La France au FMI et à la Banque Mondiale

Le FMI

Gouvernance du FMI

Le Fonds Monétaire International (FMI) a été créé en juillet 1944, lors de la Conférence de Bretton Woods (États–Unis). Les 44 gouvernements représentés voulaient établir un cadre de coopération économique destiné à prévenir le retour aux politiques économiques non coopératives qui avaient contribué à l’extension au plan mondial de la crise économique des années 1930. Il compte aujourd’hui 189 pays membres, la République de Nauru ayant rejoint le Fonds le 12 avril 2016.

Le FMI a pour objectif de promouvoir la coopération monétaire internationale, de faciliter la croissance équilibrée du commerce mondial, de s’assurer de la stabilité des changes et de mettre ses ressources à disposition des pays confrontés à des difficultés de balance des paiements.

Les grandes orientations du FMI sont définies par le Conseil des Gouverneurs qui se réunit une fois par an lors de l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque Mondiale. Sa gestion au quotidien est supervisée par un Conseil d’administration composé de vingt-quatre administrateurs.

La Directrice générale du FMI est, depuis juillet 2011, la Française Christine Lagarde. À l’issue de son premier mandat de 5 ans, elle a été renouvelée dans ses fonctions en juillet 2016 par le Conseil d’administration du FMI.

Chaque pays membre du FMI se voit attribuer une quote-part en fonction de sa position relative dans l’économie mondiale. Cette quote-part définit le montant de ressources financières que chaque pays est tenu de fournir à l’institution, ses droits de vote et le montant de l’aide financière qu’il peut obtenir du Fonds.

Les ressources du FMI proviennent principalement des quotes-parts de ses membres. En cas d’insuffisance, le Fonds peut s’appuyer sur des mécanismes d’emprunt multilatéraux et bilatéraux auprès de ses membres. Avec l’entrée en vigueur de la 14e revue de ses ressources en 2016, les ressources totales du FMI ont été augmentées et atteignent 940 milliards de droits de tirage spéciaux, communément appelés DTS (soit 1 310 milliards de dollars). La France a participé à cet effort à hauteur de 42 milliards de dollars.

Depuis la crise économique de 2008, le FMI s’est engagé dans un profond mouvement de réforme de sa gouvernance, avec pour objectif principal de rendre celle-ci plus représentative des réalités économiques actuelles, notamment du poids des pays émergents dans l’économie mondiale.

La France et le FMI

Le représentant de la France auprès du Conseil des Gouverneurs du FMI est habituellement le ministre des Finances ou le gouverneur de la Banque de France.

Depuis la réforme du conseil d’administration du FMI (janvier 2016), la totalité des 24 administrateurs sont élus. Auparavant, les pays qui détenaient les cinq quotes-parts les plus élevées (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni) pouvaient chacun nommer un administrateur et 19 administrateurs étaient élus par les autres pays membres.

La France dispose actuellement de 4,225 % des quotes-parts du FMI, ce qui la place en cinquième position après les États-Unis d’Amérique, le Japon, la Chine et l’Allemagne et à égalité avec le Royaume-Uni (en vertu d’un accord de parité). La réforme de 2010 sur l’augmentation des quotes-parts a permis d’augmenter celles attribués à la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil afin de mieux refléter leur poids croissant dans l’économie mondiale.

Dans le contexte d’instabilité et d’incertitude économique et financière faisant suite à la crise économique de 2008 et aux tensions commerciales actuelles, la France défend le rôle-pivot du FMI pour garantir la stabilité financière internationale. Elle a ainsi activement soutenu l’augmentation des ressources du FMI décidée en juin 2012 au G20 de Los Cabos.

Plus d’informations sur le Fonds Monétaire International, sa gouvernance et ses instruments sont disponibles sur le site de la Banque de France.

La Banque Mondiale

Gouvernance de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale réunit 5 entités :

  • la Banque Internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, 1944), spécialisée dans le financement du développement des pays à revenus intermédiaires ;
  • l’Association Internationale de développement (AID, 1960), dont l’objectif est de proposer aux pays à faible revenu des financements sous forme de prêts concessionnels ou de dons ;
  • la Société Financière Internationale (SFI, 1956), en charge de financer le secteur privé ;
  • l’Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (AMGI, 1988), qui garantit les investissements contre les risques politiques ;
  • et le Centre International de Règlement des Différends relatifs à l’Investissement (CIRDI, 1966).

Le Président de la Banque mondiale est, depuis le 1er juin 2012, l’Américain Jim Yong Kim.

Les 188 pays membres délèguent certains aspects de leur mandat à 25 Administrateurs. Les cinq principaux actionnaires (États-Unis (16 %), Japon (9 %), Allemagne (4,6 %), Royaume-Uni et France (4,13 % chacun) nomment chacun un administrateur, les autres pays membres étant représentés par 20 administrateurs élus.

Depuis 2008, la Banque mondiale a engagé dans un profond mouvement de réforme de sa gouvernance avec pour objectif principal de rendre celle-ci plus représentative des réalités économiques actuelles et de renforcer la représentation des pays en développement (avec notamment la création, soutenue par la France, d’une troisième chaise africaine au conseil d’administration).

À l’issue de l’augmentation de capital approuvée en 2010, le capital de la BIRD s’élèvera à 276 Mds$. En 2012, la BIRD a engagé 20,6 Mds$, l’AID 14,8 Mds$ (dont 7,4 Mds$ en Afrique subsaharienne) et la SFI 15,5 Mds$.

La Banque mondiale propose deux objectifs pour décliner sa mission de réduction de la pauvreté : éliminer l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée, et ce d’une façon durable sur le plan environnemental et social. La France promeut l’orientation de cette stratégie vers les pays les plus pauvres.

L’année 2013 est marquée par les discussions sur la nouvelle stratégie de la Banque mondiale de lutte contre la pauvreté et par la reconstitution « IDA-17 » (triennale) des ressources de l’AID. La précédente reconstitution, « AID-16 », pour les années 2012-2014, représentait un total de 50 Mds$. La contribution française s’élevait à 1,2 Md€ (5e rang, 5%).

La France défend une augmentation des moyens en faveur des États fragiles, ainsi qu’une réforme des modalités d’intervention (meilleure coordination entre banques multilatérales, procédures plus flexibles, approche régionale). Cette catégorie inclura prochainement le Mali, où la Banque mondiale a promis d’engager 500 M$ lors de la Conférence des bailleurs le 15 mai 2013.

Mise à jour : avril 2019

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