L’action de la France au G20 et au G7

L’action de la France dans le cadre du G20

Objectifs

Le G20 se réunit au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement depuis la crise financière de 2008 (Sommet de Washington les 14-15 novembre 2008), dont il a contribué à la gestion et à la résolution. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, le G20 s’est imposé comme une enceinte de discussion informelle et de pilotage de l’économie mondiale et des questions globales.

Le G20 se réunit au niveau des chefs d’Etat à l’occasion d’un sommet annuel organisé au second semestre. Des sommets extraordinaires peuvent être convoqués par la présidence si l’actualité l’exige. Le G20 se réunit également au niveau ministériel pour évoquer, avec un ordre du jour autonome, les principaux dossiers internationaux relevant d’un champ ministériel donné (finances, agriculture, commerce…). Les réunions des chefs d’Etats aussi bien que celles des ministres se concluent par un communiqué public qui souligne les principaux points d’accord des pays du G20.

Membres

Le G20 est souvent présenté comme le « premier forum de coopération économique mondial ». Il réunit 19 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie) ainsi que l’Union Européenne, et accueille en outre des représentants du FMI et de la Banque Mondiale.

Présidence

Le G20 existe depuis 1998 au niveau des ministres des finances et des gouverneurs de Banques centrales. En 2008, la France a promu la réunion du G20 au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement et en a exercé la présidence en 2011 (Sommet de Cannes). La France voit dans le G20 une enceinte de dialogue unique entre pays développés et grands pays émergents, propre à répondre aux défis économiques immédiats et futurs.

Actions, positions et engagements de la France

Au sein de l’enceinte, la France encourage une action diversifiée du G20, y compris sur des sujets non strictement économiques, comme la lutte contre le réchauffement climatique (dans la continuité de la COP21), le domaine social (« task force » pour l’emploi créée sous sa présidence), le domaine agricole (sécurité alimentaire et réponse au défi démographique en matière agricole), le domaine du développement et la promotion des Objectifs du Développement Durable (ODD) et le dialogue du G20 avec les organisations régionales (UA, CEDEAO, ASEAN, APEC) et les Nations Unies.

Dans le domaine économique, la France soutient les efforts du G20 visant à écarter le protectionnisme en matière commerciale, à favoriser une trajectoire soutenable dans la gestion des dettes publiques, à encourager la demande intérieure dans les pays dont la dette est soutenable. Elle promeut également la mise en place d’une régulation et d’une supervision renforcées et mieux coordonnées des marchés et établissements financiers dans les cadres législatifs des États membres et souhaite voir rééquilibrée la gouvernance financière internationale dans le cadre des institutions de Bretton Woods (grâce notamment à une représentation de chaque pays plus fidèle à son poids dans l’économie mondiale).

Dans le domaine financier et fiscal, plus spécifiquement, la France soutient l’action du G20 visant à réguler et à superviser les institutions financières (institutions d’importance systémique au niveau mondial et national, banques et assurances). Elle est également à l’initiative dans la lutte contre les juridictions non coopératives (l’affaire des « Panama Papers » a démontré l’importance de la lutte contre les « paradis fiscaux »), la régulation du système bancaire parallèle (institutions n’ayant pas le statut de banques mais servant d’intermédiaires financiers), la régulation des agences de notation et la lutte contre la volatilité des prix des matières premières (énergétiques et agricoles), ainsi que la lutte contre le financement du terrorisme.

Le G7

Le G7 a été créé à l’initiative de la France pour faire face à la crise consécutive au premier choc pétrolier. Réuni pour la première fois en 1975 au sommet de Rambouillet, le G7 est le groupe informel des sept économies avancées, dont les chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent une fois par an lors d’un sommet. Les pays du G7 représentaient 50% du PIB mondial en 2016, contre plus de 70% en 1975. Ils représentent environ 10% de la population mondiale et 65% du commerce international.

Objectifs

Le G7 est un groupe informel qui ne prend pas de mesures à caractère obligatoire. Il a un rôle d’orientation, de coordination et d’impulsion politique. Sa valeur ajoutée et son efficacité résident dans son caractère direct et informel, une forte tradition de travail en commun et un socle de valeurs communes : la démocratie, le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, le libre marché, le respect du droit international et une conscience aigüe de la part de ses membres de leurs responsabilités internationales.

Les membres du G7 s’efforcent d’identifier ensemble des mesures à prendre, là où leur action conjointe peut apporter une valeur ajoutée, sur les grandes questions touchant aux enjeux politiques de la sécurité, de la gouvernance de la mondialisation et de la gestion des biens publics mondiaux. Le G7 n’est pas une institution internationale. Il ne prend pas de mesures à caractère obligatoire mais fixe des objectifs et des standards communs.

Le G7 a été, au cours des quarante dernières années, la principale enceinte d’orientation et d’impulsion au plan international dans des domaines de plus en larges au fil du temps : économie dès l’origine, mais aussi paix et sécurité, lutte contre le terrorisme, développement, santé, environnement et changement climatique. Il a ainsi permis la mise en place d’un cadre collectif de régulation de la mondialisation.

