Des valves cardiaques en plastique pourraient sauver des millions de vies

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Afrique du Sud

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Afrique du Sud | Biologie : médecine, santé, pharmacie, biotechnologie | Silver économie : l’innovation pour la longévité
6 août 2015

Presque cinquante ans après la première greffe du coeur réalisée par le Professeur Barnad, l’Université de Cape Town (UCT) gagne à nouveau la reconnaissance internationale, cette fois dans le domaine de la recherche sur les valves cardiaques.

La solution développée par la start-up Strait Access Technologies (SAT), établie à UCT, a été conçue spécifiquement pour répondre aux besoins des 62 à 78 millions d’individus dans le monde touchés par les rhumatismes cardiaques, en particulier les enfants des pays en voie de développement (en comparaison, on estime à 33 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH). Sans traitement adéquat, cette pathologie causée par les angines bactériennes mal soignées peut causer des lésions irréversibles des valves cardiaques. Le seul traitement possible est alors la chirurgie de remplacement de la valve, sans laquelle la survie moyenne du patient est estimée à 3 ans.

Depuis 2002, il est possible d’éviter les opérations risquées de chirurgie à coeur ouvert, grâce à une technique appelée Transcatheter Aortic Valve Implantation, ou TAVI. L’opération mini-invasive consiste à implanter une prothèse biologique pour remplacer la valve défaillante, au moyen d’une sonde introduite par une artère du patient. La nouvelle valve, fixée sur un ballonnet à la pointe d’un cathéter, est acheminée jusqu’au coeur et gonflée pour prendre la place de la valve native. Il ne reste plus au médecin qu’à retirer le cathéter et à refermer l’endroit de l’incision.

Si la technique présente de nombreux avantages, dont celui d’éviter une incision du thorax et de s’abstenir de l’utilisation d’une machine coeur-poumon, les risques dus à l’absence de contrôle du passage du sang à l’intérieur des cavités cardiaques lors de l’opération persistent.

L’innovation de l’équipe du Dr Peter Zilla, chef du département de chirurgie cardiothoracique de UCT et directeur du SAT, permet de s’affranchir de ces potentielles complications. L’invention réside dans le système de déploiement de la valve de remplacement : le ballon du cathéter est creux, permettant au sang de circuler continuellement vers l’aorte durant la pose de la prothèse valvulaire. En outre, il contient une valve synthétique temporaire, qui prévient les risques de reflux de sang vers le coeur. L’appareil est enfin doté d’un ballon de pré-dilatation, pouvant être utilisé pour repousser la valve défectueuse contre la paroi vasculaire avant la pose de la nouvelle valve.

Pour offrir une technologie accessible aux hôpitaux les plus pauvres, l’équipe de recherche a également réétudié la composition de la valve. La première génération de valves en tissu biologique animal (péricarde) sera en effet bientôt suivie d’une version synthétique en polymère bio-stable (polyuréthane), entièrement développée au sein des laboratoires du SAT. La valve pourrait ainsi être commercialisée pour moins de 1000$ aux pays en voie de développement, soit trente fois moins que les produits disponibles sur le marché actuel.

Rédacteur(s) : Aude Zuliani - Chargée de mission scientifique - aude.zuliani chez diplomatie.gouv.fr- Pierre Lemonde - Attaché scientifique - pierre.lemonde chez diplomatie.gouv.fr- Service de Coopération et d’Action Culturelle, Ambassade de France à Pretoria