Déclaration des ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis d’Amérique (18 février 2021)

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Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni et le secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique ont tenu une réunion virtuelle, pour la deuxième fois dans ce format depuis l’entrée en fonctions du secrétaire d’État Blinken, afin d’évoquer le dossier iranien et d’autres dossiers urgents. Les ministres ont réaffirmé que le partenariat transatlantique était indispensable pour faire face aux défis auxquels le monde est confronté notamment en matière de sécurité, en matière climatique, économique et sanitaire.

En ce qui concerne l’Iran, les E3 et les États-Unis ont souligné leur intérêt de sécurité essentiel commun à préserver le régime de non-prolifération nucléaire et garantir que l’Iran ne puisse jamais acquérir une arme nucléaire. Dans ce contexte, la conclusion du Plan d’Action Global Commun (PAGC) a constitué un succès majeur de la diplomatie multilatérale. Les E3 ont salué l’intention déclarée par les États-Unis de revenir à la diplomatie avec l’Iran ainsi que la reprise d’un dialogue approfondi et confiant entre les E3 et les États-Unis. Les ministres ont affirmé leur grand intérêt pour la poursuite de leurs consultations et de leur concertation, y compris avec la Chine et la Russie, sur cet enjeu de sécurité majeur, et ils ont salué le rôle joué par le Haut représentant de l’Union européenne en tant que coordonnateur de la Commission conjointe.

Les E3 et les États-Unis ont affirmé leur objectif commun de voir l’Iran revenir au plein respect de ses engagements au titre du PAGC. Le Secrétaire d’Etat Blinken a rappelé que, comme l’avait déclaré le Président Biden, si l’Iran revenait au strict respect de ses engagements au titre du PAGC, les États-Unis feraient de même et qu’ils étaient prêts à entamer des discussions avec l’Iran afin d’y parvenir.

Dans ce contexte, les E3 et les États-Unis ont appelé l’Iran à ne prendre aucune mesure supplémentaire, en particulier concernant la suspension du Protocole additionnel et la limitation des activités de vérification menées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en Iran. Les E3 et les États-Unis soulignent conjointement que toute décision visant à limiter l’accès de l’AIEA serait dangereuse, et appellent instamment l’Iran à prendre en considération les conséquences d’une mesure aussi grave, en particulier dans ce moment d’opportunité pour un retour à la diplomatie. Ils ont réitéré leur plein soutien à l’action professionnelle et impartiale de l’AIEA et de son directeur général, ainsi qu’à leurs efforts pour assurer la vérification et le suivi nécessaires des engagements nucléaires de l’Iran au titre du PAGC.

Les E3 et les États-Unis ont également exprimé leur préoccupation commune concernant les mesures prises récemment par l’Iran pour produire de l’uranium enrichi à 20 % et de l’uranium métallique. Ces activités n’ont aucune application civile crédible. La production d’uranium métallique est une étape clé dans le développement d’une arme nucléaire.

Les E3 ont salué la perspective d’un retour des États-Unis et de l’Iran au respect du PAGC. Les E3 et les États-Unis ont affirmé leur détermination à renforcer, par la suite, le PAGC et, en concertation avec les Etats de la région et l’ensemble de la communauté internationale, à répondre aux préoccupations de sécurité plus larges liées aux programmes de missiles et aux activités régionales de l’Iran. Les E3 et les Etats-Unis sont déterminés à travailler ensemble à la réalisation de ces objectifs.

Les ministres ont également appelé l’Iran à libérer l’ensemble de leurs ressortissants détenus arbitrairement et à leur permettre de retrouver leur famille. En outre, ils ont exprimé leur profonde inquiétude concernant les violations graves et constantes des droits de l’Homme en Iran.

Les E3 et les États-Unis sont prêts à s’engager avec leurs partenaires afin de travailler ensemble à la réalisation de ces objectifs essentiels.

Les ministres ont par ailleurs fait part de leur détermination conjointe à œuvrer en faveur d’une désescalade des tensions dans la région du Golfe. Ils ont souligné en particulier qu’il était urgent de mettre fin à la guerre au Yémen, tout en réaffirmant leur engagement constant en faveur de la sécurité de leurs partenaires dans la région. Concernant le Yémen, les ministres sont convenus de travailler en étroite collaboration en soutien aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies, Martin Griffiths, pour mettre un terme à la guerre et faire face à la crise humanitaire. Ils ont exprimé leur préoccupation au sujet de la récente offensive contre Marib et des frappes visant des infrastructures civiles en Arabie saoudite menées par les Houthis, et ils ont appelé ces derniers ainsi que toutes les Parties yéménites à prendre part de manière constructive au processus politique.

S’agissant de l’Irak, les ministres ont réaffirmé leur condamnation de l’attaque par roquettes du 15 février sur Erbil. Ils ont exprimé leurs condoléances pour les victimes, leurs familles et leur sympathie au peuple irakien, et ont souligné qu’aucune attaque contre le personnel et les installations des États-Unis, de la Coalition ou de l’OTAN ne serait tolérée. Les ministres ont renouvelé leur soutien au gouvernement irakien.

S’agissant du défi posé par Daech, les ministres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les efforts essentiels visant à combattre et à éliminer la menace que représente Daech en Irak et en Syrie, notamment ceux menés par les 83 membres de la Coalition internationale contre Daech. Ils ont également souligné l’importance croissante que ces efforts soient coordonnés contre la menace que représentent les réseaux de Daech partout dans le monde.

Les ministres sont convenus d’agir en étroite concertation pour traiter les défis globaux posés par la Chine et la nécessité parallèle d’une coopération sur plusieurs enjeux tels que le changement climatique.

Ils ont condamné le coup d’État militaire intervenu en Birmanie. Ils ont appelé les dirigeants des forces armées à mettre immédiatement fin à l’état d’urgence, à permettre au gouvernement élu démocratiquement de reprendre le contrôle du pays, à s’abstenir de toute violence, à libérer toutes les personnes détenues injustement et à respecter les droits de l’Homme et l’Etat de droit.

Les ministres sont convenus qu’il était important de renforcer davantage l’OTAN et de faire en sorte que cette organisation soit en mesure d’affronter les réalités stratégiques d’aujourd’hui en s’appuyant sur les recommandations faites par le groupe de réflexion de l’OTAN.

Les ministres sont convenus qu’une coopération internationale et multilatérale forte était essentielle pour mettre fin à la pandémie de la COVID-19 et pour procéder ensemble à une reconstruction plus solide. Ils ont examiné les efforts déployés à l’échelle mondiale, notamment le soutien apporté au déploiement rapide des vaccins à l’échelle de la planète, en tout premier lieu grâce à la facilité COVAX du Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (ACT-A).

Ils sont convenus de travailler de manière urgente pour faire face à la crise climatique, dans la perspective de la 26e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain. Ils sont convenus de la nécessité de prendre des mesures collectives importantes pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, y compris pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré Celsius. Ils se réjouissent de la tenue prochaine du Sommet des dirigeants sur le climat aux États-Unis qu’ils considèrent comme un forum important pour relever le niveau d’ambition sur le climat.

Image Diaporama -

© Judith Litvine / MEAE

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