Autonomisation économique des femmes en milieu rural (Conseil régional de Grand Est et la Région centrale - Togo)

Partenaires depuis 1987, les régions Grand Est et Centrale, au Togo, coopèrent sur la question du développement économique durable local. Secteur porteur et indispensable pour le développement des territoires ruraux, l’agriculture a fait l’objet de plusieurs projets. Dans le cadre d’un projet triennal (2016-2018) financé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les deux régions travaillent ensemble pour encourager la création de coopératives agricoles de femmes.

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Femmes de la région Centrale (Togo) présentant les récoltes © Conseil régional Grand Est

Image Diaporama - Femmes de la région Centrale (Togo) travaillant

Femmes de la région Centrale (Togo) travaillant les champs © Conseil régional Grand Est

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Formation sur les coopératives agricoles en direction des femmes de Kadambara (Région centrale – Togo) © Conseil régional Grand Est

Image Diaporama - Travail sur les coopératives maraîchères à (...)

Travail sur les coopératives maraîchères à Alibi, au Togo © Conseil régional Grand Est

Le projet et ses objectifs

La Région Grand Est et la Région centrale (Togo) ont mis en place un projet entre le 1er juin 2016 – 31 mai 2018 portant sur l’autonomisation économique de la femme en milieu rural par la diversification des productions agricoles. Ce projet a pour objectif d’appuyer l’organisation de coopératives de femmes en milieu rural, dont l’activité agricole est aujourd’hui principalement vivrière, afin de créer des perspectives économiques plus rentables et plus durables par la diversification et la montée en qualité des productions, et de favoriser ainsi leur autonomisation économique et les conditions de vie générales de la population.

Le projet en trois idées phares :
  • 165 femmes organisées en coopératives ;
  • Une majorité de femmes parmi les producteurs volontairement désireux de participer à une action de promotion de la culture du riz paddy, très apprécié sur le marché togolais ;
  • Création d’activités génératrices de revenus pour les femmes et participant donc à leur autonomisation économique.

Témoignage du Conseil régional Grand-Est

Pourquoi avoir choisi d’inclure la thématique égalité femmes-hommes dans votre partenariat ? Qu’a-t-elle apporté ? Quels ont été les impacts ?

L’égalité entre les sexes est un objectif récurrent et transversal de notre stratégie globale et de nos projets de coopération. Notre partenariat est en effet fondé, dans le respect des sensibilités culturelles des deux pays, sur les valeurs d’autonomisation et de dignité de l’individu. Par ailleurs, la promotion de rapports sociaux plus égalitaires est reconnue comme l’une des clefs du développement humain, économique, social et durable. La participation active de femmes, spécialement en collectifs plus ou moins formalisés, a toujours été un facteur de succès des projets mis en œuvre.

Concernant l’engagement de notre partenaire, le faible niveau de diversification et de développement des activités de contre-saison dans le système agraire togolais crée d’énormes manques à gagner dans l’économie rurale. Les femmes sont donc amenées à adopter des stratégies de survie caractérisées par la surexploitation des ressources forestières tirées de la production du charbon de bois et du bois de chauffe. Avec ce projet, nous contribuons à diversifier les productions garantissant ainsi une optimisation des revenus pour les femmes.

Quelles actions avez-vous mis en place, avec votre collectivité partenaire, en faveur de l’égalité ?

Ce projet, en complément d’autres actions de tout type et dans tout domaine incluant des femmes participantes et bénéficiaires, a été spécifiquement conçu pour appuyer des groupes de femmes, considérées comme actrices du développement. La responsabilité d’une production agricole de subsistance leur incombe en effet souvent pour une large part. Par ses méthodes mêmes, il améliorera leur situation propre au sein de leurs familles et de leurs communautés, leurs capacités de gestion de leurs affaires, de leurs engagements, de leurs revenus et de leur patrimoine, et facilitera leur accès à la parole et prise de décision dans la vie collective.

Quels bénéfices pour votre territoire et celui de votre partenaire (attractivité, dynamisme, emploi, vivre-ensemble, lutte contre les discriminations, inclusion sociale, etc.) ? Pensez-vous reconduire/ élargir cette expérience à l’avenir à d’autres projets de coopération décentralisée ?

L’action des femmes est une condition essentielle du développement économique durable du territoire, liée notamment à la conservation de l’environnement et des ressources, à la réduction de la pauvreté, et à la nutrition des enfants et à leurs conditions de santé, d’éducation et de formation. En effet, les hommes des communautés rurales sont souvent contraints de compléter une production agricole insuffisante par le braconnage et la coupe de bois de chauffe, avec des conséquences néfastes sur l’écosystème et la résistance aux changements climatiques. La diversification des productions contribue à renforcer l’économie régionale et nationale, encore très dépendante des importations. Tous les projets conçus dans le cadre de notre coopération incluent désormais cette dimension.

Grâce à ce projet, 165 femmes ont ainsi été formées sur les principes de fonctionnement des coopératives, sur les techniques de mise en place et de développement des pépinières, ainsi que sur la commercialisation et la gestion des recettes générées par l’activité. Quatre périmètres maraîchers au bénéfice des femmes de plusieurs localités (Kadambara dans la Préfecture de Tchoudjo, Langabou dans la Préfecture de Blitta et Alibil dans la Préfecture de Tchamba) sont aujourd’hui cultivés et sont en phase de production. On y produit des légumes tels que les tomates, les choux, du piment vert, des aubergines, du gombo…). De la même manière, l’unité de transformation de riz paddy géré par une coopérative de femmes a été mise en place et fonctionne aujourd’hui.

Les actions de coopération à destination des pays du sud et notamment celle intégrant les femmes permet la valorisation de nos savoir-faire, l’échange d’expériences et l’ouverture à l’international de nos acteurs.

Cette approche a-t-elle été intégrée dans d’autres politiques publiques/actions ?

Ce projet s’inscrit dans le cadre de notre politique de coopération co-développement mais également d’une façon transverse dans notre stratégie d’égalité femmes-hommes au niveau du Grand Est.

Le projet se développe jusqu’à la fin de l’année 2018. Il est certain qu’il aura des impacts notamment parce qu’il aura permis de créer des activités génératrices de revenu à destination des femmes, les rendant ainsi plus autonomes sur le plan financier. Cette approche de la thématique femmes-hommes a vocation à être davantage intégrée dans les prochains projets auxquels la région Grand Est apportera son soutien et permettra ainsi de renforcer ses actions en faveur de l’égalité femmes-hommes ici et là-bas.

Avez-vous rencontré des difficultés en choisissant d’intégrer la thématique égalité femmes-hommes à un projet ?

Nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières.

Avez-vous des recommandations pour une autre collectivité qui souhaiterait s’engager ?

Il reste fondamental de travailler, dès la conception des actions, en lien avec d’autres acteurs du développement du territoire concerné et de la coopération française, garantissant la qualité et la pérennité des réalisations par la correspondance avec les besoins locaux et l’appropriation par le public bénéficiaire.

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