Les canaux d’action de l’aide française

L’aide publique au développement (APD) peut emprunter plusieurs canaux d’acheminement :

  • bilatéral : aide directe d’un pays vers un autre ;
  • européen : mise en œuvre dans le cadre de l’Union européenne ;
  • multilatéral : mise en œuvre par les organisations et programmes internationaux.

L’influence de la France et sa capacité à promouvoir sa vision des grands enjeux du développement requièrent tant une coopération bilatérale réactive et visible qu’un engagement clair dans les institutions européennes et internationales.

En 2016, le gouvernement a décidé d’augmenter de 4 Mds€ les financements du groupe Agence française de développement (AFD) en faveur du développement durable d’ici 2020, dont 2 milliards seront consacrés aux défis climatiques. Parallèlement, 400 M€ supplémentaires seront alloués aux pays les plus fragiles sous forme de dons bilatéraux. Il a décidé que la France renforcera sa mobilisation pour le climat avec un engagement de 5Mds€ d’ici 2020 et promeut par ailleurs les financements avec des co-bénéfices climatiques. Le rapprochement entre l’Agence française de développement et la Caisse des Dépôts et consignations (CDC), acté le 6 décembre 2016, permettra d’accroître l’efficacité et la réactivité du dispositif de financement du développement durable. Les deux institutions se renforceront mutuellement en bénéficiant de synergies dans l’usage de leurs compétences, réseaux et outils de financement respectifs.

Le CICID du 8 février 2018 a fixé de nouvelles orientations à l’aide française autour de la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD), de l’Accord de Paris sur le climat, protection des biens communs mondiaux. Il engage un reprofilage de notre APD d’ici à 2022, qui se caractérisera par une part plus importante de dons et d’action bilatérale, et une proportion de notre aide plus grande transitant par le canal des organisations de la société civile et des organisations humanitaires. En vue de poursuivre la rénovation de cette politique, le Premier Ministre a confirmé lors de son discours de politique générale du 12 juin 2019 qu’une nouvelle loi relative à la politique de développement serait déposée au Parlement à l’automne.

Le CICID a également acté un saut quantitatif sans précédent de l’aide sous forme de projets bilatéraux, avec un milliard d’euros additionnels pour les autorisations d’engagement des dons projets de l’AFD.

Il marque également une inflexion significative du budget sur d’autres éléments clés, visibles pour certains dès 2019 :

  • l’atteinte d’un premier palier de 100 M€ pour l’aide bilatérale d’urgence et de sortie de crise, dans le cadre de la stratégie humanitaire de la France, qui vise un total de 500 M€ d’interventions bilatérales et multilatérales en 2022 ;
  • la hausse des crédits transitant par les organisations de la société civile, via le guichet dédié de l’AFD ;
  • le renforcement de la contribution française au Partenariat mondial pour l’éducation (PME), qui atteindra 200 M€ sur 3 ans, comme l’a annoncé le Président de la République en février dernier lors de la conférence de reconstitution du PME au Sénégal. Sur la même période, l’AFD consacrera 100 M€ de subvention additionnels au secteur de l’éducation de base pour renforcer l’effet de levier entre financement bilatéraux et multilatéraux dans nos pays prioritaires et en cherchant à y valoriser l’expertise française ;
  • les montants alloués à la Facilité d’atténuation des vulnérabilités gérée par l’AFD (MINKA) seront doublés, pour atteindre 200 M€ par an d’ici à 2020 ;
  • en matière de lutte contre le changement climatique, la France s’engage à ce que les volumes de financements à co-bénéfice « climat » représentent au minimum 50 % des engagements de l’AFD et soient renforcés, pour atteindre 1,5 milliards d’euros par an d’ici 2020.

Mise à jour : juillet 2019