Sénégal : inauguration de l’école nationale de cybersécurité à vocation régionale de Dakar

Le 6 novembre 2018, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a inauguré à Dakar une nouvelle école consacrée à la formation des cadres africains aux enjeux de cybersécurité.

Cette école, unique en son genre en Afrique, a vocation à devenir un pôle de référence en la matière. Les premières formations y seront dispensées en 2019.

Un engagement fort de la France pour renforcer la lutte contre la cybercriminalité en Afrique

Jean-Yves Le Drian avait affirmé cet engagement lors du Forum Paix et Sécurité de Dakar, en novembre 2017, et en avait précisé les contours : « Il s’agit d’un projet innovant, en vue de renforcer les capacités de nos partenaires africains dans la réponse aux menaces cyber, que ce soit la protection des réseaux, la réponse aux cyber-attaques, mais aussi la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme, qui sont des menaces tout à fait réelles qui ne sont pas limitées au monde européen ou au monde américain. On voit bien l’enjeu que cela représente, ici, pour l’Afrique. »

La cybersécurité, un enjeu de plus en plus présent sur le continent africain

Les phénomènes d’usage d’internet à des fins terroristes, pour le financement du terrorisme et la diffusion de discours extrémistes encourageant à la radicalisation, constituent des menaces pour la stabilité de ces États. L’utilisation d’internet à des fins criminelles pour extorquer de l’argent ou détourner des systèmes de transfert constituent également un défi à la sécurité. En outre, le cyberespace ne connaissant pas de frontière, cette criminalité peut potentiellement affecter les États au-delà du continent africain.

Installée provisoirement dans les locaux de l’ENA sénégalaise, cette nouvelle école a pour but d’augmenter les capacités locales des États africains à lutter contre la délinquance, le terrorisme ou la radicalisation et à développer des moyens d’investigation numérique contre les cybercriminels. Elle vise également à renforcer la coopération régionale des États africains dans ce domaine, par l’harmonisation de l’expertise et des pratiques.

Des formations courtes et opérationnelles

Les formations dispensées dans cette école, pour la plupart courtes (allant de quelques jours à quelques semaines), porteront sur la dimension stratégique de la cybersécurité (enjeux juridiques et gouvernance de la cybersécurité) et sur ses aspects techniques et opérationnels (sécurité des systèmes d’information, lutte contre la cybercriminalité, recueil du renseignement). Par exemple, dans le domaine de lutte contre la cybercriminalité, elle permettra de délivrer le certificat d’enquêteur spécialisé en investigations numérique ou de technicien en traces numériques.

Un public diversifié, concerné par les enjeux de cybersécurité

L’école offrira des formations à des cadres des États africains déjà en charge dans leurs services des questions de sécurité numérique afin de leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences. Elles s’adresseront plus particulièrement aux cadres et experts concernés par le sujet de la cybersécurité : cadres supérieurs et intermédiaires d’administration, policiers et gendarmes, juristes, magistrats, douaniers, agents des finances publiques, informaticiens etc. Son objectif est également d’élargir à terme ses formations au monde universitaire africain, à la société civile et au secteur privé.

Un projet réalisé grâce à un partenariat interministériel franco-sénégalais

Du côté sénégalais, ce projet est rattaché à la présidence de la République et à la Commission nationale de cryptographie. En outre différents ministères sont impliqués dans sa création et son développement : Défense, Police, Gendarmerie, Douanes, Justice, Finances, Enseignement supérieur, ADIE. En France, le MEAE portera ce projet à la conception duquel les ministères des Armées et de l’Intérieur sont associés, ainsi que l’ANSSI pour ses conseils et son expertise. Cette école s’inscrit en effet dans le cadre de la stratégie nationale de cybersécurité du Sénégal pour un cyberespace sécurisé en 2022, notamment dans ses objectifs de formation, d’éducation et de développement des compétences, ainsi que de diffusion d’une culture de sécurité dans ce domaine.

La France contribue au projet notamment à travers le financement de deux experts techniques français (le futur directeur des études de l’école et un formateur spécialiste cyber et informaticien) et par la dotation en matériel informatique spécialisé. Elle participera également au financement des formations régionales professionnelles qui seront lancées dans le cadre de ce projet.

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