Une équipe helvético-autrichienne progresse dans la compréhension des contaminants environnementaux pendant la grossesse

Autriche

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Autriche | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie
18 octobre 2019

Une équipe de l’Université de Vienne et de l’Institut suisse de recherche sur les matériaux réussit à tracer le comportement d’un perturbateur endocrinien issu de l’alimentation dans l’utérus.

La contamination par les perturbateurs endocriniens issus de l’environnement pendant la période de grossesse est une préoccupation importante pour la médecine. Les fœtus humains sont en effet très sensibles à ces éléments.

Une équipe dirigée par Benedikt Warth de la Faculté de chimie de l’Université de Vienne et par Tina Bürki de l’Institut suisse de recherche sur les matériaux (Empa) a pu démontrer pour la première fois comment le xénoestrogène zéaralénone se répand dans l’utérus. Ce type de contaminant, qui mime l’œstrogène (une propriété du groupe des xénoestrogènes), a été choisi car il est très commun dans un régime alimentaire contenant des céréales, du pain ou d’autres produits à base de graines. Benedikt Warth a voulu tester le niveau de protection offert par le placenta et comprendre le comportement de ces pathogènes dans l’utérus.

Grâce à une nouvelle méthode d’analyse, il a été démontré que l’œstrogène étranger peut migrer à travers le placenta et se transformer. L’étude a récemment été publiée dans la revue « Environmental Health Perspectives ».

Les chercheurs impliqués ont utilisé des placentas fonctionnels issus de dons à le suite de césariennes pour tester les concentrations de zéaralénone dans les tissus du placenta et dans les nutriments qui seraient ingérés par le fœtus. Ils ont utilisé une nouvelle méthode qui permet de mesurer simultanément 50 types de xénoestrogènes différents au sein d’un échantillon donné. Cela leur a permis de démontrer que, contrairement au rôle de détoxifiant exercé normalement par notre métabolisme, certaines enzymes de notre corps rendent cette substance encore plus active qu’auparavant. Le zéaralénone est transformé par le placenta en une substance qui est 70 fois plus concentrée en œstrogènes.

L’impact potentiel sur l’embryon est donc plus important que l’on pourrait le supposer à première vue. Une exposition précoce à des niveaux élevés d’estrogène est en effet corrélée à des risques plus élevés de cancer du sein ou de l’utérus. Des symptômes de puberté prématurée ou d’infertilité sont également cités par les auteurs. Cette découverte souligne l’importance d’une alimentation saine pendant la grossesse.

A l’avenir, Benedikt Warth et Tina Bürki souhaitent utiliser la méthode qu’elles ont mis au point pour contrôler l’activité d’autres contaminants influençant le système de production d’œstrogènes et leurs effets lorsque ceux-ci sont combinés.

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Rédactrice : Marie Belland, marie.belland[at]diplomatie.gouv.fr - https://at.ambafrance.org/