Interventions à l’Assemblée nationale et au Sénat

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Italie - Réponses de Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, à des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale (Paris, 6 mars 2018)

"Nous avons surtout constaté la montée et la poussée de forces extrémistes, eurosceptiques ou antisystème. Ce pays fondateur de l’Union européenne est dans une phase de déception vis-à-vis du projet européen. Ce pays a connu une crise économique et sociale majeure, marquée par un niveau de chômage élevé."

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"Le français est la langue la plus utilisée après l’anglais dans la diplomatie européenne et elle est l’une des langues de travail au sein de l’Union européenne (UE). Pour autant, il est exact que l’on constate une évolution des pratiques qui renforce l’anglais. Le plan langue française et plurilinguisme annoncé par le président de la République à l’Institut de France le 20 mars dernier porte comme ambition de faire du français l’une des trois grandes langues-monde du 21e siècle."

"Alors que devons-nous faire face à cette situation ? Il me semble que nous devons à la fois garder nos nerfs et garder notre cap. Garder nos nerfs, cela veut dire faire la différence entre des propos d’un style assez particulier et la réalité. La réalité du sommet de l’OTAN est qu’il a abouti à une déclaration signée par tous et que l’Alliance atlantique est plus solide que jamais pour une raison simple : c’est qu’elle bénéficie à chacun de ses membres."

"Les chefs d’Etat et de gouvernement ont su définir une position commune et proposer une solution globale, coopérative et conforme aux valeurs européennes, alors même que certains appelaient à faire prévaloir les égoïsmes nationaux. Tout n’est pas réglé, c’est certain, car si les flux des migrants qui empruntent la route de Méditerranée centrale se réduisent très fortement - de 77% entre l’année dernière et cette année -, le système européen de gestion de l’asile et des migrations demeure incomplet. La question des mouvements secondaires continue à alimenter les tensions."

"Oui, aujourd’hui l’Europe est en danger. Pas tant à cause du Brexit, parce que sur ce sujet, les 27 sont unis et en cohésion et c’est plutôt du côté de Londres que l’on trouve une certaine confusion. Ce n’est pas non plus les mesures commerciales unilatérales de Donald Trump, parce que là encore, l’Union européenne a su apporter une réponse unie et ferme."

"Non, l’Europe n’est pas qu’un marché unique, l’Europe est d’abord une communauté de valeurs. C’est pour cette communauté de valeurs que s’est battue Simone Veil, et c’est pour rejoindre cette communauté de valeurs que les pays de l’Est ont adhéré à l’Union européenne, pour retrouver la liberté, pour retrouver la démocratie."

"Ce n’est pas la première fois qu’une flottille se rend en direction de Gaza pour à la fois protester contre le blocus et apporter de l’aide humanitaire, et ce n’est pas la première fois que les bateaux d’une telle flottille sont arraisonnés par la marine israélienne. C’est ce qui s’est passé dimanche, tous les passagers de Al Awda ont été arrêtés, et parmi eux, l’une de nos compatriotes, Sarah Katz."

"Il me semble qu’il y a deux aspects à votre question. Le premier, c’est la réponse immédiate à une situation d’urgence à caractère humanitaire, le secours apporté aux passagers de l’Aquarius."

"La France a pleinement pris la mesure du défi auquel l’Italie est confrontée depuis plusieurs années, face à des arrivées massives de migrants et de demandeurs d’asile."

"Vous avez raison, le Sommet du G7 s’est mal terminé et nous le regrettons. Un travail important avait été accompli, un accord était intervenu sur un texte, il n’est jamais bon de revenir sur un accord signé."

"Nous sommes en effet dans un moment international assez particulier. Notre allié américain est devenu imprévisible, notre voisin russe est peut-être lui un peu trop prévisible, et au sud de l’Europe, de la tragédie syrienne à l’instabilité libyenne, en passant par les menaces terroristes sur le Sahel, on voit bien que la question de la sécurité de l’Europe se pose de plus en plus."

"La proposition de budget présentée par la Commission n’est qu’un projet. En ce qui concerne la PAC, ce projet n’est pas acceptable."

"J’étais hier au Parlement européen et ce qui s’est passé est un vrai succès puisque le Parlement européen a voté, à une majorité de 70% des députés, en faveur de la réforme du régime des travailleurs détachés."

"Aujourd’hui, un nouveau gouvernement italien est en cours de formation. Il est trop tôt pour faire des commentaires. Mais ce gouvernement est le résultat de ces élections ; la France travaillera avec lui, parce que l’Italie est un voisin, un partenaire et un allié important. Nous travaillerons dans le souci d’un triple respect : celui des résultats de l’élection et de leur signification ; celui des engagements pris par tous et par chacun dans l’Union européenne et, plus particulièrement, dans la zone euro - nos destins sont intimement liés et il n’est ni possible ni souhaitable de faire cavalier seul au sein de l’Europe ; celui des valeurs fondamentales de l’Union européenne."

"Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, je suis heureuse de vous retrouver en cette journée de l’Europe pour cet échange sur les questions de sécurité, de migrations et de frontières."

"Monsieur le député, les élections italiennes du 4 mars ont constitué une alerte pour toute l’Europe : parce qu’elles ont montré l’essoufflement des partis politiques traditionnels en Italie comme ailleurs ; parce que les électeurs italiens ont montré leur mécontentement face à l’absence de solidarité européenne – celle des pays du Nord dans la crise financière, celle des pays de l’Est dans la crise des migrants. Cette alerte, nous devons l’entendre et y répondre."

"Le message que le Président de la République est venu délivrer est celui de l’urgence à agir en Europe, parce que l’Europe, vous l’avez rappelé, est mise au défi. Le monde est de plus en plus dangereux et instable, le protectionnisme est de retour et, pour faire face au changement climatique et accomplir la transition numérique, il faut une réponse européenne."

"Ce Conseil s’est déroulé alors que l’Union européenne était mise au défi par les Etats-Unis, au travers de mesures commerciales, par l’attaque de Salisbury et par le comportement de la Turquie en mer Egée envers deux Etats membres."

"Nous avons surtout constaté la montée et la poussée de forces extrémistes, eurosceptiques ou antisystème. Ce pays fondateur de l’Union européenne est dans une phase de déception vis-à-vis du projet européen. Ce pays a connu une crise économique et sociale majeure, marquée par un niveau de chômage élevé."

"Pour autant, nous devons travailler avec nos partenaires à un processus politique dans lequel les représentants de Bachar al-Assad seront nécessairement présents de même que l’opposition. Ceux qui, en 2012, disaient que nous n’avions pas besoin de parler avec les représentants de Bachar al-Assad parce qu’il sera tombé dans trois semaines, que nous disent-ils aujourd’hui cinq ans plus tard ?"

"S’agissant de l’Autriche, le gouvernement présidé par le chancelier Kurtz a été investi lundi. Il contient six ministres issus du FPÖ - de l’extrême-droite. Un contrat de coalition de 183 pages a été signé dans lequel les engagements européens de l’Autriche sont réaffirmés de la même manière que Sebastian Kurtz l’avait fait dès le soir de sa victoire électorale."

"En Syrie, en Irak, l’immense majorité des exactions commises le sont par Daech et par Bachar al-Assad qui, comme l’a rappelé M. Jean-Yves Le Drian, est le meurtrier de son peuple. Il y a quelques heures, une vingtaine de morts, civils, ont été déplorés dans la région d’Idlib, morts causées par un bombardement du régime."

"Sur les droits des citoyens, les négociateurs ont considérablement progressé. Tous les citoyens européens arrivés au Royaume-Uni - parmi lesquels 300.000 Français - ainsi que les citoyens britanniques arrivés dans l’Union européenne avant le retrait britannique pourront continuer à y résider, travailler et étudier comme aujourd’hui, notamment les infirmières et les médecins, dont les qualifications professionnelles resteront reconnues."

"À la demande du Premier ministre, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, en lien avec les autres ministères concernés, a décidé de prendre le problème à bras-le-corps, en fixant comme objectif, un guichet unique au départ, dans chaque région, et à l’arrivée dans chaque pays où nos entreprises ont vocation à se développer sous l’autorité de nos ambassadeurs."

"A ceux qui estiment que ces symboles européens mettent à mal notre identité nationale, nous répondons qu’ils la complètent, l’enrichissent et au fond la prolongent. On peut vouloir une forme d’Europe ou une autre, de la plus intergouvernementale à la plus fédérale, on peut même feindre d’ignorer les institutions européennes, mais il serait bien difficile de ne pas constater combien l’idée européenne s’incarne au quotidien."

"La France a présenté deux très bonnes candidatures, Lille pour l’agence européenne du médicament, Paris pour l’Autorité bancaire européenne. Le gouvernement s’est pleinement mobilisé et je remercie mes collègues Agnès Buzyn, Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux qui, à mes côtés, ont sillonné l’Europe et n’ont pas ménagé leur énergie pour défendre ces deux candidatures. S’agissant de l’Agence européenne du médicament, malheureusement la candidature de Lille n’a pas convaincu."

