L’industrie belge conclut ses premiers accords avec l’Américain Lockheed Martin

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Belgique | Sciences de l’ingénieur : aéronautique, mécanique, électronique, génie civil
12 octobre 2015

Le géant américain de l’industrie de défense Lockheed Martin, constructeur du chasseur F-35, et quatre sociétés belges - Esterline Belgium (anciennement Barco), Sonaca, Sabca et Ilias Solutions - ont signé jeudi à Bruxelles un protocole d’accord en vue de l’établissement de "partenariats industriels" dans le cadre du marché de plusieurs milliards d’euros qui s’annonce pour le remplacement des F-16 vieillissants.

Le 17 septembre 2015, le géant américain de l’industrie de défense Lockheed Martin, constructeur du chasseur F-35, et quatre sociétés belges - Esterline Belgium (anciennement Barco), Sonaca, Sabca et Ilias Solutions - ont signé à Bruxelles un protocole d’accord en vue de l’établissement de "partenariats industriels" dans le cadre du marché de plusieurs milliards d’euros qui s’annonce pour le remplacement des F-16 vieillissants, bien que le gouvernement belge n’ait pas encore réclamé de retombées économiques pour ce nouveau "contrat du siècle".

Selon l’avionneur américain, "ce protocole d’accord (en anglais "Memorandum of Understanding", MoU) démontre la volonté de Lockheed Martin d’explorer toutes les opportunités de coopération industrielle dans les domaines des technologies avancées de la défense, de l’aéronautique, de l’informatique et de la sécurité". "Ce protocole d’accord soutient toutes les possibilités de partenariats industriels que Lockheed Martin pourrait poursuivre en Belgique" en cas de choix du F-35 "Lightning II" par le gouvernement fédéral, a ajouté le groupe dans un communiqué.

Le vice-président de Lockheed pour le "développement stratégique" du F-35, Jack Crisler, a pour sa part souligné devant la presse belge que le gouvernement belge n’avait, à ce stade, pas encore exprimé le besoin de joindre un volet de retombées économiques à l’achat envisagé par la Défense de, selon des sources informées, "trente à quarante" nouveaux chasseurs-bombardiers. "Mais il y aura sans doute un souhait" en ce sens au fur et à mesure que l’échéance d’une décision se rapprochera, a-t-il prédit.

"C’est au gouvernement belge de fixer les règles", a souligné le responsable de Lockheed Martin. M. Crisler n’a pas voulu se prononcer sur la forme que prendraient de possibles retombées économiques, expliquant qu’il était "prématuré d’en parler". Mais il a souligné que Lockheed Martin pouvait offrir des coopérations dans de nombreux domaines (armement, aéronautique, spatial, cyber-défense,…). C’est pourquoi aucun accord concret n’a été signé à ce jour, d’autant que la Belgique avait refusé en 2000 - contrairement à d’autres pays membres du consortium F-16 datant de 1975 - de s’associer au programme américain de nouveau chasseur, le "Joint Strike Fighter" (JSF), qui donné le jour au F-35. Deux sociétés belges, Asco de Zaventem, par le biais d’une filiale au Canada, et Esterline Belgium, participent toutefois à la production du "Lightning II".

En vertu de la législation européenne, les Etats-membres de l’UE ne sont plus autorisés à réclamer des "compensations économiques" comme ils le faisaient dans le passé lors de marchés publics, dont les achats militaires. Ils peuvent toutefois invoquer l’article 296 du traité de l’UE pour déroger aux règles du marché intérieur "lorsque leurs intérêts essentiels de sécurité sont en jeu", même si cette décision est politiquement très délicate.

L’ensemble de l’industrie belge active dans les secteurs de la sécurité et de la défense a quant à elle appelé mardi le monde politique à "mettre rapidement en place un cadre légal permettant la mise en œuvre des collaborations industrielles" liées au remplacement des F-16, l’une des priorités du gouvernement fédéral en matière de défense, un marché de quelque quatre à cinq milliards d’euros.

"Si le remplacement du F-16 se confirme, l’achat de nouveaux appareils devrait permettre à l’industrie belge de saisir de nombreuses opportunités lui permettant sur le long terme de développer de nouvelles technologies et d’encore renforcer sa position déjà compétitive sur le marché mondial", a indiqué le Belgian Security & Defence Industry (BSDI) dans un communiqué en s’exprimant également au nom des trois associations régionales - Entreprises wallonnes de l’aéronautique (EWA), Brussels Aeronautical Group (BAG) à Bruxelles et Flemish Aerospace Group (FLAG) en Flandre.

Source : Belga du 18 septembre 2015

Rédacteur(s) : Relayé par Joachim Huet, Attaché de coopération scientifique et universitaire (joachim.huet[a]diplomatie.gouv.fr), et Victorine Hugot, Chargée de mission (victorine.hugot[a]diplomatie.gouv.fr).