L’aide multilatérale de la France

L’aide multilatérale représente 41 % de l’aide publique au développement (APD de la France en 2017 (4,2 milliards d’euros). La moitié de cette aide multilatérale est destinée à notre contribution à l’aide européenne (2,1 milliards d’euros).

Le canal multilatéral permet à la France d’exercer pleinement son influence et sa responsabilité dans le système international et de participer aux grands débats internationaux sur le développement. Il permet d’augmenter l’effet de levier de ses ressources investies dans le développement et, par la mutualisation des moyens, de traiter de problématiques hors de portée de l’action bilatérale. Enfin le canal multilatéral permet à la France de participer à l’effort de solidarité internationale dans les géographies et les secteurs où elle n’intervient pas à titre bilatéral.

Le soutien de la France aux institutions multilatérales est cohérent avec son appui à la définition de véritables politiques publiques globales pour traiter des enjeux globaux du développement. La France utilise le canal multilatéral pour intervenir dans certains secteurs stratégiques prioritaires : dans le secteur de la santé en premier lieu, où l’APD française est quasi exclusivement multilatérale ainsi que dans le soutien à l’éducation de base ou à l’environnement.

Au-delà de l’activité des banques de développement et des organisations à vocation plurisectorielle, la France contribue à ces secteurs via des fonds spécialement dédiés : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP), GAVI, et UNITAID pour la santé, et le Partenariat mondial pour l’Education (PME) ou le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

En 2017, la France s’est dotée d’une stratégie pour l’aide multilatérale, incluant les grandes familles d’institutions (instruments européens de développement, banques de développement, institutions onusiennes et fonds verticaux). Cette stratégie définit les priorités françaises portées dans les enceintes multilatérales et met en lumière les moyens d’optimiser l’articulation de l’aide bilatérale et multilatérale et de réduire la fragmentation de l’aide.

Composition de l’aide publique au développement multilatérale

L’aide multilatérale de la France est répartie entre quatre familles d’organisations internationales de développement :

Les instruments européens de développement, qui reçoivent la moitié de l’aide multilatérale française.

L’aide européenne est canalisée à travers trois principaux instruments : (i) le Fonds Européen de Développement (FED), qui constitue la première source d’aide publique au développement gérée par la Commission européenne (11e FED, 30,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020) et finance des interventions dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ; (ii) l’Instrument de Coopération au Développement (ICD), utilisé pour couvrir des zones géographiques (Amérique Latine, Asie, Moyen-Orient et Afrique du Sud) ou thématiques données (développement humain, acteurs non-étatiques et autorités locales, environnement, sécurité alimentaire, migrations et asile) ; et (iii) l’Instrument Européen de Voisinage (IEV), qui couvre les pays méditerranéens, d’Europe orientale et les Balkans

Les fonds verticaux en matière de santé et d’environnement abondés à hauteur de 24 % de l’aide multilatérale française.

Pour la santé, ces institutions comprennent le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, les facilités internationales pour l’achat de médicaments et la vaccination, et Gavi, l’alliance du vaccin. Pour l’environnement, il s’agit du Fonds vert pour le climat ainsi que le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).

Les banques multilatérales de développement (BMD), auxquelles la France alloue 20 % de son aide multilatérale.

Les BMD financent des projets dans des secteurs variés (ex : infrastructures, agriculture, promotion de l’égalité femmes-hommes, renforcement des capacités administratives), participent de l’élaboration des normes internationales et mettent en œuvre de mesures de soutien en cas de crises. Le Groupe de la Banque Mondiale reçoit près de 9 % de l’aide multilatérale française tandis que les banques régionales de développement (i.e. Groupes de la Banque Africaine de Développement, de la Banque Asiatique de Développement et de la Banque Interaméricaine de Développement) en canalisent 11 %.

Les agences, fonds et programmes des Nations unies, bénéficiaires d’environ 6 % de l’aide multilatérale de la France.

Dans les enceintes onusiennes, la France privilégie les thématiques de la paix et des droits humains, de l’aide humanitaire et de la sécurité alimentaire. Parmi les premières institutions financées par la France figurent ainsi le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation Internationale du Travail (OIT), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

La France participe également activement au réseau MOPAN (Multilateral Organization Performance Assessment Network), dont les travaux visent à évaluer la performance des organisations multilatérales de développement.

Les travaux du MOPAN permettent aux 17 pays membres de mutualiser leurs efforts et se renforcer la légitimité des démarches évaluatives auprès des organisations concernées. Dans le cadre du groupe Utstein la France entretient également un dialogue attentif et rigoureux avec les agences, fonds et programmes des Nations Unies sur leurs orientations stratégiques et organisation interne.

Mise à jour : juillet 2019

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