"Là où je ne vous rejoins pas, c’est lorsque vous semblez penser que nous considérerions la Libye comme un État tiers sûr. Les efforts que déploie le président de la République vont dans le sens d’une stabilisation de la Libye. C’est la raison pour laquelle il a réuni, à la Celle Saint-Cloud, le président du gouvernement d’entente nationale et le maréchal Haftar et c’est la raison pour laquelle nous soutenons les efforts du secrétaire général des Nations unies et de son représentant spécial Ghassan Salamé."

"L’Europe assume, au large des côtes libyennes, une mission de lutte contre les passeurs - la mission Sophia - à laquelle la France participe et qui a contribué à sauver de nombreuses vies. Mais nous savons maintenant qu’avant même de braver le danger en traversant la Méditerranée, les migrants mettent en péril leur intégrité physique en Libye-même. Nous devons impérativement redoubler d’efforts pour stabiliser la situation en Libye et responsabiliser ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir."

"Dans quelques jours, l’Europe et l’Afrique se réuniront à Abidjan à l’occasion du sommet Union européenne - Union africaine et la question des migrations est à l’ordre du jour. C’est ensemble, Europe et Afrique que nous pourrons façonner un nouveau destin pour notre continent. C’est avec une même détermination qu’Européens et Africains devront éradiquer cette forme moderne d’esclavage proprement insupportable et combattre tous ceux qui y prêtent leur concours."

"Que faire face à la situation des migrants en Libye ? Nous l’avons dit, je le répète, faire en sorte que nous puissions faire venir en France ceux qui relèvent du plus grand besoin de protection, dans des conditions qui leur évitent le passage dans un pays où il n’y pas d’État en mesure de les protéger. C’est ce que nous commençons à faire et, surtout, c’est ce que nous demandons à nos partenaires européens de nous aider à accomplir."

"Nous avons commencé, avec le président de la République, depuis le mois d’août, à prendre nos responsabilités et à les faire prendre par nos partenaires européens, en convoquant en août dernier un sommet avec les principaux pays européens, mais aussi avec des pays africains et des représentants des autorités libyennes, pour traiter la question migratoire au niveau des pays d’origine et au niveau des pays de transit, mais aussi pour lutter efficacement contre les passeurs, ces trafiquants d’êtres humains, qui doivent être poursuivis partout dans les pays d’origine où ils sévissent et où ils rançonnent les migrants, dans les pays de transit où ils se livrent à des actes abominables, mais aussi dans nos pays où ils doivent être poursuivis et condamnés."

"Comme vous l’avez indiqué, les autorités israéliennes ont annoncé leur refus d’accueillir sur leur territoire une délégation de députés, de sénateurs, et de députés européens français. Cette délégation se déplaçait dans le cadre d’une visite organisée par l’association « France-Palestine Solidarité ». Ces derniers avaient annoncé auparavant qu’ils souhaitaient rencontrer Marouane Barghouti et l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, tous deux emprisonnés."

"Par ailleurs nous devons tenir les engagements pris dans la déclaration conjointe du 18 mars 2016 qui a permis de faire spectaculairement reculer les migrations par la route de la Méditerranée orientale. Parmi ces engagements il y a une facilité UE Turquie [3 milliards d’euros à ce stade] qui permet, Monsieur Joncour, de financer des ONG qui viennent en aide aux réfugiés syriens sur le territoire turc. Vous voyez que maintenir ces fonds est évidemment de notre intérêt bien compris qu’il s’agisse du respect de la parole donnée, de la lutte contre les migrations illégales, du soutien aux Syriens pourchassés par Daech ou le régime ou encore de la lutte contre le terrorisme."

" je voudrais réaffirmer avec force, que le gouvernement a fait le choix de porter, comme l’a fait le Président de la République, une ambition forte pour l’Europe, car c’est en refondant l’Europe que nous retrouverons, en la partageant, notre pleine souveraineté."

"Oui, l’Union européenne est parfois trop bureaucratique et trop peu démocratique. Ces critiques doivent être entendues et prises en compte dans les efforts que nous déployons pour une refondation ambitieuse de l’Europe. En revanche, je voudrais réaffirmer ici avec force - et si je le pouvais de là où je parle, je regarderais évidemment le drapeau européen en le disant - : le gouvernement a fait le choix de porter, à la suite du président de la République et comme le souhaite M. le député, une véritable ambition pour l’Europe

"Le Président de la République l’a exposé clairement à la Sorbonne, c’est en refondant l’Europe que nous retrouverons, en la partageant, notre pleine souveraineté."

"Dès sa prise de fonction, le président de la République a mis l’accent sur la nécessité de faire en sorte que l’Europe protège mieux ses citoyens. Mieux protéger ses citoyens, c’est mieux protéger les travailleurs contre le risque d’une concurrence déloyale par des travailleurs low cost."

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