Rapport d’expertise - Architecture française à l’export : bilan et perspectives

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Les architectes français réalisent de bonnes performances à l’international par rapport à leurs voisins européens : avec 4,7 % du chiffre d’affaires réalisé à l’export, les architectes français se placent devant leurs confrères allemands, italiens, belges ou espagnols. Ce dynamisme se fonde sur leur créativité, leur capacité d’adaptation au contexte local et leur expertise concernant les projets urbains, l’architecture durable ou les équipements culturels. Néanmoins, la nécessité de construire la démarche d’export sur le temps long, en disposant d’une véritable stratégie et de moyens humains et financiers suffisants, freine les architectes français dans leur projection à l’international. L’effet de ces freins est renforcé par un contexte mondialisé où de grosses structures anglo-saxonnes peuvent se permettre de présenter des offres clé en main, qui vont du financement à la construction. Le secteur de l’architecture française représente donc un gisement de potentiel d’export qui pourrait être mieux exploité, d’autant que, contrairement aux idées reçues, l’export est également accessible à des agences de taille relativement modeste, dont cette étude estime le seuil critique à cinq salariés.

Dans cette optique d’encouragement de l’export des architectes français, la présente étude vise à développer une meilleure connaissance du paysage des agences françaises exportatrices, de leurs trajectoires d’insertion à l’international, et de leurs besoins. Elle dresse également un panorama des nombreux dispositifs publics de soutien financier et d’accompagnement à l’export existant et des acteurs qui les portent. Enfin, est mené un bref examen de la situation des architectes exportateurs et des structures qui les soutiennent au Royaume-Uni et en Allemagne.

Les différents temps de cette étude permettent de discerner des pistes pour que le soutien public à l’export soit mieux adapté aux attentes et aux besoins des professionnels. Les recommandations formulées à ce titre concernent, par exemple, la définition de zones d’export prioritaires sur lesquelles concentrer les efforts des pouvoirs publics, l’accroissement de la concertation entre les différents services de l’État et la formation de certains agents publics aux problématiques du secteur, la promotion de l’architecture comme un pan important de la diplomatie culturelle ou encore la formation des architectes à l’élaboration de stratégies d’export de long terme.