou non la présence de la protéine du même nom, entraînait la survie des cellules. Les patients présentant un niveau élevé de cette protéine au niveau de la tumeur réagiraient donc mieux au traitement.

Les essais sur l’homme pourraient commencer dès 2017, selon le groupe de chercheurs.

L’étude a été financée par le Ministère de l’Economie et de la Compétitivité, la Fondation Botín et la Banque Santander via Santander Universités, la Fundació La Marató de TV3, le Howard Hughes Medical Institute et le Conseil Européen de la Recherche (ERC).

Le CNIO est un centre Severo Ochoa, label d’excellence attribué aux meilleurs laboratoires de recherche espagnols.

Lien d’intérêts

Centre National de Recherches Oncologiques (CNIO)

Source

“Científicos del CNIO descubren un nuevo mecanismo de resistencia a la quimioterapia”, CNIO, 07/04/16

Rédacteur

Nicolas Urai - Nicolas.urai[a]diplomatie.gouv.fr