Le G7 a également fait une priorité de la lutte contre le terrorisme et a notamment été à l’origine de la création du Groupe d’action financière (GAFI) en 1989 lors du sommet de Paris pour lutter contre les flux financiers illicites. Le G7 a été en pointe de la réaction de la communauté internationale à la fin de la guerre froide (création de laBanque européenne de reconstruction et de développementen 1989) ou, plus récemment, aux « Printemps arabes » avec le Partenariat de Deauville lancé en 2011.

Depuis le sommet de Rio en 1992, les enjeux de développement et de lutte contre le réchauffement climatique sont au cœur de l’agenda du G7. Le G7 a ainsi été à l’origine du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (2001) et a fortement soutenu la négociation puis la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Accord de Paris sur le climat(2015).

Le G7 s’appuie sur des échanges avec des pays tiers, notamment des pays en développement, avec des représentants de la société civile et avec des organisations internationales pertinentes pour alimenter ses travaux. Les engagements souscrits dans le domaine du développement font d’autre part l’objet depuis 2010 d’un exercice annuel de « redevabilité ».

Membres

Les membres du G7 sont la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada. Composé de six membres à sa création en 1975, puis de sept avec le Canada en 1976, le groupe est devenu le G8 avec l’inclusion de la Russie à partir de 1998. En réaction à la crise russo-ukrainienne, les membres du G7 ont décidé en mars 2014 de suspendre les travaux du G8, alors sous présidence russe. Le sommet de Bruxelles (4-5 juin 2014) a confirmé la reprise de l’ensemble des travaux du G8 sous un format G7. L’Union européenne est associée depuis 1977.

Présidence et les sommets des dirigeants du G7

Le G7 est présidé à tour de rôle, du 1er janvier au 31 décembre, par chacun des pays membres dans l’ordre suivant : France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie et Canada. L’Union européenne ne fait pas partie de ce roulement bien qu’elle soit représentée au sommet par le Président du Conseil européen et le Président de la Commission européenne. Des pays tiers peuvent être invités par la présidence à participer à certaines sessions du sommet du G7, notamment celles portant sur le développement. Les pays africains sont le plus souvent conviés en priorité.

En 2017, l’Italie a exercé la présidence du Groupe ; le sommet des dirigeants s’est tenu à Taormine (Sicile), les 26 et 27 mai 2017. Le Canada préside le G7 en 2018 et organisera un sommet à Charlevoix (Québec) les 8-9 juin 2018. La France exercera à son tour la présidence du G7 en 2019.
Depuis la création du groupe, la France a accueilli six sommets du G7 :

• Rambouillet, Yvelines (1975)
• Versailles, Yvelines (1982)
• Arche de la Défense, Hauts-de-Seine (1989)
• Lyon, Rhône (1996)
• Évian, Haute-Savoie (2003)
• Deauville, Calvados (2011)

Fonctionnement du G7

Le pays assurant la présidence du G7 organise le sommet et convie un certain nombre de réunions préparatoires. La présidence est également responsable de la communication au nom du G7 et des relations avec les pays non membres du G7, les organisations internationales, les ONG et la société civile en général.

Les dirigeants du G7 nomment des représentants personnels, les « sherpas », pour préparer les travaux du G7. La nomination des sherpas varie d’un pays à l’autre. En France, le sherpa est habituellement le conseil diplomatique du Président de la République, tandis que le sous-sherpa G7 est le Directeur général de la mondialisation au sein du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les sherpas et les sous-sherpas sont chargés de mener la négociation du communiqué du G7 et leurs réunions régulières permettent d’entretenir un dialogue de haut-niveau en format G7 tout au long de l’année.

En plus du sommet, la présidence peut décider d’organiser des réunions des ministres du G7, dont les conclusions font l’objet de communiqués. Des réunions des ministres des Finances sont organisées depuis 1973, ayant précédé la création du groupe. Des réunions des ministres des Affaires étrangères se tiennent chaque année depuis 1998, pour évoquer les crises politiques et les questions de sécurité. D’autres réunions ministérielles sont organisées pour approfondir les travaux du G7 sur les thématiques retenues comme prioritaires par la présidence.

Des groupes d’experts se réunissant à intervalle régulier participent à la préparation du sommet du G7 et permettent un dialogue régulier entre spécialistes, sur des sujets pour lesquels la coordination internationale est indispensable. Plus de quinze groupes de travail sont actifs à ce jour. Ils traitent de sujets liés à la sécurité et aux menaces transfrontalières (désarmement, maintien de la paix, lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, non-prolifération, etc.) et aux enjeux globaux (santé, sécurité alimentaire, migrations, climat et fragilités, etc.). Le groupe de travail redevabilité prépare chaque année un rapport visant à évaluer la mise en œuvre des engagements du G7 en matière de développement.

Ces dernières années, le G7 a fortement développé l’implication de la société civile dans ses travaux, à travers la création de groupes d’engagement. Ces groupes permettent aux représentants des différents secteurs de la société d’échanger entre eux et d’adresser des recommandations aux chefs d’Etat et de gouvernement. Les sept groupes existants réunissent des représentants des ONG, de la jeunesse, des femmes, des panels d’experts, de la recherche, des syndicats et des organisations patronales.

Mise à jour : 24.04.18

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